lundi 30 janvier 2017

Pr Leboyer et immunopsychiatrie

Le Pr Marion Leboyer est professeur de psychiatrie à l'Université de Créteil (hôpital Henri Mondor), elle a un doctorat en neurosciences, elle dirige l'unité de recherche en psychiatrie translationnelle de l'Inserm ainsi que la Fondation Fondamental .
Elle est l'une des meilleures spécialistes de l'autisme en France.

Le 2 décembre 2016, elle a donné, en anglais, une présentation sur l'immunopsychiatrie, à
l'Institut Neurosciences Cognition de l'Université Paris Descartes (vidéo mise en ligne sur la chaîne youtube de la Fondation Fondamental, le 17 janvier 2017):

"Est-ce le bon moment pour l'immunopsychiatrie?"
Description de la vidéo sur youtube: "Dans le cadre de ses séminaires scientifiques, l'Institut Neurosciences Cognition a convié le Pr Marion Leboyer (Université Paris-Est Créteil, Inserm, Hôpitaux universitaires Henri Mondor, Fondation FondaMental) à faire une conférence sur les enjeux de l'immunopsychiatrie dans la compréhension, le diagnostic et la prise en charge des troubles psychiatriques majeurs."

Pour ceux qui ne comprennent pas l'anglais et souhaitent tout de même s'instruire, je fais ici une traduction partielle de cette présentation, avec des copies d'écran en illustration.
Les citations du Pr Leboyer sont en italiques.
Attention, je ne prétends pas être une traductrice professionnelle et traduire une conférence donnée en anglais par une française est un exercice inédit pour moi! Il est fort probable que quelques erreurs se soient glissées ici ou là! Si vous en repérez, merci de me les signaler!

En bref, on pourra en retenir que:

-"la séparation entre la psychiatrie et le reste de la médecine est totalement absurde".

- Les causes des Troubles du Spectre Autistique, comme tout autre "trouble", consistent en une interaction entre des facteurs génétiques ET des facteurs environnementaux (infections, stress, alimentation carencée...):
"Dans ce que nous appelons les Troubles du Spectre Autistique, terme qui montre qu'il s'agit d'un trouble très hétérogène, plusieurs études ont montré à maintes reprises, l'impact des infections survenant durant la grossesse, montrant que bien sûr il y a des facteurs génétiques, c'est bien connu, mais aussi plusieurs facteurs environnementaux, tels que les infections."


- L'autisme est un trouble inflammatoire, avec une inflammation de bas grade chronique au niveau périphérique et cérébral.
"les Troubles du Spectre Autistique (...) sont probablement les plus grands des troubles inflammatoires".

- L'inflammation de bas grade (sans symptômes inflammatoires classiques) augmente la perméabilité intestinale et cela peut impacter le système nerveux central; le phénomène d'hyperperméabilité intestinale est une réalité.

- L'autisme régressif est une réalité: "il se pourrait que des sous-groupes de patients TSA aient les marqueurs inflammatoires les plus élevés, et en particulier les patients ayant ce que nous appelons un autisme régressif, qui sont des patients qui ont un développement normal jusqu'à 18-24 mois et qui, soudainement, perdent leurs capacités cognitives et développent un TSA et c'est probablement dans ce sous-groupe qu'il y a les marqueurs inflammatoires les plus élevés."

- Les interactions entre les gènes (contextes immuno-génétique) et l'environnement (infections, stress aigu, style de vie: nutrition, pollution...) débouchent sur une plus grande vulnérabilité aux infections, une inflammation de bas grade au niveau cérébral, périphérique et intestinal, avec production d'auto-anticorps et déséquilibre de la flore intestinale (microbiote).
Ce qui mène à envisager de nouveaux traitements, très différents des traitements classiques (bloqueurs de la dopamine, prozac, etc...), c'est à dire des traitements anti-inflammatoires, des probiotiques...

En toute fin d'article, je cite quelques exemples de traitements alternatifs anti-inflammatoires naturels préconisés dans l'approche "biomedicale" de l'autisme et/ou en naturopathie.

Pour toutes questions relatives à sa présentation, le Pr Leboyer indique son adresse email sur la première image de sa présentation:



La vidéo :



La traduction:

"Merci pour cette invitation, c'est un grand plaisir d'être ici. J'ai fait ma première année d'études de médecine ici, je ne vous dirai pas quand, cela remonte à trop loin pour que je fasse le calcul, et je suis très heureuse d'avoir été invitée à parler de l'un de mes sujets préférés: l'immunopsychiatrie. Je vais essayer de vous convaincre que c'est le bon moment pour l'immunopsychiatrie. C'est un sujet très ancien, il a été décrit il y a des années. C'est désormais un domaine très large, avec beaucoup de recherches en cours (...).
Deux raisons majeures pour lesquelles nous sommes très intéressés par ce sujet:
-  il apporte de nouvelles hypothèses sur les mécanismes des pathologies psychiatriques
- nous espérons identifier des biomarqueurs pour chacune de ces pathologies. A l'heure actuelle nous ne dispons d'aucun biomarqueur permettant d'identifier des sous-groupes. C'est un grand espoir.
- L'autre espoir: que nous découvrions de nouveaux traitements, basés sur différents voies d'action."


Plan :



Plan de la présentation:
1) les arguments cliniques
2) les arguments biologiques
3) les conséquences de l'inflammation
4) Les traitements innovants...

1) Les arguments cliniques:

"Alors, la plupart d'entre vous a entendu parler du DSM, qui décrit les différents troubles psychiatriques. Le grand problèmes est qu'aucun de ces troubles psychiatriques n'a de biomarqueur valide, et c'est la même chose pour l'inflammation.
Nous trouvons des marqueurs de l'inflammation élevés dans tous ces troubles:





... autisme, troubles anxieux, TOC, anorexie, suicide, troubles bipolaires, dépression, en particulier la dépression résistante, schizophrénie, déclin cognitif. Tous ces troubles sont associés à différents types de marqueurs de l'inflammation et nous sommes incapables à ce jour de décrire un quelconque lien entre un marqueur en particulier et un trouble en particulier.
Le second problème, qui est un problème majeur en psychiatrie, est que nous ignorons si cette voie inflammatoire ou marqueur est associé avec un phénomène qui serait commun aux troubles psychiatriques (...)... Donc nous ignorons si cette composante inflammatoire est à considérer comme un dénominateur commun (...) ou si elle est liée à des sous-groupes spécifiques de troubles particuliers."




Texte de l'image ci-dessus: Chevauchement ou identification de sous-groupes?
- Syndrome clinique: Retard mental, autisme, shizophrénie, trouble schizoaffectif (?), troubles bipolaires (?)
- Symptômes: troubles cognitifs, symptômes négatifs (ex.: réponse émotionnelle diminuée), sympômes positifs (ex.: halucinations...), troubles de l'humeur.
- Causes: gênes et environnement (tel que des expériences stressantes)
- Inflammation

"(...) Donc l'inflammation est-elle un marqueur qui chevauche plusieurs troubles où est-elle spécifique de certains sous-groupes que nous avons besoin d'identifier?
La troisème question majeure, quelque chose qui est bien connu à présent, c'est que la séparation entre la psychiatrie et le reste de la médecine est totalement absurde. Nous savons maintenant que nos patients développent - soit avant l'apparition des troubles psychiatriques, soit au cours de leurs maladie, plusieurs troubles comorbides somatiques, qui actuellement en France sont très mal diagnostiqués à cause de la séparation entre la psychiatrie et le reste de la médecine. Voici un exemple pour les troubles bipolaires:




(...) Nous savons maintenant que les troubles bipolaires sont associés à des problématiques médicales tels que la migraine, les troubles auto-immuns, le diabète, les troubles cardio-vasculaires, l'obésité.
L'hypothèse est que l'inflammation pourrait être sous-jacente à ces troubles et à leurs comorbidités.
Et ceci n'est pas un phénomène isolé.
Ces comorbidités expliquent probablement la mortalité supérieure à la moyenne parmi nos patients. Nous savons qu'ils décèdent 20 ans plus tôt que la moyenne. Et ceci est une étude que nous avons réalisée à la Fondation Fondamental:




Nous avons évalué chaque patient, non seulement pour les troubles psychiatriques, mais aussi pour tous troubles somatiques. Là par exemple pour les 500 premiers patients que nous avons évalués, nous avons trouvé deux choses: tout d'abord que 20% des patients bipolaires (à gauche) ont un syndrome métabolique (obésité, hypertension, profil lipidique anormal, glycémie anormale), ce qui est le double de la population générale. Et puis ce qui est très inquiétant c'est qu'entre 70 et 90% de ces patients ne sont ni diagnostiqués, ni traités [pour ce syndrome métabolique].
Donc ce n'est pas juste un sujet de recherche, pour savoir comment expliquer ce phénomène de comorbidités, mais c'est aussi une question de santé publique.
Et pour vous montrer l'importance de la question:




La première cause de décès chez les personnes bipolaires: les maladies cardio-vasculaires, et non le suicide. (...) C'est donc important de comprendre la cause de ces comorbidités.
Les maladies cardio-vasculaires et le syndrome métabolique sont une chose, une autre chose qui est propre au dysfonctionnement de la fonction immunitaire est l'observation que les troubles auto-immuns et plusieurs infections débutent avant les troubles affectifs...






... comme décrit dans une cohorte nord-européenne de 3,56 millions de personnes suivit dès la naissance (1977-2010). Ils ont pu montrer, au Dannemark, que les hospitalisations pour des maladies auto-immunes augmentent de 45% le risque de développer des troubles de l'humeur. Pareil pour les hospitalisations pour cause d'infections, qui augmentent ces risques de 62%. Il y a une relation de dose-réponse pour l'augmentation de l’occurrence de troubles de l'humeur quand il y a eu à la fois hospitalisation pour maladie auto-immune et infection."

2) Les arguments biologiques

"Il est clair qu'il y a un contexte général définis par plusieurs nouveaux éléments très bien décrits dans le domaine des troubles psychiatriques majeurs, qui sont cette hétérogénéité, ce chevauchement entre différents troubles, l'association avec plusieurs comorbidités avant et après le déclenchement des troubles psychiatriques, qui pointent vers l'existence d'une inflammation. Donc, en termes d'arguments biologiques, que savons-nous?



"Premièrement, quelque chose qui est aussi clair, c'est qu'après des années de description des facteurs  génétiques des troubles psychiatriques, nous commençons vraiment à décrire les facteurs environnementaux.
Nous sommes maintenant capables de décrire certains facteurs génétiques rares ou mineurs, associés à des troubles psychiatriques, et clairement, c'est insuffisant pour expliquer certaines variantes génétiques.
Ces variantes génétiques mettent les patients à risque de répondre de façon inappropriée à plusieurs facteurs environnementaux, tout au long de la vie. Plusieurs de ces facteurs environnementaux ont un impact sur l'inflammation.
Donc, par exemple, durant la période prénatale, je vais décrire l'importance des infections et le lien entre infections précoces et l'occurence de troubles psychiatriques, de même avec le stress aigu survenant durant la grossesse, idem avec les problèmes nutritionnels et quelque chose qui est connu depuis longtemps: l'excès de naissances en hiver ou au printemps.

Durant l'enfance, il y a une vaste littérature montrant l'association entre plusieurs troubles psychiatriques et le stress précoce et aigu durant l'enfance, de même chez les jeunes adultes: nous trouvons une association avec le stress psycho-social, et aussi le manque de sommeil, une alimentation déséquilibrée, et un taux trop bas de vitamine D. Tous ces facteurs ont une forte probabilité d'affecter l'inflammation.

