mercredi 30 décembre 2015

Des nouvelles du mémoire

L'écriture du mémoire est en bonne voie.
J'ai un peu la sensation d'en être au 8ème mois de grossesse, et que je pensais être enceinte d'un enfant mais qu'en fait, ce sera des triplés.
Ou des poulpes, je ne sais pas trop encore...

L'institut où j'étudiais nous avait demandé de nous limiter à 40 pages (sans les annexes) mais vu que l'institut a déposé le bilan, et que faire tout tenir en 40 pages, c'était un tel casse-tête que je n'avançais pas, eh bien je me suis dis "Vas-y! Fais-toi péter le bide! Lâche les poulpes!".
Tant qu'à faire.
Donc rien que les deux premières parties font déjà une quarantaine de pages à elles-seules.
Comme dit la pub: "Et c'est pas fini!".

Aperçu du plan actuel (non définitif) des deux premières parties:


I Un peu d'histoire et d'anthropologie

Historique
Épidémiologie
Et avant le 20ème siècle ?
Intelligence
La communication
L'autonomie, les rythmes de vie
La religion, les lieux de vie
Laïcité, spiritualité
Combien d'autistes aujourd'hui ? Avec quels diagnostics ?


II Autisme, état des lieux

1 - Un autiste, à quoi ça ressemble ?
B.A.BA

2 – L'autisme, techniquement, qu'est-ce que c'est ?

2.1 – Jadis et encore aujourd'hui, la vision psychanalytique
Refus de diagnostics
La psychanalyse, quesaco ?
Des techniques non-spécifiques à la psychanalyse
Type de discours psychanalytique sur l'autisme
Psychanalyse et dérive sectaire 
Le piège de la rumination
Anti-corps et esprit tout puissant
Politique

2.2 – Vision et terminologie moderne, dépsychanalysée
Principales caractéristiques des TSA et DSM 5
« Trouble » ou « condition » neurologique ?
Les enfants sortis de l'autisme
Neurodiversité et intersectionnalité
Une autre intelligence, l'intelligence « perceptive »
Compétences autistiques
Pourquoi un « diagnostic » s'il n'y a pas de « maladie » ?
Recommandations pour communiquer avec un autiste

2.3 – Les prises en charge officiellement recommandées
Dressage ou apprentissage ?
La situation réelle et actuelle en France
Parenthèse « packing »
Adieu à la psychanalyse & révolution culturelle
La maladie et le « mal à dit »
Méthodes et recommandations « alternatives »
Politique

2.4 – Le grand débat des causes de l'autisme
Génétique et environnemental
Un peu de physiologie
L'épigénétique
Extraits de publications (et ode à l'anglais)
Esprit critique

vendredi 20 novembre 2015

Communiqué d'Aut'Créatifs, mise au point

Assez ironiquement, il y a quelques jours, j'envisageais de contacter l'association Aut'Créatifs pour leur demander si par hasard je ne pourrais pas avoir une petite place parmi leurs membres (vu mes blogs, mes photos, mes nouvelles, tout ça...), mais vu les nettes divergences qui existent entre nos opinions en matière de nutrition, je pense que ça ne peut pas trop le faire!

Pour nos éruditions mutuelles, je vais exposer le pourquoi du comment ici.

Les extraits du communiqué d'Aut'Créatifs sont en bleu, mes commentaires en noir.

À titre de membres d’Aut’Créatifs, un collectif de personnes autistes, nous désirons réagir à la prétention véhiculée par nombre de médias ces derniers temps selon laquelle l’autisme serait «traitable» par l’alimentation. Il ne s’agit pas du tout une idée nouvelle! Depuis longtemps déjà des organismes propagent la croyance que l’alimentation «cause» l’autisme et suggèrent des régimes drastiques qui marginalisent encore davantage la personne autiste.

De nombreuses associations portent des noms problématiques du point de vue des défendeurs de la neurodiversité, ce n'est pas nouveau: que ce soit "Treating Autism" aux USA, ou "Vaincre l'Autisme" en France. 
Du point de vue de beaucoup de gens, l'autisme est un agglomérat de "troubles" et de dysfonctionnements à "vaincre" où dont il faut "sortir", ça et seulement ça, alors que pour de plus en plus d'autistes (et de proches d'autistes ou de chercheurs), l'autisme est une forme d'intelligence différente, un neuroatypisme, ok. 
Reste que de nombreuses familles sont concernées par des formes d'autisme autrement plus "sévères" que le relativement "gentil" syndrome d'Asperger, "formes" sévères qui entraînent de nombreux "troubles" qui transforment le quotidien en enfer: auto-mutilation, troubles du sommeil si lourd que toute la famille est empêchée de dormir (toutes les nuits, pendant des années), troubles physiologiques sévères tels que des constipations ou diarrhées chroniques (la constipation et ses conséquences, si elle persiste pendant trop longtemps, peut devenir une urgence vitale, idem la diarrhée), voir agressivité, sans parler des troubles de l'apprentissage, etc... Car les anomalies génétiques/neurologiques entraînent bien des dysfonctionnements dans tout le corps vu que le système nerveux intervient dans la régulation du métabolisme à tous les niveaux, que ce soit au niveau de la digestion, du système endocrinien, du système immunitaire...
Les seules solutions proposées par la médecine allopathique conventionnelle à ces "troubles" sont des "médicaments" qui sur le long terme cessent d'être efficaces, voir aggravent l'état de santé de l'autiste. 
Que des familles et des autistes eux-même cherchent des solutions "alternatives" à ces troubles est leur droit le plus strict et oui, travailler sur l'hygiène de vie globale - inclus l'alimentation, permet de réduire ces troubles, ce qui peut sans doute donner la sensation de se "sortir de l'enfer". 
Ces troubles peuvent être la conséquence de carences (en minéraux, vitamines, oméga 3, etc), de dysbiose sévère (déséquilibre de la flore intestinale attestée par analyse de selles) et d'intolérances ou "sensibilités" alimentaires variées (certaines pouvant être attestées par analyses, d'autres pas, car les tests sanguins à disposition du "grand public" à l'heure actuelle ne sont pas forcément en mesure de dépister ces "intolérances" ou sensibilités et ce sont de grands spécialistes du sujet qui le disent, comme le Dr Alessio Fasano, spécialiste de la maladie coeliaque).
Carences, dysbiose, intolérances ou sensibilités alimentaires vont quasi systématiquement main dans la main et le système nerveux des autistes ne fonctionnant pas ex-nihilo, oui, il peut en être affecté, parfois très lourdement. 

Confondre l'autisme "profil neuropsychologique" avec les troubles qu'il peut entraîner est une erreur que font encore certainement beaucoup de parents et de professionnels de la santé. Il serait judicieux que les autistes ne fassent pas l'erreur inverse en assénant obstinément que l'autisme - même lorsqu'il est accompagnés de troubles physiologiques sévères, ne doit pas être "traités" mais juste accepté. 
Renoncer à dormir pendant des années ou regarder son enfant s'auto-mutiler au quotidien sans rien faire n'est pas une option acceptable, pour qui que ce soit. 

 Si bénéfices il y avait, cela se serait su. 

Il serait judicieux que les membres d'Aut'Créatifs daignent se pencher un tant soit peu sur les témoignages de parents qui ont mis en place des mesures "alternatives" (alimentation, chélation, complémentation...) et qui ont rapidement vu leur enfant accéder à un minimum de langage ou d’interactions sociales, sans forcément devenir non-autistes pour autant, mais reprenant la voie d'un meilleur développement cognitif.
Ces parents seraient-ils des affabulateurs? Les diagnostics d'autisme de leurs enfants seraient-il erronés? C'est possible. 
Reste que ces témoignages devraient au minimum être considérés avec respect, si ce n'est avec empathie. 

Or, ces diètes spéciales ne donnent que des résultats aléatoires, tout comme les innombrables autres pseudo-traitements de l’autisme. 

La population autistique est connue par tous les spécialistes du sujet pour son extrême hétérogénéité (ce qui rend très compliqué de mener à bien des études cliniques, les résultats étant forcément souvent à l'image de la population étudiée: hétérogènes). 
Certaines prise en charge comportementales/éducatives fonctionnent pour certains autistes et leur permettent de devenir capable de communiquer un minimum, alors que ces techniques échouent à aider d'autres autistes. Cela signifie-t-il que ces techniques soient bonne à jeter?
Vu l'hétérogénéité de la population autistique, il est NORMAL que certaines techniques "marchent" pour certains et pas pour d'autres. Cela n'en fait pas des techniques de charlatan mais des techniques qui fonctionnent pour certains et pas pour d'autres. Point. 