Et c'est la même chose pour plusieurs troubles. Voici une description ce que nous savons dans le domaine de l'autisme:


Les infections périnatales et les TSA: les maladies infectieuses de la mère durant la grossesse sont un facteur non-génétique prépondérant de l'autisme.

Dans ce que nous appelons les Troubles du Spectre Autistique, terme qui montre qu'il s'agit d'un trouble très hétérogène, plusieurs études ont montré à maintes reprises, l'impact des infections survenant durant la grossesse, montrant que bien sûr il y a des facteurs génétiques, c'est bien connu, mais aussi plusieurs facteurs environnementaux, tels que les infections. L'histoire de ces descriptions débute en 1964, après une épidémie de rougeole, décrite par Chess, qui a montré une augmentation de l'incidence des TSA qui passa de 0,05 à 8-13%.
Plus tard, à nouveau dans ce registre des naissances danoises déjà citée, il y a eu une augmentation de naissances d'enfants autistes, nés de mères qui avaient été hospitalisées pour des infections virales, ou juste pour de la fièvre durant le premier trimestre de la grossesse. Et il y a plusieurs publications d'études de cas de mères ayant eu des infections comme la grippe, la toxoplasmose, le CitoMegaloVirus, le VIH..., infections qui ont été  reportées comme accroissant le risque d'autisme chez l'enfant.
Même histoire d'un lien entre les infections maternelles et un risque accru de schizophrénie ou de troubles bipolaires."


Liste décrivant l'augmentation du risque de schizophrénie et de troubles bipolaires en cas de grippe, toxoplasmose, HSV-2 contractés durant la grossesse:




"ll y a donc un ensemble d'infections survenant durant la grossesse qui augmentent le risque de développer des troubles psychiatriques au cours de la vie, tous commençant entre 15 et 25 ans.
Si nous le comparons avec le risque associé à un facteur génétique, parmi ceux souvent décrits dans les troubles psychiatriques, vous voyez que l'importance du risque associé aux facteurs infectieux durant la grossesse (grippe durant la 1ère moitié de la grossesse, toxoplasmose, infections génitales, infections respiratoires) est bien plus élevé. Ce n'est donc pas quelque chose à négliger:


Comparaison entre les facteurs de risques infectieux, survenu durant la grossesse (2 colonnes de gauches) et les facteurs de risques génétiques (2 colonnes de droite).


(...) Si nous prenons juste l'exemple de la toxoplasmose (...), vous savez probablement que le Toxoplasma gondii est un parasite intracellulaire très fréquent. Sa prévalence moyenne est au-dessus de 20% chez l'adulte. On le trouve dans l'eau contaminée, dans la viande crue, la terre qu'on peut trouver dans les fruits et légumes mal lavés, ou dans la litière des chats.
Il y a de nombreuses études établissant des liens, non seulement avec les infections survenant durant la grossesse, mais aussi avec celles survenant au moment de la survenue du trouble psychiatrique.
Je vais juste en décrire une que nous avons mené dans mon département. Nous avons montré que dans un groupe de patients bipolaires sélectionnés au hasard, près de 80% d'entre eux avaient des taux élevés d'anticorps IgG anti-toxoplasma gondii, comparé à 60% du groupe contrôle. C'est un parasite très fréquent en France.
Et nous avons aussi pratiqué une mata-analyse de toutes les études effectuées jusqu'en 2014 qui a montré un ratio très élevé de sérologies positives au Toxoplasma gondii dans plusieurs troubles psychiatriques (bipolaires, schizophrénie, addiction, TOC). (...)
Donc, sachant que c'est la question à laquelle nous essayons de répondre: pourquoi? Pourquoi nos patients ont des stigmas infectieux dans leur sang, stigmas qui persistent plus longtemps que la moyenne?
L'hypothèse est d'essayer de trouver des liens avec un contexte immunogénétique.
La question que nous posons est: Pourrait-il y avoir un contexte génétique qui expliquerait que les patients ne combatent pas l'infection comme ils le devraient, ce qui expliquerait qu'il reste dans leur sang des stigmates de l'infections.




Ceci est l'hypothèse de l'interface entre l'environnement et les gênes...



Nous essayons de trouver si les facteurs de risques génétiques représentent des fragilités face aux facteurs de risques environnementaux.
Nous avons étudié deux types de facteurs environnementaux : les infections et le stress.
Pour se faire, nous avons sélectionné plusieurs gênes qui appartiennent à différents types de contextes immunogénétiques..."



Traduction du texte de l'image ci-dessus: Le contexte immunogénétique dans les troubles bipolaires : la diversité immunogénétique influence le type et la sévérité des évennements infectieux, module la réponse inflammatoire, contribue à la sévérité des troubles et à leur comorbidité.
L'immunogénétique, via l'interaction avec des facteurs environnementaux, pourrait établir des modèles de développement précoces soit fragilisants/soit protecteurs, modèles qui peuvent déterminer le profil clinique à l'âge adulte.

"La diversité immunogénétique est très importante, puisqu'elle influence le type et la sévérité d'un épisode infectieux. Elle module la réponse inflammatoire en cas d'infection, et elle contribue à l'occurence de tel ou tel trouble en particulier et de ses comorbidités.
Nous avons étudié l'immunité adaptative (HLA) et aussi l'immunité innée, qui est le mécanisme qui se déclenche juste après une infection, et pour ça nous avons étudié les gênes codant les récepteurs Toll-like. Et nous avons aussi étudié les gênes codant les cytokines, chimokines et différents récepteurs.
Bien sûr nous ne sommes pas les seuls dans le monde à faire cela, je vais juste vous donner un exemple d'une très grande étude regroupant toutes les études génétiques du monde entier (...) sur la schizophrénie, soit près de 40 000 patients (...), avec un pic significatif au niveau des HLA (...). C'est donc clair que pour les HLA, l'immunité adaptative, quelque chose se passe en terme de génétique, dans la façon dont nos patients sont équipés pour faire face à différents challenges immunitaires."




(...) détail des études menées... au niveau des HLA-G (immunité acquise/adaptative)... Les HLA-G ont des propriétés immunosuppressives et tolerogéniques [propice à une réaction de tolérance immunitaire] qui diminue la capacité à se défendre contre une infection... les différences génétiques des patients bipolaires pourrait donc entrainer chez eux une diminution de la réponse immunitaire aux pathogènes infectieux [plus grande fragilité].
Récepteurs Toll-Like (immunité innée): participent à la reconnaissance d'éléments signant la présence de pathogènes (lippopolysacharides, témoins de la présence de bactéries, des protéines virales, les phospholipides produits par des parasites comme le Toxoplasma gondii, une protéine produite par un rétrovirus endogène, le HERV-W). Ces récepteurs sont exprimés dans le système immunitaire, dans le système nerveux central (microglie, neurones), dans les intestins, dans les cellules de la glande thyroïde et d'autres organes. Son rôle, une fois qu'il a reconnu un agent pathogène, il déclenche une réaction qui mène à la production de cytokines et de chimokines, qui sont pro-inflammatoires.
Là aussi, chez des patients bipolaires, il pourrait y avoir une expression diminuée de certains de ces récepteurs Toll-like, qui mènerait à une plus grande vulnérabilité face à certains pathogènes infectieux.
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"Donc, c'est le début d'une histoire, qui mène à la description d'un contexte génétique qui expliquerait pourquoi ces patients gardent dans leur sang certains stigmas infectieux, ce qui débouche sur une inflammation de bas grade." (...) D'autres exemples de facteurs environnementaux [pouvant interagir avec facteurs génétiques]: il y a bien sûr le stress aigü durant l'enfance, qui est lié non seulement aux troubles psychiatriques mais aussi au diabete, à l'asthme, à l'obésité, à l'atherosclérose, aux troubles neurodégénératifs, aux troubles cardiovasculaires:



La maltraitance durant l'enfance cause l'augmentation de la CRP, des IL-6 et des TNF-alpha: la CRP et les cytokines (marqueurs inflammatoires), qui sont peut-être les médiateurs des stress environnementaux.[il ne s'agit pas d'une thèse psychanalytique/psychologique sous-entendant l'influence de la psyché sur le corps, il s'agit de comprendre le "stress" comme un événement physiologique ayant des conséquences physiologiques, entre autre au niveau du système immunitaire, système immunitaire qui peut moduler, voir déséquilibrer l'activité du système nerveux].

"Maintenant, tournons nous vers l'inflammation.
Donc, nous avons un contexte génétique, interagissant avec des facteurs environnementaux, ce qui mène à la persistance de stigmas infectieux, et quels sont ces stigmas en terme d'inflammation? Comment pouvons nous décrire une inflammation de bas grade
[de bas grade = sans symptômes inflammatoires classiques], qui est retrouvée dans différents troubles." 
Résumé de milliers d'études en matière de troubles bipolaires: on trouve à la fois des marqueurs d'inflammation périphérique et d'inflammation cérébrale (cytokines, CRP, T-cells, macrophages-monocytes, activation de la microglie...).
Dans la schizophrénie: à chaque stade de la maladie, on trouve aussi différents marqueurs de l'inflammation (cytokines, anomalies des lymphocytes, monocytes,...).

"Un autre exemple, juste pour vous montrer qu'on le retrouve partout en psychiatrie, ici dans les Troubles du Spectre Autistique, qui sont probablement les plus grands des troubles inflammatoires. Vous savez que l'autisme a été décrit successivement comme un trouble causé par la mère, en France nous avons été les premiers à décrire les gènes impliqués dans les anomalies de développement du système nerveux central, Thomas Bourgeron a décrit une cascade d'anomalies de variantes génétiques (...) et maintenant, nous commençons à décrire, et commençons à le voir décrit dans la littérature, un grand ensemble d'anomalies de l'inflammation."
Inflammation périphérique + inflammation cérébrale:


Un mécanisme commun possible:



Les interactions entre les gènes (contextes immuno-génétique) et l'environnement (infections, stress aigü, style de vie: nutrition, pollution...) débouchent sur une plus grande vulnérabilité aux infections, une inflammation de bas grade au niveau cérébral, périphérique, instestinal, avec production d'auto-anticorps et déséquilibre de la flore intestinale (microbiote). Ce qui mène à envisager de nouveaux traitements, très différents des traitements classiques (bloqueurs de la dopamine, prozac, etc...), c'est à dire des traitements anti-inflammatoires et des probiotiques.

3) - Les conséquences de l'inflammation

1° Perméabilité des barrières



Schéma ci-dessus: l'inflammation de bas grade augmente la perméabilité intestinale, générant une hyperperméabilité intestinale, ce qui permet à des antigènes, présents dans les intestins (et qui devraient y rester), de passer la muqueuse intestinale et de gagner la circulation générale, ce qui peut générer la production d'auto-anticorps (en fonction des variantes immunogénétiques).
La perméabilité intestinale peut être accrue par les infections, l'inflammation, le stress, les toxines, les gênes, le microbiome/flore intesinale. Le schéma illustre quelques uns des mécanismes de la relation/l'axe intestin-cerveau.
Sur le schéma, le Pr Leboyer fait figurer le gluten, mais elle oublie (?!) peut-être d'expliquer pourquoi: il fait parti des substances capables d'augmenter la perméabilité intestinale, susceptible de traverser la muqueuse intestinale et de provoquer une réaction du système immunitaire (réaction inflammatoire ou auto-immune).

2° Auto-anticorps
Exemple de l'encéphalite auto-immune, à auto-anticorps anti-récepteurs NMDA.