Au Québec, l’organisme le plus proactif en ce sens est Autisme Montréal, dont un communiqué a été récemment repris sur certaines tribunes. Nous signalons qu’Autisme Montréal (AM) n’est pas un organisme de personnes autistes.

Je signale que je suis autiste, que supprimer le gluten de mon alimentation m'a permis de découvrir la joie de vivre, de traiter mes comportements compulsifs (graphomanie, etc), de réduire drastiquement mes problèmes inflammatoires articulaires, que supprimer les laitages m'a permis d'améliorer mon immunité, que depuis que j'ai mis en place de grosses modifications de mon alimentation, mes niveaux d'anxiété ont considérablement chuté si bien que ma vie sociale s'en trouve grandement facilitée, et que oui changer d'alimentation est contraignant mais que de mon point de vue d'autiste, ça m'a changé la vie, en mille fois mieux! 
Et je suis loin d'être la seule adulte autiste à pouvoir faire ce genre de témoignage. Avec une meilleure alimentation, nous restons autistes mais nous devenons des autistes en bonne ou relativement bonne santé (le stress chronique que nous subissons depuis l'enfance reste somme toute une nuisance dont les conséquences physiologiques sont difficiles à effacer).
Par ailleurs, parler d'alimentation dans la communauté autiste génère tant de retours de flammes que beaucoup de parents mettent en place des "régimes" sans en parler à qui que ce soit, surtout pas sur les réseaux sociaux, vu qu'à la moindre mention du gluten ou des métaux lourds ils se font proprement insulter. 
Comment voulez-vous que l'information circule correctement dans un tel climat pour le moins "tendu"?

Année après année, AM répète avec rigidité un discours alarmiste inspiré des idées d’un institut privé états-unien – un institut «controversé», comme on dit pudiquement. 

Et année après année, on répond avec une aussi grande rigidité et mépris à ces discours, sans se donner la peine de se pencher deux secondes sur les éventuelles recherches qui pourraient étayer, expliquer ce que ces instituts avancent.
Par exemple, le fait que les autistes aient globalement une flore intestinale "différente" et souvent "altérée" (on parle de "dysbiose") est attesté par la recherche. La flore intestinale des autistes est celle qui fait l'objet du plus grand nombre d'études. Ce n'est pas moi qui le dis mais un psychiatre et chercheur français, Guillaume Fond: "C’est dans le domaine de l’autisme que les dysbioses sont le mieux documentées" (article publié dans Le Monde "La psychomicrobiotique, à la croisée du cerveau et de l’intestin" - LE MONDE SCIENCE ET TECHNO, 14.07.2015, Par Sandrine Cabut).
Et il se trouve que la flore intestinale - de son petit nom scientifique "microbiote" intestinal, via une multitude de voies métaboliques, est capable d'influencer le fonctionnement de tout le corps, y compris du cerveau (et inversement le cerveau influence probablement le microbiote).
Et cela n'est qu'un minuscule aperçu de la masse d'information qui existe en matière de recherche médicale dans le domaine de l'autisme: on pourrait aussi parler de méthylation, de stress oxydatif, de glutathion... Mais cette information, encore faut-il daigner s'y intéresser pour savoir qu'elle existe. 
Si on ne lit rien en la matière, alors rien n'existe en la matière. Logique implacable.

AM prétend ainsi que l’autisme est un ensemble de symptômes causés par un empoisonnement à des «toxines». 

Affirmer une telle chose est soit de l'ignorance soit purement mensonger. J'ose espérer qu'il ne s'agit que de la première option, couplée à la "radicalité" expéditive typique des autistes.  
On peut lire sur le site d'Autisme Montréal: "Chaque enfant autiste est différent, il naît ou devient autiste à cause d’une conjonction de facteurs génétiques et environnementaux." 
Autisme Montréal ne fait que répercuter ce que tous les chercheurs du domaine répètent dans toutes leurs publications depuis plusieurs années déjà: l'autisme est le résultat d'une association de causes génétiques et environnementales. Une autre façon de le dire est qu'il ne suffit pas d'avoir des gènes prédisposant à l'autisme pour être autiste: des facteurs environnementaux et épigénétiques interviennent aussi dans l'histoire. Ces facteurs jouent sur l'expression ou le "silence" de nos gènes.
Il faut soit n'avoir jamais lu aucun livre sur l'autisme pour l'ignorer soit faire preuve d'une volonté de nier ce qu'affirme la science. 
Pour citer le Dr Gepner, un des spécialistes français de l'autisme, "les facteurs de risques génétiques sont très importants dans la pathogenèse des TED. Cependant (...), de nombreux facteurs environnementaux contribuent également à la pathogenèse des TED, soit par toxicité directe sur le système nerveux central du foetus ou du bébé, soit au travers de mécanismes épigénétiques. (...) Ces facteurs de risque environnementaux sont essentiellement de nature chimique, infectieuse, anoxique." (dans "Autismes, ralentir le monde extérieur, calmer le monde intérieur", Ed. Odile Jacob, 2014, page 35-36).

Cette thèse ne repose sur aucune démonstration scientifique indépendante. Le mot toxine a d’ailleurs le dos large. Il désigne à la fois pesticides, métaux lourds et autres produits effectivement toxiques, 

Et ces toxiques, qu'ils soient transmis à l'enfant pendant la gestation et/ou que l'enfant entre en contact avec eux durant sa croissance, ces toxiques font parti des facteurs environnementaux/épigénétiques dont parlent encore une fois les chercheurs dans leurs publications (qui n'existent visiblement que pour ceux qui daignent les lire). Ces toxiques sont connus pour être neurotoxiques. Même s'ils ne provoquent pas l'autisme directement, ils peuvent "aggraver" la condition des autistes (et des non-autistes) et faire la chasse à ces toxiques serait juste une mesure de santé publique de pur bon sens. 

mais aussi quantité d’aliments consommés depuis des millénaires comme, par exemple, plusieurs céréales (celles contenant naturellement du gluten mais aussi le maïs qui n’en contient pas),

L'être humain a évolué pendant des centaines de milliers d'années sans gluten. Les céréales n'ont rien de vital et elles ne sont devenues prédominantes dans notre alimentation que depuis environ dix mille ans, c'est à dire depuis "hier", proportionnellement aux centaines de milliers d'années pendant lesquelles l'être humain à évolué. Et les céréales consommées aujourd'hui (que ce soit le blé ou le maïs) n'ont génétiquement plus grand chose à voir avec leurs ancêtres d'il y a dix milles ans.
Les céréales contiennent toutes des protéines de la famille du gluten (famille des prolamines), que ce soit le maïs ou même le riz. Et le gluten n'est pas la seule molécule présente dans les céréales susceptible de poser problème au système digestif humain (on parle aussi de plus en plus des lectines). 
Le gluten n'est tout simplement pas digéré par les êtres humains (nous n'avons pas les enzymes pour le digérer, c'est encore le spécialiste de la maladie coeliaque, le Dr Fasano qui le dit). Il peut éventuellement être digéré par notre flore intestinale, mais quand elle est "saine".
Si une personne se nourrit très majoritairement de pâtes, de pain... (comme beaucoup d'autistes), la flore ne pourra tout simplement pas être saine vu qu'elle a besoin de fruits et légumes pour être en bonne santé. Et le gluten pourra alors poser problème, puisqu'il a la capacité de disjoindre les jonctions serrées des cellules de la paroi intestinale, rendant ainsi l'intestin "poreux" (on parle d'hyperperméabilité) et enflammé, et l'inflammation intestinale peut se propager au système nerveux central et y créer des dysfonctionnement comme l'anxiété et la dépression (les "comorbidités" les plus fréquentes chez les autistes)... Car oui, ces troubles soit disant "mentaux" s'avèrent être des troubles inflammatoires et encore une fois il suffit de se pencher deux secondes sur la recherche actuelle en matière de neuroimmunologie pour s'en rendre compte (pour + de détails on peut par exemple faire une recherche sur le site "pubmed" avec les mots clés "depression inflammation")
C'est ce qu'explique de nombreux chercheurs, encore une fois comme le Dr Fasano, dont j'avoue être une grande fan. Et ce monsieur est loin d'être un petit médecin de campagne qui fait ses expériences dans son garage. Je ne vais pas citer son CV, cet article est déjà assez long comme ça. 
Le dernier article publié sur ce blog, ici même, fait aussi référence au lien entre inflammation et symptômes "psy"/mentaux: Charbon et mania bipolaire.
Pardon mais le gluten est un de mes "intérêts restreints" depuis plus de trois ans donc si vous avez des questions sur le sujet, n'hésitez pas!

les produits laitiers avec lactose (qu’ils contiennent naturellement),

Hum. Dans le domaine de l'autisme, il est souvent question du régime sans gluten et sans "caséine", pas "sans lactose".
La caséine est une protéine et ce sont les protéines (comme le gluten ou encore les protéines du soja, des fruits à coque...) qui sont susceptibles de poser problème au système immunitaire (de provoquer non seulement des allergies chez certains mais aussi d'entretenir une inflammation "à bas bruit", voir des maladies auto-immunes chez bien plus de gens) lorsque l'intestin est "poreux" et qu'il laisse passer des fragments d'aliments non digérés.

les levures, le sucre, les fruits et légumes non biologiques, etc., la liste est longue. Affirmer que ces aliments sont des toxines relève carrément de l’imposture scientifique

Le sucre et toutes les céréales raffinées, qui sont des sortes de sucre (leur index glycémique, c'est à dire leur capacité à stimuler la sécrétion d'insuline, est quasi similaire au sucre blanc), ont - entre autre, des effets délétères sur la glycémie et donc sur le développement du diabète, de l'obésité, etc... C'est en partie en ce sens qu'ils sont nocifs (entre autre pour le pancréas). Une alimentation riche en sucre et céréales a tendance à déséquilibrer la glycémie, à provoquer des hypoglycémies réactionnelles (une surdose de sucre provoque une surdose d'insuline, et conséquemment une soudaine chute de glycémie), et un autiste dont le cerveau manque de sucre (quand il y a hypoglycémie) est un autiste fort susceptible de déclencher de gros troubles du comportement (agitation, désorientation, crise d'angoisse, irritabilité, voir agressivité).
Les "fruits et légumes non-biologiques", quant à eux, sont imbibés de pesticides, les associations de consommateurs sont bien au courant et je me demande qui pourrait avoir le culot d'affirmer qu'un pesticide est bon pour la santé de qui que ce soit. Les agriculteurs qui en ont fait longtemps l'usage et qui développent plus de cancers que la moyenne trouveraient sûrement beaucoup à dire sur le sujet. 
Par ailleurs, plus en lien avec l'autisme: 
“Until about five years ago, virtually all research on autism assumed that the disease was entirely genetic in origin, and that environmental exposures did not play a role,” says Robert Wright, director of the Division of Environmental Health at Mount Sinai School of Medicine, who was not involved in the research. “Rising rates of autism and failure to find genetic causes despite a multitude of very large genetic studies has led to a major shift in focus in the field. … These chemicals are a solid lead that needs to be followed.” In Pesticides and Autism Spectrum Disorders: New Findings from the CHARGE Study -- By David C. Holzman -- Environ Health Perspect. 2014 Oct; 122(10): A280. -- Published online 2014 Oct.

Pour ceux qui ne parlent pas anglais, il existe des traducteurs en ligne, mais pour traduire en bref: ceux qui répètent en boucle que l'autisme est uniquement génétique ont six ans de retard sur la science. 

On brandi alors l’exemple de telle personne qui aurait été ainsi «guérie». Évidemment, il existe des maladies digestives, des allergies et intolérances alimentaires. La maladie cœliaque, par exemple, peut présenter des symptômes ressemblant superficiellement à certains traits autistiques. Ces problèmes de santé peuvent être sérieux et il importe d’y voir.

Puisque la génétique ne fait pas tout, que l'épigénétique est aussi à prendre en compte, et qu'il ne suffit pas d'avoir des gènes prédisposant à l'autisme pour être autiste, alors cela signifie qu'une personne "exprimant" les gênes de l'autisme à tel moment de son développement pourrait cesser d'exprimer toute ou partie de ces gênes à tel autre moment de son développement. 
On pourrait aussi bien postuler qu'un enfant ayant commencé à exprimer une foultitude de gènes de l'autisme dès avant la naissance, pourrait voir son développement neurologique toute fois modifié par des mesures visant à modifier l'expression de ces gênes, si ces mesures étaient mise en place dès les tous premiers mois/années de la vie, mais que la "plasticité" neurologique n'étant pas infinie, de telles mesures pourraient ne pas avoir le même effet sur un autiste adulte.
J'ai beau me sentir une âme d'"avocate" de la neurodiversité et de l'autisme en tant que "profil neuropsychologique" pouvant avoir existé dès l'aube de l'humanité, formuler ce genre d'hypothèse basée sur l'épigénétique ne me semble pas si farfelu que ça. Même Rudy Simone, après avoir mis en place de gros changements dans son mode de vie et son alimentation, a affirmé il n'y a pas si longtemps ne plus s'identifier à l'autisme... Mais peut-être son diagnostic était-il tout simplement erroné, ou peut-être confond-elle aussi autisme et troubles liés à l'autisme?

Pour ce qui est de la maladie coeliaque, elle peut en effet être accompagnée de symptômes neurologiques (épilepsie...), neuropsychologiques (anxiété, dépression...), voir neurodégénératifs. Mais elle n'est pas la seule dans ce cas: la sensibilité au gluten non-coeliaque peut aussi s'accompagner de toute une cohorte de symptômes "neuro-psy" similaires, pouvant aller jusqu'aux hallucinations (voir l'article "Gluten et hallucinations").
Les autistes n'étant pas à l'abri de développer des troubles de ce type, il serait bon d'améliorer l'accès à l'information sur ce sujet plutôt que de le dénigrer sans cesse.
Il n'existe à ce jour pas de tests biologiques permettant de dépister la sensibilité au gluten non-coeliaque, du moins pas via les tests "grands public" connus des médecins généralistes.
Le test de dépistage le plus fiable (après s'être assuré de l'absence d'une maladie coeliaque) est l'éviction des céréales les plus riches en gluten (blé, orge, seigle, kamut, épautre, avoine) pendant 3 mois, de préférence en les remplaçant par du sarrasin, quinoa, pomme de terre, riz basmati, fruits et légumes, plutôt que par des aliments estampillés "sans gluten" mais plein d'additifs et de produits extrêmement raffinés/transformés (mauvais pour la santé). S'il y a amélioration des symptômes, quels qu'ils soient (neuro, psycho, articulaires, digestifs...), alors la sensibilité au gluten non-coeliaque est attestée. 

Mais avant de chambarder son alimentation (ce qui peut aussi entraîner des problèmes de santé), la personne doit passer des tests pour savoir ce qui en est vraiment. 

Encore une fois, les tests actuels de dépistages des sensibilités/intolérances alimentaires ne sont pas fiables à 100%. 
Et chambarder notre alimentation peut être fait de différentes façons. 
Avoir une alimentation hyper restrictive, comme c'est le cas de nombreux enfants autistes est nocif au bon développement neurologique et à la santé en général, qu'on soit autiste ou pas.
Remplacer les céréales et les laitages par des fruits et légumes de qualité, pour qui s'y connait un minimum en nutrition, apparaît comme une mesure pleine de bon sens. Les céréales et les laitages, surtout tels qu'ils sont consommés actuellement (raffinés, transformés, dénaturés, pauvres en micro-nutriments, en anti-oxydants, etc), n'ayant que très peu d'intérêt, voir aucun intérêt nutritionnel.
Se diriger progressivement, à son rythme, vers une alimentation riche en fruits et légumes de qualité (bio, n'en déplaisent aux fans des pesticides), en bonnes graisses (huile bio de colza, olive, coco...), en légumes-racines, sarrasin, viande de qualité, autrement dit s'éloigner du régime "occidental" (en anglais le "Western diet") et se tourner vers une alimentation de type "paléo" (pauvre en aliments industriels, riche en aliments "bruts" et frais) est une mesure hygiéno-diététique qui peut être bénéfique à tous, autistes et non-autistes.
Les rigidités alimentaires des autistes sont sources de malnutrition, de carences, et certaines de ces carences peuvent même aggraver ces rigidités alimentaires (puisque les vitamines, les minéraux, les fibres... sont indispensables au bon fonctionnement du système nerveux et du microbiote, qui déterminent nos envies alimentaires). 
Les méthodes de type ABA peuvent aussi aider à "traiter" ces rigidités qui sont bel et bien un problème de santé pour les autistes.  
Et les plantes, surtout les légumes verts, sont riches en calcium, un calcium bien plus assimilable que celui du lait. Aucun mammifère n'a besoin de consommer du lait, sous une forme ou une autre, après avoir été sevré. Le lait c'est pour les bébés!

Présentement, on laisse plutôt entendre que toute personne autiste gagnera à suivre une diète spéciale, en amalgamant des réalités sans liens et en généralisant à partir de cas particuliers mal documentés et non vérifiables. Pour la grande majorité, ce sera parfaitement inutile. Certains ont d’ailleurs abandonné, sans éprouver de problème.