3° Retrovrus humains endogènes
Les rétrovirus endogènes humains représentent 8% de notre ADN. La plupart sont inactifs mais peuvent être réactivés par des déclencheurs environnementaux (infections..., comme la grippe ou la toxoplasmose) et peuvent provoquer des troubles génétiques de novo ou entraîner des troubles auto-immuns, qui eux-même pourront entraîner des troubles neuro/psychiatriques.

4) Les traitements innovants...

Encore beaucoup de questions...
L'hétérogénéité des résultats: effet mineurs ou sous groupes à identifier?
- Autisme régressif: "Par exemple pour l'autisme, il se pourrait que des sous-groupes de patients TSA aient les marqueurs inflammatoires les plus élévés, et en particulier les patients ayant ce que nous appelons un autisme régressif, qui sont des patients qui ont un développement normal jusqu'à 18-24 mois et qui, soudainement, perdent leurs capacités cognitives et développent un TSA et c'est probablement dans ce sous-groupe qu'il y a les marqueurs inflammatoires les plus élevés." - dépression atypique
(...)

Piste pour de nouveaux traitements:
N-Acetyl-Cystéine (NAC): anti-inflammatoire, inhibiteur des cytokines inflammatoires (THN-alpha, IL-1B, IL-6), a une action antioxydante et neurotrophique [La NAC est en ventre libre en pharmacie, médicaments de type Mucomyst; c'est un précurseur du glutathion - ndlt ].
Etude clinique sur 140 patients schizophrènes chroniques, à raison de 1g de NAC deux fois par jour, pendant 6 mois en + de traitements traditionnels.
Etude clinique avec 2g de NAC par jour en + de traitements traditionnels pour des patients bipolaires.
Dans les 2 cas, la NAC améliore l'état des patients.
Aspirine: Etude sur l'utilisation de l'aspirine dans le traitement de la schizophrénie, en + des traitements traditionnels, avec un nette réduction des symptômes.

Autre piste de nouveau traitement dans l'autisme:




Nouveaux traitements possibles: anticorps anti-IL17, antibiotiques, vitamine D, probiotiques....?
Autres pistes: stimulation du nerf vague, compléments alimentaires, immuno-modulateurs, probiotiques...

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FIN DE LA TRADUCTION

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Quelques exemples de traitements et compléments alimentaires anti-inflammatoires, anti-infectieux, anti-oxydants, soutiens de l'immunité..., préconisés dans le "biomed" et/ou en naturopathie:
1° nutrition: une alimentation anti-inflammatoire, anti-oxydante, de type paléo (sans céréales, sans légumineuses, sans laitages, sans aliments industriels, sans pesticides..., avec beaucoup de fruits, de légumes, de tubercules, de graisses de qualité...).
2° compléments alimentaires: curcumine, Enhenza du labo Lee Silsby (curcumine activée), Boswellia serrata, extrait de pépin de pamplemousse, Oreganol (dilution d'huile essentiel d'origan compact), vitamine D3, zinc, magnésium citrate ou glycinate ou malate, vitamine A, vitamine C, vitamine E, vitamines B (formes méthylées/activées, PAS d'acide folique mais du methylfolate ou acide folinique, PAS de cyanocobalamine mais de la methyl/hydroxy/adenosylcobalamine...), Omega 3 (ratio de 3 EPA pour 2 DHA), extrait de feuille d'olivier, échinacée, astragale, champignons médicinaux (reishi, shitake, maitake, cordiceps...), lapacho...




dimanche 22 janvier 2017

Pour mieux dormir

"Pour mieux dormir", titre quelque peu ambitieux, quand on sait que les troubles du sommeil sont une "comorbidité" fréquente de l'autisme et que ces troubles semblent plus ou moins inhérents à la condition. Les médecins ont tendance à les traiter, au mieux avec de la mélatonine (hormone du sommeil, puissant antioxydant, produite en très grande partie dans les intestins), au pire avec des somnifères et autres neuroleptiques.
Cependant, il est bien possible d'améliorer notre sommeil par des méthodes plus naturelles, même quand on est autiste, en appliquant certains conseils qui valent aussi pour les non-autistes!
Personnellement, cela fait environ 6 ans que j'ai commencé à tester toutes sortes de méthodes, et bien que mon sommeil reste "fragile", il s'est tout de même globalement amélioré, tant que je respecte une certaine hygiène de vie.
Je vais m'efforcer de partager une liste des principales techniques que je connais (testées ou en cours de test! ou "validées" par d'autres), susceptibles d'aider à mieux dormir.

Cet article est parsemé de liens en tous genres, tantôt menant à des publications scientifiques, tantôt à des boutiques en ligne, tantôt à des site d'information "alternative" sur la santé. N'hésitez pas à cliquer dessus, ils s'ouvrent dans une nouvelle fenêtre.

Le rythme de vie, les choix de vie 

Le stress chronique est incompatible avec le sommeil. En état de "stress", c'est la branche du système nerveux appelée "système nerveux sympathique" qui s'enclenche, aussi appelé système "lutte ou fuite". En état de stress chronique, on reste comme "coincé" en mode sympathique (on parle de "sympathicotonie"). Dans un tel état, il est impossible de bien digérer (le système sympathique s'oppose à la sécrétion des sucs digestifs, au péristaltisme...), impossible de bien dormir: on est sans arrêt sur le qui-vive, aux aguets, comme sous perfusion de café, on met des heures à s'endormir, on dort "en gendarme", on enchaîne les insomnies, on se réveille trop tôt, encore ou déjà épuisé. On est comme un animal traqué qui lutte pour sa survie.
L'autisme pourrait impliquer une hypersensibilité de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ce qui expliquerait que les autistes soient plus sensibles et réactifs au stress que la moyenne, plus susceptibles de tomber en état de stress chronique.

Pour pouvoir dormir, c'est au système nerveux parasympathique de prendre le dessus: le corps se met alors en mode "digestion, réparation, régénération, récupération, repos". On s'endort, on dort bien, on se réveille reposé, frais comme un gardon. Mais pour que le système parasympathique puisse prendre le dessus, on a besoin de se sentir un minimum en sécurité, en accord, "ok" avec nos choix et notre environnement, avec ce que l'on a eu à faire dans la journée et avec ce qu'on aura à faire le lendemain, avec l'endroit où l'on se trouve, l'ici et maintenant.

Notre rythme et notre style de vie devraient être adaptés à nos capacités propres. Certains sont capables de travailler 35h, 45h, 70h.../semaine et de s'en porter très bien, pour d'autres, assurer 10 ou 20h de travail hebdomadaire, en plus de la vie de famille, en plus de la vie sociale, éventuellement en plus de la vie amoureuse, etc..., sera tout simplement une montagne insurmontable.
Les autistes, en particulier, devraient tout simplement être encouragés à ne RIEN faire "comme tout le monde". Ils doivent avoir la possibilité de passer beaucoup de temps seuls, au calme, pour se "recharger" (les interactions sociales entraînent toujours de la fatigue). Ils doivent avoir la possibilité de pratiquer des activités qui leur plaisent, à leur rythme, rythme qui peut être nettement plus lent que la moyenne. On me dira que c'est un peu vrai pour tout le monde, peut-être, mais il est particulièrement important de l'expliquer aux autistes, qui ont plus de mal que la moyenne à identifier leurs besoins, qui n'ont pas les mêmes capacités/difficultés que tout le monde, et qui doivent avant tout apprendre à s'adapter à eux-même, à leurs propres besoins, apprendre à identifier ces besoins, plutôt que d'essayer de se conformer aveuglément aux besoins et aux rythmes d'autrui (risque très réel de burn-out, dès l'enfance ou l'adolescence).

Un autiste, quand bien même de "haut niveau" qui n'a jamais une minute à lui, qui "court" tout le temps, qui passe des heures dans les transports en commun, qui travaille 35h/semaine, et qui pour "décompenser" sera susceptible de rester veiller tard le soir devant la télé ou l'ordinateur, aura tendance à avoir des niveaux de stress incompatibles avec un sommeil serein.
Et cela vaut pour les enfants autistes qu'on fait parfois passer d'une "prise en charge" à l'autre, d'une stimulation à l'autre... On court pour être à l'heure à l'école (quand l'école veut bien de l'enfant), on court pour être à l'heure chez l'orthophoniste, on court pour être à l'heure chez le psychomot'..., et les parents courent pour être à l'heure à la mdph, à la caf, au médecin, au boulot..., tout le monde court tout le temps, et après on s'étonne qu'on est stressé et qu'on ne dort pas...

Pour pouvoir dormir "à tête reposée", les challenges du quotidien doivent être à notre hauteur, ni trop, ni trop peu. A chacun d'apprendre à évaluer ses propres capacités/difficultés, ses propres besoins, de façon à faire des choix de vie adaptés à ses particularités, en sachant que ces besoins, capacités et difficultés évoluent avec l'âge et qu'il convient donc de rester adaptable sur le long terme!

Le rituel du coucher

Avoir des horaires de coucher réguliers ainsi qu'un rituel du coucher tout aussi régulier peut aider à créer une atmosphère propice à la détente et donc au sommeil.
La préparation du sommeil peut commencer dès le début de soirée, en faisant en sorte de dîner à heure régulière, relativement "tôt" (avant 20h).
Les ordinateurs et autres smartphones devraient être éteint vers 20-21h au plus tard, idem les "box" et autres tablettes.
On peut prendre un bain ou une douche bien chauds pour se délasser (en rentrant du travail ou de l'école). Les bains au sel d'Epsom ou au sel de Nigari sont réputés être propices à la détente (les minéraux qu'ils contiennent, dont du magnésium, peuvent être absorbés par la peau). A défaut de baignoire, on pourra opter pour un bain de pieds aux sels d'Epsom ou au Nigari!
On devrait éviter toute source de sur-stimulation le soir: les films violents, les débats houleux, les sessions tardives de discussion en ligne...
Tout ce qui est propice à la détente devrait être privilégié: lumières tamisées, lecture, regarder la télé mais avec modération, ou écouter une musique apaisante à volume modéré...
Pour un autiste, avoir un rituel permettra de mieux s'orienter dans l'espace-temps, de comprendre que le moment est venu de se reposer.

Environnement sensoriel

Le moindre stimuli sensoriel provenant de l'extérieur, ou de l'intérieur de l'habitat peut être source de perturbation du sommeil. Que ce soit les bruits de voisinage, de chaudière, de réfrigérateur, le grésillement d'un néon dans une pièce voisine, la lumière des lampadaires de la rue, des phares de voiture qui passent, l'écran lumineux d'un réveil qui clignote... Tous ces stimuli, même ceux qui paraissent les plus anodins à un non-autiste, peuvent être source de gêne pour un autiste.

Pour se prémunir du bruit ambiant, on peut opter pour des bouchons d'oreilles qu'il est facile de trouver en supermarché ou pharmacie/parapharmacie. Ce système n'est pas infaillible, il atténue plus qu'il ne supprime le bruit, mais cela peut suffire à aider à l'endormissement, du moins quand il est bien toléré. Il existe aussi des casques anti-bruit, plus coûteux, mais là encore, tout le monde ne parviendra pas à les supporter la nuit.
Si les nuisances sonores proviennent du voisinage, qu'il est impossible de "négocier" avec les voisins pour qu'ils fassent moins de bruit, que les bouchons d'oreilles ne suffisent pas ou s'ils sont mal tolérés, on pourra envisager soit des travaux d'isolation phonique soit, en dernier recours, un déménagement!

Attention aussi aux nuisances lumineuses: lumière provenant de l'extérieur ou de l'intérieur, ordinateur en veille, affichage lumineux de la stéréo... La chambre devrait être aussi sombre que possible. Pour un enfant qui a peur du noir, la veilleuse devrait être d'aussi faible intensité que possible.