Il est intéressant de noter que "certains ont abandonné sans éprouver de problème" et que cela vaut pour preuve que tout cela ne sert à rien alors que les témoignages de ceux qui racontent avoir vu des améliorations, eux, sont déclarés comme nuls et non avenus... Bel exemple d'objectivité, vraiment (ceci était un sarcasme). 
Et en tant qu'autiste passionnée par la nutrition, j'affirme en effet que toute personne - autiste ou pas, aura intérêt à suivre une "diète" ou alimentation "spéciale", c'est à dire riche en fruits et légumes de qualité, en bonnes graisses, en légumes-racines et sarrasin, sans gluten, sans laitages et avec aussi peu que possible d'aliments industriels/raffinés.
Se nourrir correctement, avec des aliments riche en micro-nutriments (vitamines, minéraux, anti-oxydants, oligo-éléments) est bénéfique pour tous.
Se nourrir exclusivement de pâtes, de yaourts, de hamburger, de chips, et ne jamais voir la queue d'une pomme ou d'une banane dans sa cuisine est délétère pour tous. C'est le B.A.BA. de la nutrition.

Ces idées douteuses contribuent à l’infantilisation de la personne autiste et l’éloignent d’une saine estime de soi.

Personnellement mon but dans la vie est d'aider les gens à s'épanouir, de les responsabiliser et de les informer sur leur santé. D'où la longueur de ce texte. Et la science sur laquelle je base mes propos n'est pas douteuse. C'est de la science. Point.
Améliorer notre alimentation nous aide à mieux nous épanouir, à nous sentir mieux dans nos baskets, à combattre l'anxiété et la dépression, donc à nous affirmer. S'informer sur la nutrition est un moyen de s'émanciper, de se cultiver, de s'instruire, de mourir moins bête et surtout de vivre en meilleur santé, qu'on soit autiste ou pas. 

Selon nous, l’autisme est une structure particulière de la pensée qu’il s’agit de comprendre et de valoriser. 

Idem.

Il faut enfin passer du curatif (l’autisme maladie) vers l’éducatif (l’autisme potentiel à développer) : favoriser l’épanouissement et l’inclusion, plutôt que mettre sur une voie de service en attendant des cures miracles qui n’arrivent jamais.

Tout autiste (et non autiste) aura mille fois plus de facilités à développer son plein potentiel s'il se nourrit correctement et une alimentation restrictive basée essentiellement sur les céréales et les laitages, comme l'est celle de nombreux autistes, est l'anti-thèse d'une alimentation saine propice au bon développement cognitif et psycho-émotionnel de l'être humain.

Pour résumer mon point de vue : 

Les techniques éducatives seules =  développement décent. 

Les techniques éducatives + une alimentation saine + un environnement non pollué et sensoriellement adapté + un mode de vie sain (sport, activité au grand air, oxygénation...) + techniques de gestion du stress (relaxation, yoga...) + soutien psycho-affectif = développement optimal.



Quelques liens pour aller plus loin: 
-Une présentation en vidéo par le Dr Fasano, sur le lien entre autisme, intestin, gluten... et cerveau: 
- Gluten sensitivity presenting as a neuropsychiatric disorder
-Présentation PDF sur la maladie coeliaque et la sensibilité au gluten, par le Dr Bruno Bonaz, gastroentérologue et chercheur français (Grenoble), et qui apparaît aussi dans le documentaire de la chaine TV ARTE: "le ventre, notre deuxième cerveau".
- Qu'est-ce que vaut le "western diet" en matière de santé mentale?! Un article qui présente brièvement le lien entre Nutrition et santé mentale, selon une psychologue, chercheuse, qui étudie le sujet depuis une dizaine d'années. 
- Livre: 
Autism Revolution, du Dr Martha Herbert.
GAPS, du Dr Natacha Campbell McBride.

mardi 17 novembre 2015

Charbon et mania bipolaire

Sur son blog (ici), le Docteur Kelly Brogan, psychiatre "holistique" américaine, raconte comment un épisode de "mania" survenu 15 jours après une intervention de bypass gastrique a été traité avec du charbon activé... ou comment démontrer qu'un problème gastro-intestinal peut avoir pour symptômes des "troubles mentaux" sévères.

Et je le répète: le jour où un psychiatre ou un psychologue français tiendra publiquement ce genre de propos, je fais péter le champagne!!! AH MAIS PARDON L'ARTICLE EST ECRIT PAR UNE EQUIPE DE MÉDECINS FRANÇAIS/TRAVAILLANT EN FRANCE, VA FALLOIR QUE J'AILLE M'ACHETER DU CHAMPAGNE DIS DONC!!!!
Quoi que ces chercheurs français n'en sont pas encore à tenir ce genre de propos en français - que je sache, et qui plus est leur texte est publié dans une revue de l'autre bout du monde: "Australian and New Zealand journal of psychiatry" (ils ont peur de se faire sucrer leur financements s'ils publient ça en France ou bien?!), donc l'info reste purement et simplement inaccessible et donc "inexistante" pour la plupart des français quiches en anglais, c'est bien dommage.

On peut accéder à la publication entière gratuitement ICI. Les auteurs sont les Dr Hamdani, Boukouaci, Hallouche, Charon, Krishnamoorthy, Marion Leboyer, Tamouza.

Il s'agit du cas d'une patiente ayant eu un bypass gastrique ("subtotal gastrectomy") pour traiter une obésité morbide, sans aucun antécédent familial psychiatrique. Elle est hospitalisée pour un premier épisode "maniaque" ("inaugural episode of mania") 15 jours après son opération.
Symptômes: agitation, irritabilité, logorrhée, dépenses inconsidérées, pensée délirante, hallucinations.
L'examen neurologique est normal: pas d'encéphalopathie ni syndrome de Wernicke-Korsakoff.
Les taux de vitamine D, B, folate et zinc sont normaux, excluant un syndrome de carence post-gatrectomie... AH BON PARCE QUE DES CARENCES EN VITAMINES ET MINÉRAUX PEUVENT PROVOQUER DES SYMPTOMES "PSY"???AH BON MAIS JE NE SAVAIS PAS DU TOUT DU TOUT!!!!!! (pardon, fin de sarcasme-zone).

Je cite et traduis la publication:

"Il existe des preuves solides que les troubles bipolaires peuvent être associés à un tableau immuno-inflammatoire anormal (Goldstein et al. 2009), ainsi, nous avons suspecté que cet épisode maniaque survenant peu de temps après la gastrectomie pouvait avoir été provoqué par une altération du microbiote intestinal et un dysfonctionnement de la barrière intestinale (Collins et Bercik, 2009).
En conséquence, nous avons émis l'hypothèse que du charbon activé, un puissant adsorbant des cytokines inflammatoires (Howell et al., 2006) qui neutralise l'effet des médiateurs inflammatoires dans l'intestin, pourrait améliorer et l'inflammation systémique et les symptômes maniaques.
Après avoir obtenu un consentement écrit, nous avons prélevé des échantillons pour analyse immuno-inflammatoire et prescrit 1g/jour de charbon activé (..), sans ajout d'aucun traitement antipsychotique.
Les marqueurs suivant furent analysés avant traitement et confirmèrent une inflammation sévère (pardon je ne traduis pas tous les termes médicaux):
- (a) circulating proinflammatory cytokines (tumour necrosis factor [TNF-D], interleukin [IL]-6, IL-1E and IL-17) and chemokines (IL-8, macrophage inflammatory protein [MIP]-1D and MIP-1E);
- (b) soluble CD14 isoform (Presepsin®, sCD14- subtype), a pattern recognition receptor that senses and reacts to lipopolysaccharide (LPS) and an inflammation process inducer produced by the commensal gut microflora (Gram-negative bacteria);
- (c) immunoglobulin-A (IgA) that is directed against mucosal microbiota (Tlaskalová-Hogenová et al., 2004);
- (d) monocyte chemoattractant protein 1 (MCP-1), a key regulator of the immune cells involved in inflammatory processes.

15 jours après le début du traitement, la patiente devint asymptomatique. L'amélioration des symptômes maniaques fut considérable et persista durant tout le suivi (4 puis 8 mois), durant lequel le même traitement fut maintenu: charbon activé et aucun anti-psychotique. Parallèlement, les marqueurs de l'inflammation sont progressivement revenus à la normale.

Dans le cas présent, une perturbation sévère de l'équilibre des micro-organismes commensaux après la gastrectomie a pu mener à un orage de cytokines pro-inflammatoires, les médiateurs de l'inflammation ont pu être absorbés par le charbon activé, réduisant ainsi le transfert de cytokines des intestins ver la circulation sanguine générale et donc vers le cerveau.

A notre connaissance, il s'agit de la première preuve sans ambiguïté de l'efficacité d'un traitement non-psychotrope pour un épisode maniaque ciblant l'axe intestin-cerveau (...)."

L'article a été publié par une équipe de chercheurs travaillant en  France en juillet 2015. 
Et est-ce que les psychiatres français sont au courant? 
Est-ce qu'ils ont commencé à prescrire du charbon activé à leur patients "bipolaires"/psychotiques ou bien va encore falloir attendre 40 ans que la médecine française se mette à la page de la science?!


lundi 9 novembre 2015

Psychanalyse, appel à témoignage

Sophie Robert, réalisatrice du documentaire "Le Mur" et de l'émission "Les déconvertis de la psychanalyse" (entre autres) a passé hier un appel à témoins via son profil facebook:

"Bonjour à toutes et tous,
Dans le cadre de mon travail sur la psychanalyse, je recherche les témoignages d'étudiants en psycho, ou de jeunes psychologues, sur le contenu psychanalytique de leurs cours (propos abracadabrantesques des profs) avec des traces écrites : cours de fac, intitulés et corrigés de TD, manuels recommandés).
Je prends les formations du médico-social également (IRTS, IFSI, formations de psychomotriciens, etc.).
Bien sur pour les étudiants en cours de formation, tout sera anonymisé. Aucun soucis. Contacts en MP bienvenue et merci!"

mercredi 4 novembre 2015

Nutrition et santé mentale

Traduction/résumé de quelques extraits d'une conférence donnée par Julia Rucklidge - professeur et chercheuse en psychologie clinique (Nouvelle-Zélande), sur l'importance de la nutrition dans la prévention et le traitement des maladies mentales.

Pour rappel, les "comorbidités" les plus fréquentes de l'autisme (trouble neurologique) sont les troubles anxieux et la dépression (troubles "mentaux").
Il n'est pas rare que des autistes (même des enfants) aient des prescriptions pour des neuroleptiques ou de la ritaline et ce pour "traiter" des troubles du comportement et de l'attention.

Le jour où des psychologues et psychiatres français tiendront publiquement des conférences de ce genre, je fais péter le champagne!





En intro, présentation d'études qui montrent que, dans le traitement des maladies mentales, les médicaments apportent une amélioration à court terme et peuvent sauver des vie (quand il y a risque de suicide et/ou agressivité), mais ils cessent de fonctionner sur le long terme, ils ne "soignent" pas (ils atténuent les symptômes mais la pathologie persiste), ils n'empêchent pas l'aggravation des pathologies (qui deviennent handicapantes) et peuvent même induire une dégradation de l'état de santé général des patients traités.
Ces médicaments ne fonctionnent pas mieux qu'il y a 50 ans.

Puis cette psychologue explique que durant ses études on lui a enseigné que seuls les médicaments et la psychothérapie peuvent "soigner" les maladies mentales, que la nutrition était d'une importance négligeable ... Mais elle a passé les 10 dernières années à s'y intéresser quand même!

En 2009, elle a mené une étude (en "double aveugle") visant à évaluer l'efficacité d'une supplémentation en micronutriments dans le cas des troubles de l'attention avec hyperactivité chez l'adulte (ADHD). La supplémentation incluait 36 micronutriments, à des doses supérieures à celles des produits trouvés dans le commerce. Les résultats de l'étude ont été publié en avril 2014 dans la revue "British Journal of Psychiatry". Sur une période de 8 semaines, les personnes prenant les suppléments virent leurs symptômes s'améliorer (attention, hyperactivité et humeur).
Le labo de Julia Rucklidge a publié plus de 20 autres études allant dans ce sens (études sur l'effet des micronutriments dans les troubles bipolaires chez l'enfant ou la survenue des stress post-traumatique après un tremblement de terre...).

"Pour moi, dit-elle, le message est clair: un corps et un cerveau bien nourris sont mieux à même de résister au stress et de guérir. Donner des micronutriments à des doses appropriées peut être une mesure efficace et peu coûteuse de santé publique afin d'améliorer la santé mentale d'une population après une catastrophe environnementale.

(...) Durant les 5 dernières années, il y a eu 11 études épidémiologiques, sur de larges populations, montrant la même chose: plus vous avez une alimentation prudente, de type méditerranéenne, non-raffinée/transformée, plus votre risque de dépression diminue. Et plus vous avez une alimentation occidentale ou transformée/raffinée/industrielle, plus vos risques de dépression augmentent. Aucune étude ne montre que le "régime occidental" soit bon pour la santé mentale!!
Qu'est-ce que le régime occidental? Un régime riche en aliments transformés, industriels, en céréales raffinées, en boissons sucrées, plats à emporter, et pauvre en produits frais. Et un régime bon pour la santé est riche en produits frais, en fruits et légumes, en poisson, noix, huiles de bonne qualité, et pauvre en aliments transformés/industriels, autrement dit riche en ce que votre grand-mère considérerait comme de la nourriture!
Il y a encore de nombreuses questions sur la relation entre la santé mentale et la nutrition: quelle rôle joue la génétique? (...) Quel rôle joue un intestin infecté et enflammé dans l'assimilation des nutriments: nous ne sommes pas ce qu'on mange mais ce qu'on assimile!
La nutrition compte! Et si nous sommes vraiment prêt à nous occuper sérieusement de la santé mentale, nous devons considérer sérieusement le rôle crucial que joue la nutrition."

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"My education in clinical psychology has taught me that nutrition and diet were of trivial significance for mental health and that only drugs and psychotherapy could treat these serious conditions [depression, bipolar disorder, shizophreny...]."
2009: ran a randomised placebo controled trial with vitamins and minerlas [a total of 36 micronutrients, in higher doses than what can be found "over the counter] for the treatment in ADHD in adults. Published in the British Journal pf Psychiatry, April 2014. Over an 8 weels period, twice as many people responded in the micronutrients group [in their ADHD symptoms] compared to placebo.
Twice as many people went into remission in their depression in the micronutrient group. Hyperactivity and impuslivity reduced to normal non-clinical range (...)."
"To me the message is clear: a well nourished body and brain is better able to withstand ungoing stress and recover from illness. Giving micronutrients in appropriate doses can be an effective and unexpensive public health intervention to improve mental health of a population following an environmental catastrophe. (...)
In the last five years, there have been 11 epidemiological studies cross sesctionnaly and longitudinully, in large population, around the world, all showing the same thing: the more you eat a prudent or mediterranean diet, unprossessed type of diet, the lower your risk for depression and the more you eat the western diet or processed food, the higher your risk for depression. (...) Not a single study shows that the western diet is good for our mental health!
What is the western diet? It's one that is heavily processed, high in refined grains, sugary drinks, take aways and low in fresh products and a healthy diet is one that is fresh, high in fruits and veggetables, high in fish, nuts, healthy fats, and low in processed foods, what your grandmother would recognize as "food".
There are still many questions remaining about the relationship between mental health and nutrition: what role do genetics play? (...) What role does an infected inflammed gut play in the absorption of nutrients: it not "we are is what we eat", it's "we are is what we absorb!".
(...) Nutrition matters! And if we're really ready to get serious about mental health, we need to get serious about the critical role played by nutrition."


samedi 17 octobre 2015

Cursus en hiatus

Depuis quelques jours je ne suis techniquement plus étudiante en naturopathie, étant donné que l'institut ou j'étais inscrite a déposé le bilan.
Avec les élèves de ma promo, nous étions à 3 mois de passer notre examen final, celui qui était censé nous donner accès au diplôme de "praticien de santé naturopathe".
J'ai mes attestations de "validation des acquis" de première et de deuxième année de formation, j'ai effectué les 3/4 de ma troisième année et boum big badaboum, ça s'arrête là.
Ou pas.
Il va peut-être être possible de "rattraper" quelques journées de cours grâce à des formateurs qui auront peut-être l'extrême générosité de nous faire cours gratuitement, ou pas, et il sera peut-être possible de faire valider ceci cela, ou pas, et de passer malgré tout un examen, ou pas, et je vous fais grâce de tous les autres "peut-être par-ci" et "peut-être par là", étant donné que j'en ai perdu le compte moi-même.