Au niveau tactile, veiller à ce que la tenue de nuit et les draps soient adaptés aux préférences tactiles: attention aux étiquettes, à la qualité des tissus...
Avoir à disposition un oreiller ou un traversin un peu lourd, une couverture lestée, ou une grosse peluche pour les enfants (de taille adaptée à l'âge!) peut aider aussi puisque les pressions profondes peuvent avoir un effet calmant.

Attention aussi à l'environnement olfactif: selon les sensibilités, une odeur pourra être soit calmante, soit hyperstimulante, gênante: passer en revue l'odeur des draps et du linge de corps (lessive, assouplissant..., il est recommandé d'opter pour des produits hypoallergéniques, sans parfum, bio...), envisager la diffusion d'une huile essentielle propice à l'endormissement (voir plus bas, la partie sur l'aromathérapie), ou au contraire opter pour un environnement olfactif aussi neutre que possible, en faisant aussi attention aux parfums des gels douches et autres shampoings!
Il existe des brumes d'oreiller, qui peuvent être intéressantes quand elles sont de qualité (bio, à base d'huile essentielles), en sachant qu'un simple hydrolat de qualité (100% pur et naturel) peut faire une brume d'oreiller de meilleure tolérance qu'un produit à base d'huiles essentielles (hydrolat de fleur d'oranger, de rose, de lavande...).
Et, bien entendu, changer les draps régulièrement!!!

Aération, oxygénation

Veiller à ce que la chambre, comme le reste de l'habitat soit aéré tous les jours, même en hiver.
Certains investissent dans des purificateurs d'air pour lutter contre les dégagement toxiques des matériaux de construction de leur habitat, contre la poussière, la pollution qui tend à s'accumuler à l'intérieur des habitats, les acariens ou contre les substances dégagées par les moisissures noires.
Faire le ménage régulièrement: changer les draps bien avant qu'ils ne paraissent "sales". Un environnement poussiéreux, des draps qu'on tarde à changer, l'aspirateur qu'on néglige de passer sous le lit..., seront propice aux développement des acariens, petites bêtes allergisantes qui peuvent être un stress physiologique, donc gêner le sommeil.
Veiller aussi à une bonne oxygénation du corps en sortant prendre l'air tout les jours!!!

La nutrition

On peut en faire l'expérience après un repas de fête, copieux et bien "arrosé" le soir: ce qu'on mange et ce qu'on boit ne favorise pas forcément le sommeil!
Certains auront besoin de manger léger le soir pour bien dormir, d'autres au contraire auront besoin de se "caler" pour ne pas être réveillés par la faim (et l'hypoglycémie), mais qu'on mange peu ou bien le soir, il y a certains aliments, certaines boissons qu'on devrait toujours éviter le soir, en particulier les graisses cuites et les aliments très salés de type fromage, chips, frites, pizza, charcuterie, glace, les plats en sauce, la viande... ainsi que les boissons contenant de la caféine.
Si on a besoin de se "caler", on peut le faire avec une salade verte-sauce moutarde, un peu de riz et une généreuse poêlée de légumes, par exemple. Un carré de chocolat peut faire un dessert acceptable le soir, à partir du moment où l'on se limite bien à un ou deux carrés!!

Les intolérances/sensibilités alimentaires peuvent être sources de stress pour le corps, et donc être une entrave au sommeil. Lorsqu'on mange des aliments qu'on digère mal (pour cause de déséquilibre de la flore intestinale, déficit enzymatique...), on génère toute une cascade de conséquences physiologiques qui peuvent avoir le même effet hyper-stressant qu'une cafetière de café bue avant de se coucher (insomnie, tachycardie, sensation d’oppression, crise d'angoisse...). Les aliments stagnent dans les intestins, ce qui est propice au développement d'une flore intestinale pathogène, avec sécrétion de substances neurotoxiques et pro-inflammatoires.
Attention: les capacités digestives évoluent avec le temps, au fil des problèmes de santé, et une intolérance ou sensibilité alimentaire peut apparaître à tout âge (suite à un stress, une infection, une grossesse, une cure d'antibiotique, une opération...).
Les grandes familles d'aliments les plus communément "difficiles" à digérer et les plus susceptibles de générer des phénomènes d'intolérance/sensibilité sont: les céréales (et leur gluten, elles en contiennent toutes plus ou moins), les laitages (tout ce qui contient du lait animal, qui est fabriqué à base de lait ou des dérivés du lait, et oui! ça inclue le fromage et le chocolat au lait!), les fruits à coque (amandes, noisettes...), les légumineuses (lentilles, soja...), les oeufs.
Exemple de dîner digeste et qui "cale" bien: salade verte avec sa sauce (sauce: huile de colza bio de première pression à froid + moutarde douce bio + un peu d'eau ou de vinaigre), 50cl de velouté de courge, un petit bol de sarrasin (version salée: sarrasin décortiqué au curry, ou version sucrée pour le dessert: porridge de flocons de sarrasin à la cannelle).

La micronutrition

Certains micro-nutriments peuvent favoriser la détente, l'endormissement et un sommeil réparateur.

Le plus connu de ces micro-nutriments est probablement le magnésium, mais pas n'importe quelle forme de magnésium: celles qu'on trouve le plus facilement en magasin bio ou pharmacie sont l'oxyde et le chlorure de magnésium. Au mieux ils stimulent le transit, ce qui sera appréciable si l'on a une petite ou une grosse tendance à la constipation (mieux le corps évacue ses déchets, moins il est "toxique", moins il est stressé!). Mais ces magnésium seront peu assimilés, ils tendent à rester dans les intestins et à être évacués avec les selles. Pour un effet vraiment apaisant, il vaudra mieux se tourner vers le glycérophosphate, le citrate ou le glycinate de magnésium.

D'autres micro-nutriments ou compléments moins connus seront par exemple le l-tryptophane, la l-théanine et le GABA.
Le l-tryptophane est un acide aminé qu'on trouve facilement dans l'alimentation, comme dans les bananes. C'est un précurseur (bloc de construction) de la sérotonine, qui est elle-même un précurseur de la mélatonine, l'hormone du sommeil. On préconise en général de le prendre vers 16-17h, au moment du "goûter", par exemple avec une banane!
La l-théanine, un autre acide aminé qu'on trouve exclusivement dans le thé vert, semble globalement favorable à la relaxation.
Le GABA est un neurotransmetteur qui a un effet inhibiteur sur le système nerveux (calmant), et on peut le trouver sous forme de complément alimentaire.

La phytothérapie

Les plantes médicinales peuvent être de grandes alliées pour induire et/ou améliorer la qualité du sommeil.
Deux grandes familles de plantes peuvent aider: d'une part les sédatives, anxiolytiques, hypnotiques, relaxantes... D'autre part les plantes "hépatiques", qui soutiennent le fonctionnement du foie et de la vésicule biliaire.
Les plus connues des "sédatives"/calmantes sont la passiflore, l'aubépine, le tilleul, l'escholtzia, la valériane (également anti-épileptique), le coquelicot (pétales, pour les enfants), le pavot (graines), l'aspérule odorante, la fleur d'oranger, la lavande, la mélisse, la camomille.

D'autres, moins connues, ne sont pas exactement des "sédatives": l'ashwaganda, réputée pour aider à réduire le taux de cortisol, et le mulungu, un puissant relaxant.
Personnellement, j'ai tendance à développer assez vite une accoutumance aux plantes sédatives... Attention: l'accoutumance n'est pas synonyme de dépendance! c'est à dire que l'efficacité de la plante tend à diminuer au fil des jours, et finit par ne plus faire aucun effet au bout de 3-4 jours. Elles me conviennent en usage ponctuel, pas prolongé, mais les sensibilités et réceptivités peuvent varier d'une personne à l'autre.

La mieux tolérée des "hépatiques" est le desmodium (hépatoprotecteur, anti-asmathique, anti-oxydant... ; à dose adaptée, il est très bien toléré par les enfants). D'autres plantes hépatiques ou hépato-biliaire: le chardon marie, le chrysanthellum, le radis noir, l'artichaut, le curcuma, le romarin, la lavande... Personnellement, quand je vois réapparaître d'assez longues insomnies, je sais qu'il est temps que je reprenne des plantes pour le foie et, en général, le sommeil redevient correct très rapidement.

La qualité et le dosage des produits de phytothérapie jouent évidement beaucoup sur leur efficacité.
Si l'on opte pour une tisane, on fera attention à sa qualité (bio), au dosage (environ 20g de plante sèche/Litre, soit 5g/tasse de 25cl) à la durée d'infusion (au minimum 10 minutes dans une eau très chaude), autant qu'à la quantité bue et à l'heure de la prise, puisque boire 25cl d'eau juste avant d'aller se coucher peut suffire à nous réveiller en milieu de nuit pour aller uriner, d'autant que certaines plantes sédatives peuvent être aussi plus ou moins diurétiques!
Les plantes en gélules peuvent être une solution à ce problème, à condition d'opter pour des produits de qualité (100% poudre de plante cryobroyée, sans additif, bio...). Les extraits liquides de plantes, en ampoules buvables sont aussi une bonne option, à condition d'opter pour de la qualité.
Attention aux produits qu'on trouve en pharmacie française, produits qui contiennent souvent des additifs douteux (comme l'Euphytose) ou qui sont de qualité, disons, relative (Arkogélule).

Le labo ABC de la Nature est un de mes fournisseurs préférés de phytothérapie (et d'aromathérapie), ainsi que les marques Dietaroma ou Santarome (en magasin bio, parapharmacie ou boutiques en ligne, comme maboutiqueonaturel), ou encore en ligne: l'Herboristerie du Valmont et Buywholefoodsonline (pour l'ashwaganda et d'autres plantes en poudre en vrac d'un excellent rapport qualité-prix).

L'activité physique

Si l'on passe nos journées assis, que ce soit dans la voiture, au travail, à l'école, à la maison devant la télé ou l'ordinateur, cela aura des conséquences fâcheuses sur notre santé.
Le corps humain a besoin d'activité physique, au quotidien: monter les escaliers, faire le ménage, aller se promener, courir, faire du jardinage... L'activité physique contribue à la santé cardio-vasculaire, à la santé ostéo-articulaire, à la santé du cerveau (via une oxygénation optimale), à la bonne circulation lympathique et à la bonne évacuation des toxines générées par le fonctionnement cellulaire (élimination via les selles, l'urine, la transpiration, la respiration).
Pour faire simple, vivre sans bouger, c'est s'encrasser et un corps encrassé, qui peine à évacuer ses déchets, c'est un corps stressé (stress oxydatif, inflammation), et un corps stressé, c'est un corps qui dort mal.


L'aromathérapie

Attention: les huiles essentielles (HE) sont des substances actives extrêmement concentrées à manier avec précaution. Les livres d'aromathérapie les plus populaires ne sont pas forcément les plus fiables. Il est préférable de toujours recouper les informations que l'on trouve ici ou là avant de se lancer à appliquer telle ou telle recette. La "bibliothèque" du site Aroma-Zone a bonne réputation en général, ainsi que le livre "L'aromathérapie exactement" de Pénoël, Jollois et Franchomme.
Certaines HE sont neurotoxiques, hépatotoxiques, dermocaustiques et déconseillées aux personnes épileptiques et allergiques. Bien se renseigner est donc une obligation!!
La qualité des HE peut aussi jouer sur leur efficacité, on les achètera toujours 100% pure et naturel.