Ce que je sais, c'est que certaines personnes pratiquent l'activité de "coach en nutrition" ou de "naturopathe" ou de "nutrithérapeute" sans avoir le diplôme de naturopathe ni celui de nutritionniste, que certains ont bien tel diplôme mais qu'ils l'ont obtenu "seulement" par correspondance (j'ai bien passé mon Bac comme ça, élève au CNED) ou bien ils ont effectué juste un morceau de telle formation et se présentent tout de même comme s'ils l'avaient faite en entier, un peu "au culot", et à partir du moment où ils sont compétents, tout le monde est content quand même.
Ce que je sais, c'est que des labos pharmaceutiques très sérieux organisent des expéditions en Amazonie pour aller demander à des guérisseurs locaux sans aucun "diplôme" - qui n'ont même pas de "cabinet" ni de numéro SIRET ni rien, bref..., pour leur demander de leur montrer quelles sont les plantes dont ils se servent.
Ce que je sais, c'est que des médecins français dûment diplômés et tout fraîchement sortis de leur école de médecine - ou pire, avec 30 ans d'expérience, se plaisent à expliquer que l'autisme est une psychose.

Un diplôme ou son absence, au final, ne sont une garantie de rien du tout.
Soit je m'adapte et me range à cette idée, soit je nie toutes les connaissances et les compétences que j'ai acquises durant ces quasi 3 années et ce serait un peu me nier moi-même, ce serait un chouilla violent.
Soit je me range à l'idée que je "vaux" bien quelque chose malgré tout, même sans diplôme, soit je retourne faire de l'aide à domicile 15 heures par semaine pour 8 euros de l'heure et un abonnement chez le kiné en prime (parce qu'aide à domicile, c'est du sport, disons).

Jusque là, je répétais à tous les gens qui me demandaient des renseignements sur la naturopathie que tous les naturopathes ne se valent pas, qu'il faut aller voir des naturopathes "diplômés".
Je m'attendais à ce que - à la fin de mes études chèrement payées (sur tous les plans: financiers, personnel, en terme d'énergie, de temps, etc), je puisse passer un examen, faire preuve de mes connaissances et de mes compétences devant mes "paires", et hop! Diplôme, reconnaissance, validation, feu vert, go go go!

Là il va falloir que je fasse sans, autrement dit, au culot.
J'ai déjà fait beaucoup de choses au culot dans ma vie, mais quand même, ça, ça va être un gros morceau.
Aller faire des photos de concert punk dans des bars bondés, prêter de l'argent à des rockeurs pour qu'ils enregistrent leur premier album, poster en ligne sous ma véritable identité des nouvelles "érotiques et terrifiantes" (pour citer un lecteur) et des autoportraits nus (mais "pudiques" quand même, hein), poster des vidéos (habillées) sur différents thèmes, dont celui de mon parcours diagnostic d'autiste alors que je vis dans un pays où l'autisme est encore largement vu comme une maladie "mentale"...
A chaque fois beaucoup de culot, quoi que pas seulement du culot, du "jusqu'auboutisme": aussi beaucoup d'inconscience, de naïveté, d'innocence, de confiance parfois très mal placée, pour des résultats toujours plus ou moins improbables, bien que, ma foi, concrets.

Les photos de concerts dans les bars (et ailleurs): grosses progression de mes habiletés sociales et disparition de ma phobie sociale.
Le prêt pour l'enregistrement d'un album: un de mes albums préférés "sorti" en CD pour de vrai.
Les nouvelles et les photos "olé olé": exploration, affirmation, construction et consolidation de mon identité d'être humain sexué, sensible, passionné et féminin.
Les vidéos: en trois ans, des dizaines de mails de gens m'adressant leur témoignages, leurs questions, leurs demandes de conseil, leurs encouragement, leur soutien.

Il y a quelques jours, je me suis inscrite à une nouvelle formation, j'ai envoyé le chèque d'arrhes avec le bulletin d'inscription, au moment même où je commence à voir le fond de mes économies et où je suis chômeuse en "fin de droit" sans plus aucun revenu. C'est une formation à l'accompagnement sensuel et/ou sexuel organisé par l'association APPAS (Association Pour la Promotion de l'Accompagnement Sexuel des personnes handicapées, http://www.appas-asso.fr/).
Et non seulement je m'y inscris mais en plus j'en parle.
Encore du "culot"...

Je n'ai pas encore décidé de ce que je vais inscrire sur mes cartes de visite. Le choix du "titre", de la "fonction" évoluera peut-être au fil des mois et de la pratique. Je tâtonnerai peut-être un peu. Ce sera peut-être "coach en hygiène de vie" ou "naturo-hygiéniste".
Sur les cartes de visite, en tout cas, il y aura "Membre de l'association Alliance Autiste".
Peut-être que dans quelques mois j'ajouterai "Membre de l'association APPAS"...
On verra...

En tout cas si les gens qui connaissent le sujet de l'autisme et qui répètent volontiers que les autistes sont capable de développer des compétences réelles dans le domaine de leurs intérêts restreints, je les attends au tournant et je ne manquerai pas de les prendre au pied de la lettre, en bonne autiste qui a du mal à comprendre les "à peu près" et les "petits arrangements" avec la vérité.

Je compte finir de rédiger mon mémoire sur la prise en charge naturopathique de l'autisme et le mettre en ligne aux alentours de la mi-janvier, histoire que chacun puisse se faire - en toute autonomie, sa propre opinion de ce que j'ai dans le crâne.

J'ai mon numéro SIRET d'auto-entrepreneur, il me reste à prendre une assurance responsabilité civile professionnelle, et hop là, il faudra que je me "lance", ne serait-ce que pour pouvoir payer ma prochaine formation...

En bonne "pro", je compte bien faire en sorte que, d'une façon ou d'une autre, la formation continue.






dimanche 11 octobre 2015

Les déconvertis de la psychanalyse

Emission de plateau, par Sophie Robert (mise en ligne le 10 octobre 2015 sur Dragon Bleu TV).

Pour ceux qui seraient pressés et n'auraient pas le temps de regarder une vidéo d'1h20, je partage ici quelques notes prises en écoutant l'émission; je me suis permis quelques commentaires entre crochets: NtlT, "Note de la Transcriptrice"!

Avec Mikkel Borch-Jacobsen, Jean-Pierre Ledru, Stuart Schneiderman, Jacques Van Rillaer.



LES DECONVERTIS DE LA PSYCHANALYSE par dragonbleutv

- - -
[Quelques psychanalystes connus: Freud, Lacan, Dolto..., et quasi tous les "psy" en poste dans les médias (télé, journaux, magasines féminins...)]

Une chose qui est particulièrement mauvaise, c'est la rumination indéfinie et la co-rumination (avec le psychanalyste).

La psychanalyse est comme un culte (l'unique but de la "cure": convertir, pas guérir), c'est ce que tout le monde a vu aux Etats-Unis (qui avait déjà l'expérience de la scientologie).

Psychanalyser la phobie, ça l'enracine.

La philosophie de Lacan: "Le corps, le cerveau, on s'en fout. La psychanalyse c'est le langage, c'est la logique, etc., le reste on s'en fout".

Le placebo ne fonctionne que dans les cultures où il y a des médicaments, où les gens croient aux médicaments, pas dans les cultures où il y a des chamanes.

Les facteurs thérapeutiques non-spécifiques à la psychanalyse (ce qui peut "marcher"): les gens sont écoutés, déculpabilisés... Quand il s'agit de petits problèmes psychologiques, tout marche (toute thérapie, y compris la psychanalyse).

Facteurs curateurs spécifiques pour traiter les phobies (spécifiques au TCC, Thérapies Cognitivo-Comportementales): exposition tout à fait progressive au stimuli phobogène, mais si on se contente de parler en terme symbolique (ex: selon Freud, la peur des araignées = peur du sexe féminin, peur du serpent = peur du pénis), vous avez beau discuter avec ça, ça ne marche pas.

En matière de phobie, en faisant de l'évitement, la phobie se trouve renforcée.
Idem avec toute sorte de pensée "négative"/intrusive/dérangeante: plus on y réfléchit en essayant d'y trouver/donner sens, plus on l'enracine, plus on la nourrit.
[c'est le "pouvoir" de l'attention: on nourrit ce à quoi on fait attention]
A force de repousser une idée, on la transforme en obsession.

L'interprétation est un processus sans fin. En psychanalyse, il faut comprendre ce que ceci cela veut dire et après on sera guérit [c'est le principe du "biodécodage" ou "décodage biologique" de la maladie = "mal à dit"]. Mais il y a toujours de nouvelles interprétations à faire et, donc, on n'est jamais guérit!

Mme Sarkozy est en psychanalyse depuis 10 ans (4 séances/semaine/8 ans puis 2 séances/semaine/2 ans), elle le raconte au magasine Psychologie et elle est une grande adepte de la chose. Elle est chez un lacanien, ça lui coûte forcément une fortune... Et Gérard Miller est fier d'en faire un exemple... [et après on se demande pourquoi les "politiques" ne font rien pour déloger la psychanalyse de la gestion des institutions psychiatriques, des écoles de médecine, de psychologie, du monde médico-social, de la justice, etc.!]

Les psychiatres français "pris dans les filets institutionnels" continuent à refuser de poser des diagnostics de Syndrome d'Asperger: même si - au sujet de l'autisme, ils partagent le point de vue d'un psychiatre dépsychanalysé [comprendre: "autisme = trouble neurologique"] , ils ne peuvent pas le dire.
[quelques conséquences d'une absence de diagnostic:
- pour l'autiste: pas de prise en charge adaptée, pas de compréhension de soi possible, pas de reconnaissance du handicap, risque de passer pour un simple "névrosé" ou psychotique jusqu'à la fin de ses jours!
- pour la médecine et la science: pas de statistiques fiables, impossibilité de faire de la recherche scientifique puisque pas ou peu de diagnostiqués à "étudier", donc pas d'avancées possible sur les prises en charge adaptées à mettre en place!]

Un psychiatre TCC va dans le métro avec ses patients qui ont peur du métro! C'est de la confrontation de la situation phobogène, de façon hyerarchisée, progressivement, pas de but en blanc dès la première séance!

Biblio, entre autres: "La nouvelle gestion de soi, ce qu'il faut faire pour vivre mieux", de Jacques Van Rillaer.

dimanche 4 octobre 2015

Science et erreur

La naturopathie est souvent traitée de "pseudo science".
Même si le naturopathe base sa pratique sur la nutrition, la phytothérapie et la neuropsychologie, les esprits tatillons pourront toujours rétorquer: "Oui mais ce ne sont pas des sciences exactes" - argument que les docteurs en nutrition, docteurs en pharmacie spécialisés en phytothérapie et docteurs en neuropsychologie seraient sûrement ravis d'entendre et de discuter.

Le propre de la science est d'être en perpétuel mouvement, qu'il s'agisse de science "dure" (mathématique, physique...) ou de science "molle" (science humaine). Une des bases de la science, me semble-t-il, c'est la recherche et quand on cherche on trouve, et on a tendance à trouver ce dont on ignorait encore tout la veille. La "recherche" remet constamment en question les découvertes d'hier.

Exemple du jour: "Most autism research has focused on investigating genetic changes as an underlying cause. However, known gene variants have been shown to only modestly affect autism risk and cannot account for such an increased incidence (4, 5). Despite early evidence for heritability of autism, the largest population-based study on twins with autism found that concordance rates for dizygotic twins were actually higher than previously reported and that shared prenatal environment accounted for the bulk of autism risk in twins, with the genetic contribution being only modest" - Vitamin D hormone regulates serotonin synthesis. Part 1: relevance for autism -  http://www.fasebj.org/content/28/6/2398.full

Autrement dit, les études faites préalablement sur l'autisme chez les "vrais" et "faux" jumeaux seraient erronées et - selon la plus large étude de population actuelle sur des jumeaux - l'environnement prénatal aurait une plus grande influence que les gênes sur le développement de notre neurologie.

La recherche et ses découvertes - qui transforme nos "connaissances" d'hier en croyances parfois parfaitement ridicules, c'est une chose. L'erreur, c'en est une autre.
Les scientifiques de la NASA qui passent des années à faire de savants calculs pour poser une sonde dans tel cratère de telle planète, et qui voient leurs efforts et leur science réduits à bien peu de chose quand leur engin se pose de travers au mauvais endroit, doivent-ils envisager avoir été "inexacts"? Eux qui sont si brillants, si bien diplômés, si bien payés par une institution si reconnue, qui se servent de logiciels et de machines si performants, eux les super héros de la science, se seraient-il donc "trompés"? Peut-être...
Ou bien doivent-ils plutôt admettre que bien des facteurs "naturels" incalculables et imprédictibles leur échappent en partie et leur échapperont probablement toujours?

Lorsqu'un psychiatre prescrit un antipsychotique à un enfant autiste, sans vraiment être sûr que le "médicament" sera bien toléré ou simplement utile, sans pouvoir être tout à fait sûr que la posologie sera la bonne ou qu'il ne va pas falloir changer de "molécule" en catastrophe au bout de 3 jours en cas de réaction "adverse"... Ce psychiatre se pose-t-il de grandes questions sur la fiabilité de la science dont il est diplômé?
Si le médicament ne marche pas, s'il rend l'enfant malade, le psychiatre va-t-il être poursuivi en justice pour "faute" grave et les esprits "tâtillons" iront-ils le trouver en lui disant qu'il fait de la "pseudo science"?!

Les autistes aiment les choses bien droites, bien rangées, bien régulières, bien fiables, aussi aiment-ils souvent les sciences pures et "dures" mais la science ne peut être défaite de celui qui la fait: l'être humain, toujours faillible, même quand il n'a pas de déficit d'attention, même quand il a une mémoire phénoménale, même quand il a les meilleurs intentions du monde.
L'être humain ne pourra jamais s'extraire de la nature, dont il est une des parties et dont un des grands principe est celui d'indétermination, nous dit la physique quantique.

Alors, si on ne peut être sûr de rien, peut-être faut-il se contenter de rester sans rien faire, c'est plus prudent, plus facile et surtout beaucoup moins fatigant que de chercher et que d'essayer de se remuer pour arranger les choses, et de préférence par des moyens naturels qui entretiennent et améliorent la santé, plutôt que par des méthodes qui provoquent des hépatotoxicité ou des dépendances graves.
On peut aussi se satisfaire de considérer l'autisme comme une simple "différence" et la personne autiste qui passe sa journée à se taper la tête contre les murs ou à faire des crises d'angoisse, laissons-la donc vivre sa différence en paix!... (ceci était un sarcasme)

Mais en ce qui me concerne, l'attentisme n'est pas mon fort et la souffrance d'autrui me donne doublement envie de me remuer. Quitte à me tromper et à faire de la "pseudo science", je préfère me tromper en faisant quelque chose plutôt qu'en restant les bras croisés.




dimanche 19 juillet 2015

Gluten et hallucinations

Voici une publication relayée sur le groupe de discussion facebook "biomed & teds":
"Gluten psychosis: confirmation of a new clinic entity".
Le texte complet, en anglais, est ici.

En très résumé, il s'agit de l'étude du cas d'une jeune fille ayant progressivement développé des troubles psychotiques à l'âge de 12 ans après un "épisode fébrile", troubles incluant des hallucinations.

Il est fait mention de l'historique de la patiente (voir plus bas), qui a eu une croissance et un développement normaux. Le terme de "psychose", tel qu'il est utilisé ici, ne fait donc pas du tout référence à la "psychose infantile" synonyme d'autisme en France.

Ce que je trouve particulièrement intéressant:

- Ce cas illustre bien le fait qu'une sensibilité au gluten, comme la maladie coeliaque, peut se déclencher à tout âge, particulièrement après un épisode de "stress"/choc intense et/ou infectieux (ici, l'épisode "fébrile") et qu'elle peut provoquer des symptômes neuropsychiatriques sévères.
En l'état actuel de ma compréhension des choses, cela s'explique par le fait que le gluten provoque une hyperperméabilité intestinale chez tout le monde (dixit le Dr Alessio Fasano, un spécialiste du sujet). Tant que le système immunitaire est en bonne forme, il "gère" les conséquences de cette hyperperméabilité mais dès qu'il faiblit, l'intestin devient une passoire pour de bon, et pour faire une comparaison: au lieu d'avoir un petit feu de camp bien maîtrisé au niveau de l'intestin, on se retrouve avec un feu de forêt qui atteint le corps entier. Si l'inflammation (le "feu") finit par toucher le système nerveux central, c'est qu'elle part d'une autre "branche" du système nerveux: le système nerveux entérique, notre "second" cerveau, situé dans les intestins.

- Il est intéressant de constater que les médecins ont souvent tendance à expliquer les troubles physiologiques qu'ils échouent à expliquer par l'argument du "somatique". Autrement dit, quand ils ne comprennent pas pourquoi quelque chose arrive, c'est "psychosomatique". Et il n'y a pas à chercher plus loin. Il ne reste plus qu'à prendre des antipsychotiques ou des antidépresseurs à vie, merci, au revoir.

- Il n'est pas précisé comment fut traité l'épisode "fébrile", qui eut semble-t-il un effet "déclenchant". Il aurait été intéressant de savoir s'il y avait eu prise d'antibiotiques. Les antibiotiques ont la fâcheuse tendance à affaiblir le microbiote, qui fait parti de notre système immunitaire et qui participe aussi à la bonne santé de la paroi intestinale.