Les autistes peuvent avoir de fortes aversions ou au contraire de fortes attirances pour les stimuli olfactifs puissants. Certains fuiront les odeurs fortes, d'autres les rechercheront. Les HE ayant des parfums très prononcés, leur utilisation pourra être soit impossible, soit très bienvenue, en fonction des particularités de chacun.
Comme avec la phytothérapie, les sensibilités et réceptivités varient d'une personne à l'autre: certains s'endorment comme des bébés grâce à la lavande, d'autre la trouve énervante!

Pour les personnes qui les supportent, l'utilisation d'HE par diffusion dans la chambre ou par onction sur certaines zones du corps pourra être envisagée pour traiter des problèmes d'endormissement.
On préconise la diffusion d'HE "à froid", afin de ne pas en altérer les principes actifs. Il s'agit de diffuser l'HE bien avant de se coucher, pendant 10-20-30 minutes et d'aller se coucher seulement une fois que la chambre est bien "parfumée". On ne laisse pas le diffuseur fonctionner toute la nuit!
L'un des diffuseurs les plus réputés est celui qu'on trouve via la boutique de Terre Essentielle. Pour les budgets serrés, on peut aussi opter pour une solution plus simple: sentir l'HE directement au flacon, sans en verser une goutte, juste en la respirant calmement 1-2 minutes. Les molécules volatiles peuvent être absorbées par la muqueuse du système respiratoire (nez, bronches) et l'information olfactive agit sur le système nerveux via les récepteurs olfactifs.

Pour l'onction, on peut soit appliquer une dilution d'HE dans une huile végétale (dilution à 10 ou 20% par exemple), soit appliquer d'abord un peu d'huile végétale (ou de crème hydratante) directement sur la peau, puis appliquer 2-3 gouttes d'HE sur la zone, en massant bien pour aider à la pénétration des principes actifs. Les applications au niveau des poignets et du sternum sont en général les plus efficaces.
Pour un enfant, on adaptera évidement les doses (de l'ordre d'une goutte max/jour) et on pourra préférer l'application sur la plante des pieds.

Les HE les plus réputées pour leur propriétés apaisantes sont la lavande, le petit-grain bigaradier, le ylang-ylang, la mandarine, l'orange douce, la litsée citronnée, la bergamote, la marjolaine à coquille.
Personnellement, la marjolaine à coquille, réputée parasympaticotonique, est celle dont je perçois le plus sensiblement les effets relaxants, en onction sur le sternum juste avant de me coucher..., quoi que j'avoue que j'ai tendance à "monter" un peu en dose avec elle en doublant la recommandation habituelle de 2 gouttes/application! Petite anecdote: il m'est arrivée, en période de très grand stress, de monter jusqu'à 12 gouttes en onction le soir au coucher, j'avoue, j'avoue... Et résultat: je me suis réveillée le lendemain matin encore nettement "shootée". Je n'ai jamais réitéré!


Techniques de relaxation

Une technique extrêmement simple et efficace pour faciliter l'endormissement: l'observation de la respiration.
Il s'agit ni plus ni moins que d'une technique de méditation et la méditation est un état très proche du sommeil (si l'on regarde les ondes cérébrales émises).
Il s'agit de focaliser l'attention sur la respiration. On peut se focaliser sur le nez, la sensation de l'air qui entre et sort des narines, sur le ventre qui se gonfle en rythme... Juste sur la respiration.
Cela aide à se "vider la tête" et au bout de quelques minutes, cela a tendance à créer une sorte d'effet feedback: spontanément, la respiration s'apaise, devient plus profonde, le corps se détend et l'endormissement vient beaucoup plus facilement et rapidement que lorsqu'on se laisse aller à cogiter.
Il existe d'autres variantes de cette technique, comme la cohérence cardiaque ou encore... la prière (hésychasme/prière du coeur, oraison, mantra...)!

Autres troubles physiologiques

Certains troubles physiologiques peuvent contribuer aux troubles du sommeil:
- Les apnées du sommeil pourront être diagnostiquées et traitées par un médecin du sommeil.
- Le reflux gastro-oesophagien, chez un autiste non-verbal, peut l'amener à refuser de s'allonger, de se coucher. En cas de reflux, il est fortement recommandé d'explorer la piste des intolérances alimentaires, des déséquilibres de la flore intestinale, de la constipation, de la carence en magnésium (tout phénomène de spasme/crampe peut être lié à une carence en magnésium)...
- L'énurésie semble pouvoir être fortement améliorée par la microkinésithérapie.
- La constipation peut affecter le sommeil: les phénomène de "stagnation" de matières indésirables dans les intestins favorisent les phénomènes de fermentation/putréfaction. La flore intestinale génère alors des substances plus ou moins toxiques qui peuvent être absorbées par les intestins, passer dans la circulation sanguine et mettre le corps en état de stress ***. Stimuler le transit en cas de péristaltisme plus ou moins lent (moins d'une selle/jour) peut donc être bénéfique à la détente et au sommeil.
Trucs et astuces anti-constipation: alimentation de type paléo (sans céréales, sans légumineuses, sans laitages, avec beaucoup de fruits et légumes, d'huiles végétales bio, un peu de viande de qualité, peu ou pas d'aliments industriels), jus de légumes lacto-fermentés, jus de pruneau, magnésium citrate, phytothérapie (mauve, guimauve, haritaki ou triphala, psylium, poudre de feuilles d'ortie...)...
En dernier recours, on peut aussi opter pour le "bon vieux" lavement à l'eau salée ou au café vert.


*** Tout ralentissement prolongé du transit est susceptible de générer une "colonisation bactérienne chronique de l'intestin grêle", aussi appelée "Small Intestinal Bacterial Overgrowth" en anglais: sous l'effet de la pression générée par les selles en stagnation, la flore du côlon peut coloniser l'intestin grêle, des micro-organismes pathogènes s'y développent en surnombre et deviennent des "voleurs" de nutriments, tout en synthétisant des toxines et des substances pro-inflammatoires nocives pour la muqueuse intestinale, causant une malabsorption des nutriments.
En cas de constipation chronique, il est bien entendu recommandé de consulter un médecin pour explorer d'éventuelles causes anatomiques (mégacôlon,...) ou endocrines (hypothyroïdie, même chez un enfant!).

jeudi 22 décembre 2016

Le "biomed"

Au programme: une vidéo en anglais suivie de sa traduction.

Vidéo postée sur un groupe de discussion facebook orienté "biomed" et qui illustre bien ce que peut être une prise en charge "biomed" de l'autisme (ou autre trouble du développement, ou troubles "psy", etc...): un cocktail d'analyses médicales, de nutrition et de méthodes éducatives et comportementales (entre autres).
J'ai traduit la vidéo de mon mieux, sorry pour les quelques mots qui m'ont échappés (dont le nom de la pathologie dont souffre Jon Edwards, à la minute 2'30 de la vidéo -- si quelqu'un capte mieux que moi, merci de m'éclairer!).






Documentaire réalisé par l'"Autism Team", de la fondation Autism Media Chanel: http://www.autismmediachannel.com/about : avec, entre autre, Polly Tommey (PT) et le Dr Arthur Krigsman (Dr K.).

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Intro:
Enfant hurlant, enfant se frappant la tête avec sa tablette, autre enfant hurlant...
Voix off: "Tous les jours , dans le monde entier, les symptômes médicaux de centaines de milliers de personnes autistes sont ignorés."
On voit Jon Edwards, jeune adolescent, allongé sur son lit, très maigre, léthargique, avec une protection hygiénique en guise de sous-vêtement.
- Alli Edwards, la mère de Jon: "Je me bats depuis très longtemps pour être entendue. Mon fils grandit, il est de plus en plus maigre, de plus en plus maigre, il maigrit à vue d’œil devant moi. Je ne sais pas quoi faire."
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Les jumeaux Tyler & Noah Roberts:
Voix off: "Les jumeaux [Tyler et Noah], sont âgés de 6 ans et il ne sont toujours pas propres. Ils ont des troubles gastro-intestinaux chroniques et Noah ne grandit pas et ne peut dire que deux mots."
Leur mère montre à Polly Tommey (PT) ce qu'il y a dans les placards de sa cuisine:
- Mme Roberts: Ca, c'est leur alimentation.
- PT: Oh, mon dieu!
- Mme R.: il y a probablement plus de sucre que quoi que ce soit d'autre!
- PT: c'est crucial qu'on vous apporte de l'aide dans ce domaine!
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Jack Helt:
Image de Jack, un jeune adolescent, dans un avion avec ses parents.
Voix off: "Notre plus grand challenge jusqu'ici est Jack Helt. Jack a 15 ans, il est non verbal, il souffre d'une forme grave d'automutilation [on voit une photo de Jack avec un énorme oeil au beurre noir]. Il a deux aide-soignants à plein temps et il a besoin de notre aide."
- La mère de Jack: "Nous avons essayé de trouver de l'aide et cela nous a mené à faire ce voyage en Bulgarie pour découvrir quel est le problème exactement."
Image du Tokuda Hospital Sofia (Bulgarie), rencontre des parents de Jack avec le Dr Krigsman.
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Mitch Helt:
Dans la maison où vit Mitch, un jeune adolescent:
On voit Mitch se frapper la tête avec sa tablette. La mère montre à Polly Tommey une cloison que Mitch a enfoncé à coup de tête.
La mère montre comment c'est arrivé: "Il a mit sa tête comme ça, et c'est vraiment effrayant."
"Mitch est intelligent, il ne peut pas l'exprimer à l'oral mais il a trouvé un moyen pour communiquer à l'écrit.

- Lisa Helt (LH), la mère de Mitch raconte à Polly Tommey: "Il a écrit, "Maman, je ne veux plus vivre avec l'autisme. Je ne veux blesser personne". C'est vraiment dur, et c'est là que je vous ai appelé et j'ai vraiment besoin de vous.
- LH montre les médicaments que prend son fils: "Du [?] pour la tension, dont les effets secondaires sont tranquilisants.
- PT: il n'a pas de problème de tension?
- LH: non.
- Et ça c'est du Depakote et c'est en général utilisé pour traiter l'épilepsie mais, euh...
- PT: est-ce qu'il fait de l'épilepsie?
- LH: Non!
- PT: Ok!
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Jon Edwards:
On voit la mère de Jon déshabiller son fils, qui n'est pas autonome.
- Michael Edwards, le père de Jon : "il devrait y avoir au Royaume Uni, des médecins spécialisés disposés à explorer cette situation mais le simple fait de demander des analyses de sang pour un enfant autiste suscite beaucoup de résistances, et c'est extrêmement injuste."
Images d'une émission de plateau avec Polly Tommey (PT), le Dr Krigsman (gastroentérologue pédiatrique), Julie Matthews (consultante en nutrition), le Dr Doreen Granpeesheh (psychologue clinicienne).
PT: "Nous avons contacté une équipe médicale et il en est ressorti que Jon doit être vu au plus vite.
Nous allons filmer autant que possible le déroulement de cette procédure pour découvrir ce qui se passe pour Jon."
On voit des images de l'examen médical que passe Jon, avec le Dr Krigsman.
- Dr Krigsman: "Jon souffre d'une ["autism associated (...polyposis?)"]. On peut le traiter.
- Mme Edwards:" Ca répond à toutes les questions!
- Le Dr K.: Beaucoup de parents disent qu'ils se sentent innocentés, qu'ils n'étaient pas fous. Vous n'êtes pas folles!
- Mme E.: C'est la première fois de sa vie qu'il ne ressent aucune douleur.
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Jack Devreaux:
Image d'une réunion entre le Dr K., les parents de Jack et PT:
- DrK: Nous avons quelques réponses.
- Nick Devreaux, le père de Jack: Je suis tellement content qu'on ait pu mener à bien cette préocédure, et d'avoir découvert ce que nous avons découvert, et c'est terrifiant de se demander comment on va pouvoir le traiter.
Image de Jack, radieux, pendant son traitement...
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Les jumeaux Tyler & Noah Roberts:
On voit le Dr Doreen Granpeesheh, avec Noah et sa mère Rhonda: Noah a suivi des sessions de thérapie comportementales intensives.
Dans la cuisine des Roberts, on voit Rhonda Roberts, aidée de Julie Matthews (consultante en nutrition) mettre à la poubelle de nombreux aliments de consommation courante, dont une bouteille de lait.
Images de la mère, de ses enfants et de Julie Matthews, faisant des courses ensemble, faisant de la cuisine ensemble (pancakes sans gluten?!).
"C'est un succès, parce qu'en quatre mois, la vie de ces deux garçons à changé de façon incroyable. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire mais au moins nous sommes sur la bonne piste."
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Jon Edwards:
On voit Jon jouer au basket, faire un puzzle...
- Mr Edwards, père de Jon: les changement chez Jon ont été absolument spectaculaire, sur le plan physique et sur le plan mental.
On le regarde, il est un autre enfant. Nous sommes absolument convaincus que sa qualité de vie s'est améliorée considérablement depuis le traitement.
- Mme Edwards: Et il est clair qu'il peut apprendre.
- Mr E.: L'expertise que nous avons trouvé nous donne de l'espoir pour le futur.
- Mme E., au Dr K., via Skype: Merci!
- Dr K: Je ne suis qu'une pièce du puzzle parmi d'autre!
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Voix off: Il y a 20 ans, l'autisme était considéré comme très rare, mais pour un enfant né aujourd'hui, le risque d'être autiste pourrait être de 1/25. Le travail novateur effectué par l'Autism Team montre que les enfants peuvent être traités de façon efficace, alors rejoignez nous et suivez leurs parcours!






lundi 19 décembre 2016

La MDMA et l'empathie


Témoignage d'un autiste Asperger, Larry Gray, sur son expérience avec la MDMA (dans ce cas sous la forme d'Ecstasy); vidéo mise en ligne le 12 mars 2016, sur la chaîne youtube de MDMA The Movie.

Traduction en français sous la vidéo.





"Comment j'ai entendu parler du syndrome d'Asperger pour la première fois?
C'est mon neveu qui m'a parlé d'un livre, de Tony Attwood. Et j'ai lu ce livre et c'était comme de lire l'histoire de toute ma vie! Cela répondait à de nombreuses questions auxquelles je n'avais jamais eu de réponses, comme pourquoi j'avais eu des difficultés d'apprentissage, des difficultés à socialiser, pourquoi j'avais eu des difficultés à avoir des relations amoureuses, à avoir des interactions sociales avec les gens.
J'ai presque 62 ans et je n'ai jamais eu de relation amoureuse qui ait duré plus d'un an et j'en ai eu seulement deux qui ont duré un an.

Ma première expérience avec la MDMA, c'était avec six amis, dans la montagne, dans un chalet. J'avais des idées fausses sur la MDMA, parce que j'avais toujours entendu dire qu'on en prenait dans des clubs, avec de la musique forte et des gens qui dansent toute la nuit, et qui deviennent fou et tout ça... Alors je me suis dit, ok, on va aller dans la montagne, où personne ne peut nous entendre, et on va mettre de la musique à fond, toute la nuit!
Mes amis semblaient plutôt dignes de confiance alors je me suis lancé et ce fut une sacrée surprise.
Je n'ai jamais eu une expérience aussi calmante, apaisante, une expérience reposante pour l'esprit inquiet. C'est ce qui m'est venu.

C'était très détendu, au bord d'un torrent de montagne, il n'y avait pas de musique, tout le monde était juste assis là, certains parlaient, d'autres pas.
Je me suis senti complet, entier, comme si différentes parties de moi s'étaient réunies en une seule personne.
Pour la première fois de ma vie j'ai été capable de ressentir, j'ai eu de véritables sentiments et je sens que je peux transmettre cela vers l’extérieur à présent, puisque j'ai quelque chose à l'intérieur.

Cela m'a ouvert à une certaine connaissance, à laquelle j'étais aveugle auparavant. Cela ne signifie pas que je suis totalement différent, mais ça a aidé, par étapes. C'est comme un pas de plus, qui me rend plus humain, plus aimant, plus ouvert et réceptif, et moins rigide, moins guindé.
Parce qu'avec le syndrome d'Asperger, vous êtes rigide, vous êtes guindé, et c'est difficile d'être spontané.

J'ai laissé passer beaucoup d'opportunités parce que je n'avais pas dit la bonne chose, parce que je ne m'étais pas présenté, parce que je n'avais pas persévéré... Et je vais êtres plus ouvert, plus réceptif, et je vais essayer de penser à l'ici et maintenant, au moment où je suis avec quelqu'un.

Je sens que j'ai peut-être une chance, même à mon âge, d'avoir une relation amoureuse et s'il y a une possibilité... J'ai essayé, tellement fort, toute ma vie... Et s'il y a une possibilité... Je sens vraiment... Ce que je sens au fond de moi, c'est qu'il y a une possibilité, et c'est un sentiment merveilleux, d'avoir juste de l'espoir, juste d'avoir l'espoir que je peux trouver l'amour. C'est quelque chose que je n'ai jamais senti, de toute ma vie, jamais de toute ma vie, je ne me suis senti aimé par quelqu'un.
J'ai connu la passion, le sexe, mais je n'ai jamais senti de l'amour.
Cette drogue m'a fait ressentir l'amour, ou bien le sentiment que je pouvais atteindre l'amour humain, et ça, c'est puissant."

 Copyright Viveka Films

La MDMA et l'anxiété sociale

"Nous étudions le potentiel de la MDMA, lorsqu'elle est utilisée conjointement à une psychothérapie, pour traiter l'anxiété sociale chez les clients autistes adultes. Nous ne soutenons pas l'idée que l'autisme lui-même est une maladie ou un trouble, et nous ne soutenons pas les tentatives de le traiter ou de le "guérir". Notre souhait est d'améliorer la qualité de vie des personnes autistes." - Nick Walker   

Traduction d'une interview de Nick Walker : Traiter l'anxiété sociale chez les adultes autistes avec une psychothérapie assistée par la MDMA. 


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[Note de la traductrice (ndlt), mise en garde: la MDMA ( 3,4-méthylène dioxy-méthamphétamine) est le principe psychoactif de l'Ecstasy, cependant "MDMA" et "Ecstasy" ne sont pas synonymes! La MDMA est la substance pure utilisée dans les études cliniques, précisément dosée, alors que l'Ecstasy contient une dose indéterminée de MDMA, parfois pas de MDMA du tout ou au contraire une dose massive, et qu'elle peut être "coupée" avec différentes substances plus ou moins dangereuses]

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Nick Walker est autiste, éducateur, auteur, conférencier, universitaire transdisciplinaire et professeur d'aïkido. Il est enseignant au sein des programmes de psychologie et d'arts libéraux de premier cycle (?) de la Sofia University, et dans le programme des Etudes Interdisciplinaires au California Institute of Integral Studies. Il a un master en Counseling Psychotherapy (conseils psychothérapiques) et une ceinture noire d'Aïkido (6ème dan). Il est le fondateur et instructeur-chef du Aikido Shusekai, un dojo d'aïkido à Berkley, en Californie. Nick a été impliqué dans le développement de la communauté et de la culture autistique depuis 2003, c'est un activiste de première ligne de la neurodiversité, un conférencier et consultant très demandé dans le domaine de l'autisme.
Son blog: http://neurocosmopolitanism.com/

Il est interviewé par le Dr Alicia Danforth, chercheuse clinicienne au Los Angeles Biomedical Research Institute, au Harbor-UCLA Medical Center, où elle travaille depuis 2004 sur les études médicales des psychédéliques, avec le chercheur principal: Charles Grob. Depuis 2013, elle est diplômée de l'Institut de Psychologie Transpersonnelle (Institute of Transpersonnal Psychology). Pour son mémoire, sa recherche portait sur les expériences vécues par des adultes du spectre autistique avec la MDMA (Ecstasy). Elle est la co-chercheuse de la nouvelle étude clinique financée par l'association MAPS sur la thérapie assistée par MDMA pour les autistes adultes souffrant d'anxiété sociale (voir la page dédiée). Alicia a rencontré Nick Walker alors qu'ils étaient invités au Visionary Voices Salon à San Francisco en 2009, où il l'introduisit au concept de neurodiversité. Elle travaille en tant que postdoctorante dans un cabinet privé de psychothérapie, au Los Angeles Counseling Center, afin d'obtenir une licence de psychologue clinicienne, sous la supervision du Dr. Adam Sheck.
Son email: adanforth@labiomed.org


Dr Alicia Danforth (AD): Quelle est votre définition de l'autisme?

Nick Walker (NW): L'autisme est une variante neurologique humaine, avec une base génétique. L'ensemble complexe de caractéristiques entremêlées qui distinguent la neurologie autiste de la neurologie non-autiste n'est pas encore entièrement compris, mais les découvertes récentes indiquent que la distinction majeure est que les cerveaux autistes se caractérisent par des degrés particulièrement élevés de connectivité et de réactivité synaptiques.Cela tend à rendre l'expérience subjective des autistes plus intense et chaotique que celle des non-autistes. A la fois sur le plan sensori-moteur et cognitif, l'esprit autiste tend à enregistrer plus d'information et l'impact de chaque brin d'information tend à être à la fois plus fort et plus imprévisible.

L'autisme est un phénomène développemental, ce qui signifie qu'il commence in utero et a une influence généralisée sur le développement, à de nombreux niveaux, tout au long de la vie. L'autisme produit des façons atypiques de penser, de bouger, un traitement atypique des interactions, un traitement atypique des informations cognitives et sensorielles. Une analogie bien connue consiste à dire que les autistes ont un "système d'exploitation" neurologique différent de celui des non-autistes [par comparaison aux "systèmes d'exploitation" des ordinateurs: Windows, Linux, Mac... - ndlt].

Selon des estimations récentes, environ 1 à 2% de la population mondiale est autiste. Alors que le nombre d'individus diagnostiqués autiste augmente de façon continue depuis quelques dizaines d'années, des données récentes indiquent que l'augmentation des diagnostics résulte d'une meilleure sensibilisation du public et des professionnels [meilleur dépistage - ndlt] plutôt qu'en une augmentation réelle de la prévalence de l'autisme.

En dépit de similarités neurologiques sous-jacentes, les autistes sont très différents les uns des autres. Certains autistes démontrent des talents cognitifs exceptionnels. Cependant, dans le contexte d'une société conçue en fonction des besoins sensoriels, cognitifs, développementaux et sociaux des non-autistes, les autistes sont presque toujours handicapés à un certain niveau - parfois de façon très évidente, parfois plus subtilement.

C'est dans le domaine des interactions sociales que les autistes tendent à être systématiquement handicapés. Pour un enfant autiste, l'expérience sensorielle du monde est plus chaotique et plus intense que pour un enfant non-autiste et les efforts constants pour naviguer à travers cette expérience et pour l'intégrer nécessitent plus d'attention et d'énergie de la part de l'enfant autiste. Cela signifie que l'enfant autiste a moins d'attention et d'énergie disponible pour se concentrer sur les subtilités des interactions sociales. Les difficultés à satisfaire les exigences sociales des non-autistes causent souvent un rejet social, qui aggrave d'autant plus les difficultés sociales et gêne le développement social. Pour cette raison, l'autisme a souvent été mal interprété comme un ensemble de "déficits sociaux et déficits de communication", par ceux qui ignorent que les challenges sociaux auxquels font face les autistes sont simplement les conséquences de la nature intense et chaotique de l'expérience sensorielle et cognitive autistique.

L'autisme est toujours très largement considéré comme un "trouble", mais cette vision a été remise en question récemment par des partisans du modèle de la neurodiversité, qui définit l'autisme et les autres variantes neurocognitives comme faisant parti du spectre naturel de la biodiversité humaine, telle les variantes ethniques ou les variantes des inclinations sexuelles (qui ont aussi été "pathologisées" par le passé). Au final, décrire l'autisme comme un trouble représente un jugement de valeur plutôt qu'un fait scientifique.

AD: Quels sont les bénéfices potentiels d'une psychothérapie assistée par la MDMA pour les adultes autistes? Quelle est la logique d'une étude clinique dans ce domaine?

NW: Beaucoup d'autistes souffrent d'anxiété sociale - une réponse de peur et d'anxiété en cas d'interactions sociales. Notre hypothèse est que la psychothérapie assistée par la MDMA pourrait aider à réduire cette anxiété.

La chose cruciale à comprendre est que l'anxiété sociale n'est pas intrinsèque à l'autisme. Des expériences sensorielles atypiques et intenses, et des styles de mouvements atypiques, sont innés au traitement neurocognitif autistique; si quelqu'un est autiste, ces expériences vont faire parti de sa réalité à un degré ou un autre. Mais ce n'est pas nécessairement le cas avec l'anxiété sociale.

Pour les non-autistes, les autistes ont presque toujours l'air "bizarres" d'une façon ou d'une autre, parfois beaucoup. En effet, comme je l'ai déjà expliqué, c'est devenu une erreur très répandue en psychologie de mal interpréter l'autisme en le considérant comme un ensemble de "déficits sociaux et déficits de la communication". Une façon plus précise et moins biaisées de considérer l'autisme consiste à voir les difficultés de communication comme venant des deux parties, autistes et non-autistes: les autistes ont des difficultés à comprendre et à communiquer avec les non-autistes, et les non-autistes ont des difficultés à comprendre et à communiquer avec les autistes. Cela parait sensé: bien sûr, c'est un challenge de comprendre quelqu'un dont le cerveau fonctionne différemment du votre. Mais puisque les autistes sont en minorité et détiennent moins de pouvoir dans la société, des difficultés de communication entre un autiste et un non-autiste sont toujours attribuées à un déficit de la part de la personne autiste. On entend rarement dire qu'une personne non-autiste souffre d'un déficit de compréhension des autistes. Comme le politologue Karl Deutsch le disait, le pouvoir est la "capacité à ne pas avoir à apprendre".

La conséquence de tout cela est que la vaste majorité des autistes subissent fréquemment un rejet social et de l'hostilité, dès l'enfance. La plupart des autistes de nos jours reçoivent le message - encore une fois dès l'enfance, que la façon dont ils pensent naturellement, la façon dont ils sentent, bougent et communiquent est mauvaise, que la personne qu'ils sont est incorrecte.

Ce rejet social constant est profondément douloureux et traumatique. Quand de telles expériences sont la norme durant la période la plus vulnérable du début de sa vie, bien sûr que cette personne va finir par voir les interactions sociales comme une expédition en terrain miné, une expérience affreuse et effrayante qui risque de se terminer par une enième expérience de douleur, d'échec et d'humiliation.

Hélas, cela devient souvent une prophétie auto-réalisatrice, puisque on ne peut pas se sentir au mieux en société alors qu'on est accablé par une peur et une anxiété écrasantes.
Donc, les expériences précoces de rejet social provoquent l'anxiété sociale, qui réduit les performances sociales, ce qui résulte en d'avantage d'expérience sociales négatives qui renforcent encore d'avantage le traumatisme.

Et c'est là que se trouve le point clé, et la source d'espoir et d'optimisme: que l'anxiété sociale, dont sont affligés tant d'autistes, n'est pas inhérente à l'autisme. Elle est d'avantage le symptôme d'un traumatisme. Et à travers le merveilleux travail que MAPS a mené avec des vétérans souffrant de stress post-traumatique, il a déjà été bien établi que la psychothérapie assistée par la MDMA peut être extraordinairement efficace à traiter les symptômes des traumatismes.

AD: Je constate que lorsque je parle à des non-autistes du travail que nous effectuons en lien avec la communauté autistique et la MDMA, certaines personnes ont beaucoup de mal à comprendre que nous n'essayons pas de "traiter" ou de "soigner" l'autisme - ce que nous traitons est l'anxiété sociale. Certains des journalistes qui ont écrit sur ce que nous faisons ont malheureusement mal compris et mal retranscrit notre travail comme étant un "traitement de l'autisme". Qu'en pensez-vous?

NW: J'ai vu ce malentendu se produire aussi. Il est d'une importance vitale que toutes les personnes impliquées dans ce travail - les chercheurs, les thérapeutes, les participants à l'étude clinique, les sympathisants de MAPS, les journalistes, et ceux qui souhaitent citer cette étude dans leur travail académique, que tout le monde soit clair quant à la distinction entre "traiter des autistes pour une anxiété sociale causée par un traumatisme", et "traiter l'autisme".

La meilleure façon de mettre fin à la confusion, je pense, est que ceux d'entre nous impliqués dans ces recherches déclarent très clairement, à chaque fois que nous nous exprimons sur ce travail qu'il ne s'agit pas de traiter l'autisme. Je le déclare ici: nous n'étudions pas du tout la MDMA comme un traitement potentiel de l'autisme. Nous étudions le potentiel de la MDMA, lorsqu'elle est utilisée conjointement à une psychothérapie, pour traiter l'anxiété sociale chez les clients autistes adultes. Nous ne soutenons pas l'idée que l'autisme lui-même est une maladie ou un trouble, et nous ne soutenons pas les tentatives de le traiter ou de le "guérir". Notre souhait est d'améliorer la qualité de vie des personnes autistes.








vendredi 9 décembre 2016

Prescriptions du Dr Neuville

"... l'obligation de prendre en compte les avancées de la science est déjà dans tous les textes: le Code de la Santé Publique, le code de déontologie de l'ordre des médecins et le serment d'Hippocrate." - Ségolène Neuville, 8 décembre 2016.


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Hier, 8 décembre 2016, Mme Ségolène Neuville s'est exprimée à la tribune de l'Assemblée Nationale, dans le cadre du débat sur la proposition de résolution de Mr le député Fasquelle, résolution visant à interdire la psychanalyse dans la prise en charge de l'autisme.
Mme Neuville est secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, depuis février 2016.
Elle est aussi médecin.

Je retranscris quelques uns de ses propos:

Elle explique que la proposition de résolution de Mr Fasquelle mènerait à supprimer la liberté de prescription des médecins. Pour connaitre un peu la problématique de la maladie de Lyme, il me semble que cette liberté est déjà quelque peu malmenée actuellement..., mais bon bref.

Supprimer la liberté de prescription, nous explique-t-elle, "va au-delà de la question de l'autisme: vous proposez de réprimer pénalement tout professionnel de santé qui ne respecterait pas les recommandations de bonne pratique de la HAS. Imaginez les conséquences d'une limitation de prescription pour toute nouvelle approche qui ne rentrerait pas dans les recommandations, y compris celles basées sur les découvertes scientifiques publiées, au prétexte qu'il faudrait attendre l'actualisation des recommandations. Car enfin, soyons clairs, des nouvelles publications, il y en a tous les jours. Tous les jours! Alors que les recommandations sont renouvelées tous les combien? Ça dépend des domaines, mais tous les cinq ans, tous les dix ans. Et si vous ouvrez cette porte sur l'autisme, Mr Fasquelle, vous l'ouvrez pour tous les domaines de la médecine."

(...) Selon l'article L-41278 du Code la Santé Publique: "Dans les limites fixées par la loi et compte-tenu des données acquises de la science, le médecin est libre de ses prescriptions qui seront celles qu'il estime les plus appropriées en la circonstance".
La mention "compte-tenu des données acquises de la science" a été ajoutée au texte par décret du 7 mai 2012.
"Il y a donc déjà l'obligation pour les médecins de respecter les données acquises de la science. Le texte de Mr Fasquelle n'a donc pas lieu d'être.

L'ordre des médecins, à travers son code de déontologie, considère également que la liberté de prescrire du médecin doit tenir compte des données acquises de la science.
Et puis je veux également préciser que les éventuelles infractions aux dispositions définies par l'article L-41278 du Code de la Santé Publique relèvent non pas de la justice pénale mais de la juridiction disciplinaire de l'ordre des médecins.

(...) L'utilisation des recommandations de bonnes pratiques médicales permet d'accompagner le médecin dans son obligation de se fonder sur les données acquises de la science, tout en respectant sa liberté d'exercice. Les recommandations de bonnes pratiques ne sauraient dispenser le professionnel de santé de faire preuve de discernement dans sa prise en charge du patient, qui doit être celle qu'il estime la plus appropriée en fonction de ses propres constatations et c'est uniquement l'obligation déontologique d'assurer aux patients des soins basés sur les données acquises de la science qui est opposable aux professionnels de santé depuis le décret du 7 mai 2012.

(...) Chacun doit avoir en tête le serment d'Hippocrate: "je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission, je n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences, je les entretiendrai et je les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me sont demandés". Tout est dit! Tout est déjà dit!

Le gouvernement estime ainsi, comme l'ont rappelé de nombreux professionnels éminents dans une tribune parue la semaine dernière dans un grand quotidien national, seule la science - et seule la science, doit guider les décisions médicales, et l'obligation de prendre en compte les avancées de la science est déjà dans tous les textes: le Code de la Santé Publique, le code de déontologie de l'ordre des médecins et le serment d'Hippocrate."

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Un professionnel de la santé qui souhaiterait mettre à jour ses connaissances sur l'autisme pourrait à minima consulter:
-  le site du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales
- le site de l'Inserm

Si l'obligation déontologique d'assurer aux patients des soins basés sur les données acquises de la science est OPPOSABLE, l'ordre des médecins devrait, en toute bonne logique, se retrouver rapidement avec pas mal de pain sur la planche...!

Publication de Maître Sophie Janois, le 8 décembre, sur son profil facebook, suite au rejet de cette résolution par l'Assemblée:
"Reste la voie judiciaire ! Eh bien nous allons y aller. Début janvier ou même avant, avec toutes les associations qui le voudront, nous lancerons un communiqué de presse sur la façon d'engager la responsabilité professionnelle des médecins dont la pratique professionnelle n'est pas conforme aux données acquises de la science et nous verrons bien si tout était si parfait sur le terrain !"

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En cas de litige avec un médecin, voir le site du Conseil National de l'Ordre des Médecins :

"Durée du traitement, complications médicales, problèmes relationnels… Ce sont les principales causes des litiges qui surviennent entre un médecin et son patient. Si vous êtes en conflit avec le médecin qui vous a pris en charge, ou l'un de vos proches, demandez-lui d’abord un rendez-vous spécifique pour pouvoir échanger et régler ce conflit. Si le différend persiste, vous pouvez prendre contact avec le président du conseil de l'Ordre des médecins du département où exerce le praticien. Dans ce cas, il faut lui transmettre un courrier en formulant vos doléances à l'encontre du praticien concerné, en précisant bien son nom et prénom et en joignant le cas échéant toute pièce utile (ordonnance, certificat...). Le conseil départemental prendra alors contact avec le médecin concerné en l’invitant à y répondre et à s’expliquer. 
Plainte: Si vous décidez de porter plainte, le conseil départemental organisera dans un premier une temps une procédure de conciliation. La conciliation est une procédure rapide et gratuite. Le plus souvent, elle permet de trouver une solution amiable et ainsi, d’éviter au patient et à son médecin une longue procédure. En cas d’échec de la conciliation, la plainte sera transmise aux instances disciplinaires de l’Ordre. 
Les éventuelles sanctions: La juridiction ordinale juge les manquements à la déontologie médicale. Les sanctions qu'elle inflige sont des peines professionnelles (avertissement, blâme, suspension temporaire du droit d'exercer avec ou sans sursis, radiation du tableau de l'Ordre). Elle ne remplace pas la juridiction civile ou pénale. Le plaignant peut donc saisir, en parallèle les tribunaux de droit commun, au civil et/ou au pénal."

dimanche 4 décembre 2016

Autisme, gènes ET environnement


"... les mutations génétiques et/ou les agressions environnementales impliquées dans l'autisme semblent toutes affecter la plasticité synaptique développementale, et mènent surtout à son augmentation." -- Laurent Mottron, Sylvie Belleville, Guy A. Rouleau, Olivier Collignon; 2014.
"genetic mutations and/or environmental insults involved in autism all appear to affect developmental synaptic plasticity, and mostly lead to its upregulation" - Linking neocortical, cognitive, and genetic variability in autism with alterations of brain plasticity: The Trigger-Threshold-Target model 

"Le but de cette revue est de résumer les découvertes clés de la recherche génétique et épidémiologique, qui montrent que l'autisme est un trouble complexe résultant d'une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. De grands efforts dans le domaine de la génétique on mené à de remarquables avancées dans la connaissance des causes génétiques de l'autisme. L'identification d’allèles spécifiques contribuant au spectre de l'autisme sont venues compléter le puzzle de l'autisme. Cependant, de nombreuses questions demeurent sans réponses, et de nouvelles questions sont soulevées par des résultats récents. Qui plus est, étant donné l'accumulation de preuves indiquant une contribution significative des facteurs environnementaux aux risques d'autisme, il est maintenant clair que la recherche de facteurs environnementaux devrait être renforcée. Un des aspect de cette recherche qui a été négligée jusqu'ici est l'étude des interactions entre les gènes et les facteurs environnementaux." -- Pauline Chaste, Marion Leboyer; Inserm/Fondation FondaMental, 2012.
"The aim of this review is to summarize the key findings from genetic and epidemiological research, which show that autism is a complex disorder resulting from the combination of genetic and environmental factors. Remarkable advances in the knowledge of genetic causes of autism have resulted from the great efforts made in the field of genetics. The identification of specific alleles contributing to the autism spectrum has supplied important pieces for the autism puzzle. However, many questions remain unanswered, and new questions are raised by recent results. Moreover, given the amount of evidence supporting a significant contribution of environmental factors to autism risk, it is now clear that the search for environmental factors should be reinforced. One aspect of this search that has been neglected so far is the study of interactions between genes and environmental factors." - Autism risk factors: genes, environment, and gene-environment interactions

"... les facteurs de risques génétiques restent difficiles à identifier, à l'exception de quelques désordres chromosomaux et de plusieurs troubles génétiques associés à un risque d'autisme accru. Par ailleurs, plusieurs études suggèrent un rôle des facteurs environnementaux dans les Troubles du Spectre de l'Autisme (TSA)... Une forme allélique peut être présente dans le génotype sans s'exprimer si elle est inhibée par des signaux modulant les influences environnementales, épigénétiques, ou génétiques. Il est donc important d'éviter de se focaliser sur les "gènes de l'autisme", ce qui implique le déterminisme, mais plutôt d'étudier les effets du génome mêlé aux effets de l'environnement, et de leur possible plasticité. Le remodelage épigénétique entraîné par les facteurs environnementaux ouvre de nouvelles perspectives pour un meilleure compréhension, prévention et interventions thérapeutique précoce des TSA. Finalement, l'autisme pourrait être considéré comme le résultat de plusieurs facteurs génétiques et environnementaux. Etant donné cette étiologie multifactorielle, c'est probablement à travers des analyses variées et des approches pluridisciplinaires - incluant la participation de biologistes autant que de cliniciens, que des progrès pourront être faits." -- Sylvie Tordjman, Eszter Somogyi, Nathalie Coulon, Solenn Kermarrec, David Cohen, Guillaume Bronsard, Olivier Bonnot, CatherineWeismann-Arcache, Michel Botbol, Bertrand Lauth, Vincent Ginchat, Pierre Roubertoux, Marianne Barburoth, Viviane Kovess, Marie-Maude Geoffray and Jean Xavier ; équipe française - 2014.
"... the genetic risk factors remain difficult to identify, with the exception of a few chromosomal disorders and several single gene disorders associated with an increased risk for autism. Furthermore, several studies suggest a role of environmental factors in autism spectrum disorders (ASD)... An allelic form can be present in the genotype without expressing itself if it is inhibited by signals mediating environmental, epigenetic, or genetic contributions. It is therefore important not to focus on the “genes of autism,” which implies determinism, but to study instead the effects of the genome integrated with the effects of the environment with possible plasticity. Epigenetic remodeling by environmental factors opens new perspectives for a better understanding, prevention and early therapeutic intervention of ASD. Finally, autism could be considered as the result of several genetic and environmental factors. Given this multifactorial etiology, it is probably through multivariate analyses and a multidisciplinary approach including the participation of biologists as well as clinicians that advances will be made." - Gene × environment interactions in autism spectrum disorders: role of epigenetic mechanisms 

"Les études de jumeaux et les études familiales ont démontré que des facteurs à la fois génétiques et non-génétiques contribuent à une vulnérabilité accrue à l’autisme. Certains facteurs génétiques sont plus fortement impliqués que d’autres et on a identifié un ensemble hétérogène de trajectoires menant au trouble plutôt qu’une trajectoire causale unique. De plus en plus de résultats suggèrent, cependant, l’implication de facteurs de risque génétiques qui interfèrent avec le développement et la plasticité des synapses. Les facteurs de risque incluent des variantes génétiques communes et rares, de même que des facteurs non-génétiques." -- Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants, Mayada Elsabbagh, Ph.D., Miriam MCBreen, M.A. 2012.

"Les Troubles du Spectre de l'Autisme sont héritables et multifactoriels, avec l'implication de facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux." -- Agnese Di Napoli, Varun Warrier, Simon Baron-Cohen, and Bhismadev Chakrabarti, 2015.
"ASC are heritable(...) and multifactorial conditions, where genetic, epigenetic and environmental factors are involved"
 Genetic variant rs17225178 in the ARNT2 gene is associated with Asperger Syndrome 

"Durant les dix dernières années, le nombre de publications d'études épidémiologiques consacrées aux expositions chimiques environnementales et à l'autisme ont considérablement augmenté. Ces études sont importantes parce qu'il est à présent bien compris que les facteurs environnementaux jouent un grand rôle dans la survenue de l'autisme - bien plus que qu'on ne le croyait pas le passé, et parce que ces études pointent des facteurs de risque modifiables qui ouvrent la voie vers la prévention des handicaps associés à l'autisme." -- Amy E. Kalkbrenner, PhD, MPH, Rebecca J. Schmidt, MS, PhD, and Annie C. Penlesky, MPH; 2014.
"In the past decade, the number of epidemiological publications addressing environmental chemical exposures and autism has grown tremendously. These studies are important because it is now understood that environmental factors play a larger role in causing autism than previously thought and because they address modifiable risk factors that may open up avenues for the primary prevention of the disability associated with autism." Environmental Chemical Exposures and Autism Spectrum Disorders: A Review of the Epidemiological Evidence.

Zinc et Syndrome d'Asperger, une étude de cas:
"A la différence des autres Troubles du Spectre de l'Autisme, les anomalies chromosomales sont rares dans le syndrome d'Asperger, ou Autisme de haut niveau. (...) une déletion interstitielle de 3p22.1p21.31 (...) a été détectée chez un enfant ayant le syndrome d'Asperger, une dermatite séborrhéique et une pancréatite chronique. (...) une analyse bioinformatique de l'interactome du gène CCK a indiqué qu'une déficience en zinc pourrait dans ce cas être un mécanisme pathogène. Cette suggestion fut confirmée par l'analyse du taux de zinc dans le plasma sanguin. L'augmentation des apports en zinc résulta en une augmentation du taux de zinc dans le plasma et en une amélioration de l'état du patient." -- Ivan Y. Iourov, Svetlana G. Vorsanova, Victoria Y. Voinova, and Yuri B. Yurov; 2015.
"In contrast to other autism spectrum disorders, chromosome abnormalities are rare in Asperger syndrome (AS) or high-functioning autism.
(...) an interstitial deletion of 3p22.1p21.31 (~2.5 Mb in size) in a child with Asperger’s syndrome, seborrheic dermatitis and chronic pancreatitis was detected.(...) bioinformatic analysis of CCK gene interactome indicated that zinc deficiency might be a pathogenic mechanism in this case. This suggestion was supported by plasma zinc concentration measurements. The increase of zinc intake produced a rise in zinc plasma concentration and the improvement in the patient’s condition." 
3p22.1p21.31 microdeletion identifies CCK as Asperger syndrome candidate gene and shows the way for therapeutic strategies in chromosome imbalances

Autisme et gluten:
"Contexte: Des facteurs génétiques et environnementaux sont en cause dans l'étiologie des Troubles du Spectre de l'Autisme (TSA). Bien que des études épidémiologiques aient été conduites pour clarifier le lien entre des régimes d'éviction et l'autisme, leurs conclusions restent floues. Cette étude fut menée pour investiguer les effets d'un régime sans gluten (RSG) sur les symptômes gastro-intestinaux et le comportement chez des enfants avec un TSA.
Résultats: Sur les 80 enfants participants à l'étude, 53,9% avaient des troubles gastro-intestinaux. Dans le groupe suivant le RSG, la prévalence des symptômes gastro-intestinaux diminua significativement après mise en place du RSG mais augmenta significativement dans le groupe du régime normal (RN). Le RSG résultat en une diminution significative des troubles du comportements et le RN résultat en une augmentation significative de ces troubles du comportement. 
Conclusion: Cette étude suggère que le RSG peut être efficace dans le traitement des troubles gastro-intestinaux et des troubles du comportement dans l'autisme." -- Ghalichi F, Ghaemmaghami J, Malek A, Ostadrahimi A.; 2016.
BACKGROUND: Genetic and environmental factors are both responsible for the etiology of autism spectrum disorders (ASD). Although epidemiological studies have been conducted to clarify the association between restriction diets and ASD, the conclusion remains unclear. This study was undertaken to investigate the effect of gluten free diet (GFD) on gastrointestinal symptoms and behavioral indices in children with ASD.
RESULTS: Of the 80 children, 53.9% had gastrointestinal abnormalities. In the GFD group, the prevalence of gastrointestinal symptoms decreased significantly (...) after intake of GFD (...) but increased insignificantly in the RD group (...). GFD intervention resulted in a significant decrease in behavioral disorders (...) but an insignificant increase in the RD group.
CONCLUSION: This study suggested that GFD may be effective in controlling gastrointestinal symptoms and ASD behaviors." - Effect of gluten free diet on gastrointestinal and behavioral indices for children with autism spectrum disorders: a randomized clinical trial.