- Il est proprement "hallucinant", c'est le cas de le dire, de constater par combien de traitements et d'examens la patiente a dû passer - jusqu'à une ponction lombaire! avant que le "bon" traitement soit découvert. Le traitement: des médicaments à vie? une opération? une psychothérapie?
Non, "juste" une modification de l'alimentation... Quoi que certains pourraient trouver cela plus "extrême" qu'une chimiothérapie, qu'une lobotomie ou qu'une opération à coeur ouvert.
Modifier l'alimentation??!! Dire au revoir au pain et aux pâtes??!!!! Mon dieu mais quelle violence!!!

Trêve de plaisanterie, imaginons à présent un instant que TOUS les professionnels de la santé sachent que les maladies liées au gluten peuvent provoquer des symptômes neuropsychiatriques: cela aurait été pour le moins économique, en terme de souffrance pour la patiente et ses proches, aussi bien que financièrement pour la communauté.

- Pour rappel, voici ce qui semble être l'examen sanguin le plus précis à l'heure actuelle permettant de dépister une sensibilité au gluten non-coeliaque (image tirée d'un autre article, les résultats ne sont pas ceux de la patiente de l'étude dont il est question ici):





Historique de la patiente:

La mère est atteinte d'une thyroïdite auto-immune.
En mai 2012, à l'âge de 12 ans, après un "épisode fébrile", l'enfant devient de plus en plus irritable, commence à souffrir de maux de tête quotidiens et de difficultés de concentration.
Au bout d'un mois, ses symptômes s'aggravent. Les maux de tête deviennent sévères, elle développe des troubles du sommeil, son comportement change, avec crises de larmes sans raisons et apathie.
Ses résultats scolaires se dégradent, elle commence à souffrir d'une halitose sévère (mauvaise haleine).
On lui fait consulter un neuropsychiatre qui diagnostique un "trouble somatique" (en anglais: "conversion somatic disorder", je ne connais pas la traduction exacte - mais en d'autres termes, il s'agit d'un diagnostic de trouble "psychosomatique": on considère que le stress psychologique cause des symptômes physiologiques) et il prescrit des benzodiazépines (bromazepam).
En juin 2012, durant les examens scolaires de fin d'année, les symptômes psychiatriques s'aggravent. L'enfant commence à avoir des hallucinations complexes qu'elle décrit comme indistinguables de la réalité. Elle présente aussi une perte de poids et des symptômes gastro-intestinaux (distension abdominale et constipation sévère). Elle est admise en service psychiatrique.
Les examens physiques, neurologiques et sanguins classiques sont normaux.
Pour exclure une cause neuropsychiatrique, on pratique les examens suivants: facteurs rhumatoïdes, anticorps anti-streptocoques, profile autoimmun (en anglais: "anti-nuclear, anti-double-stranded DNA, anti-neutrophil cytoplasmic, anti-Saccharomyces, anti-phospholipid, anti-mitochondrial, anti-SSA/Ro, anti-SSB/La, anti-transglutaminase IgA (tTG), anti-endomysium (EMA), anti-gliadin IgA (AGA) antibodies"), on recherche un trouble métabolique et infectieux mais tous les résultats sont normaux.
Les seuls paramètres anormaux sont les anti-thyroglobuline et les anticorps anti-thyroperoxidase...
On pratique d'autres examens, dont un électroencéphalogramme et au final, on en vient à suspecter une encéphalite auto-immune et on prescrit des stéroïdes. Une amélioration partielle est constatée mais persistent l'apathie, un langage diminué ("povoerty of speech"), un retrait social, et une négligence de soi. La mère inidique que sa fille n'est toujours pas redevenue elle-même.
En septembre 2012, juste après avoir mangé un plat de pâtes, apparaissent: crise de larme, confusion, ataxie, anxiété sévère et délire paranoïde.
Elle est de nouveau admise dans un service psychiatrique. Une rechute d'encéphalite autoimmune est suspectée, on prescrit des stéroïdes et des immunoglobulines par intraveineuse.
S'en suivirent, durant les mois suivant, plusieurs hospitalisations pour le même problème. De nouveaux examens sont pratiqués: un IRM, une ponction lombaire, un examen du fond de l'oeil, sans rien révéler. On pratique de nombreux electro-encéphalogrammes confirmant une activité bilatérale lente.
En septembre 2013, la patiente présente une sévère douleur abdominale, associée à une asthénie, un langage ralenti, une dépression, une pensée distordue et paranoïde, des pensées suicidaires, jusqu'à un pré-coma. On commence à envisager un trouble psychiatrique fluctuant. On prescrit des anti-psychotiques nouvelle génération (olanzapine) mais les symptômes psychotiques persistent.
En novembre 2013, pour cause de symptômes gastrointestinaux et une perte de poids accrue, un nutritionniste est consulté et un régime sans gluten est prescrit pour adresser les symptômes intestinaux.
De façon inattendue, au bout d'une semaine, tous les symptômes (gastro-intestinaux et psychiatriques) s'améliorent d'une façon spectaculaire et le régime sans gluten est prolongé pendant 4 mois. Parfois, la patiente est exposée sans le savoir à du gluten et ses symptômes psychotiques reviennent alors dans les 4h suivant l'ingestion de l'aliment contenant du gluten et ils mettent 2 à 3 jours à disparaître.
En avril 2014 (2 ans après l'apparition des symptômes), elle est admise dans le service de gastroenterologie pédiatrique des auteurs de l'étude pour une suspicion de sensibilité au gluten non-coeliaque. Des examens excluent les diagnostics de maladie coeliaque et d'allergie au gluten.
Un test en double aveugle est pratiqué (prise de comprimés de farine de blé ou de riz). Les symptômes sont absent pendant la prise de la farine de riz et reviennent dès le 2nd jour de la prise de la farine de blé.
Seuls les anticorps IgG anti-gliadine native sont élevés ainsi que la calprotectin (dans les selles).
Au bout d'un mois de régime sans gluten, les résultats d'analyse redeviennent normaux.
La patiente retourne voir le neuropsychiatre qui considére son comportement comme normal et l'olanzapine est arrêté progressivement sans problème.
La mère déclare avoir enfin retrouvée sa fille. Après 9 mois de régime sans gluten, la patiente ne présente toujours plus aucun symptôme.



dimanche 5 juillet 2015

Bumétanide ou barbe de maïs?

Je n'ai pas fait "médecine", mais si je me suis servi à peu près correctement de mon cerveau et que j'ai à peu près tout compris, voici la petite histoire du bumétanide:

Fin 2012, une équipe de chercheurs français a publié les résultats d'un essai clinique visant à évaluer l'effet d'un diurétique sur des enfants autistes, avec des résultats encourageants. Ce diurétique a pour effet de réduire les niveaux de chlore intracellulaires, niveaux qui semblent supérieurs à la moyenne chez les autistes et qui seraient, chez eux, la cause des effets paradoxaux des tranquillisants (type benzodiazépine).
L'expérience permit de montrer une réduction de la sévérité des troubles autistiques et ces résultats ont été confirmés par un autre essai plus récent.

Le diurétique en question est le bumétanide. Il fait partie des diurétiques ayant une action au niveau de la hanse de Henle, dans les reins, mais aussi au niveau de la plupart des cellules (y compris des neurones), sur les transporteurs "NKCC1", chargés de l'absorption des ions chlorure, sodium et potassium.
Le bumétanide inhibe l'absorption du sodium et du chlore au niveau cellulaire et en favorise l'élimination au niveau rénal.
Il semble avoir une action anti-épileptique, ce qui s'explique si l'épilepsie est au moins en partie la conséquence d'un désordre de l'équilibre électrolytique au niveau cérébral.

Ce que je trouve particulièrement intéressant dans cette étude c'est qu'elle démontre (à ceux qui en douteraient encore) qu'un "désordre" physiologique peut avoir des conséquences sur l'esprit (c'est à dire le comportement) - le corps et l'esprit étant bel et bien interdépendants, que les autistes - comme tous les êtres humains, ont bien une "physiologie", un corps, et des particularités biologiques et non pas seulement une "génétique" désincarnée, inamovible et fatale ou encore une "dysharmonie" tout aussi désincarnée et fatale, avec des comportements figés dans le marbre, et que de modifier le fonctionnement d'un organe autre que le cerveau (ici les reins) est à même de modifier le comportement d'un autiste.
Chercher à rétablir une fonction rénale optimum, un équilibre électrolytique optimum au niveau cellulaire, chercher à comprendre pourquoi un tel déséquilibre existe, tout dysfonctionnement n'étant pas uniquement "génétique" mais avant tout épigénétique - résultat de l'interaction entre un individu et son environnement, et chercher à remédier à ces dysfonctionnements peut apporter une amélioration des "performances" du système nerveux des autistes (comme des non-autistes, d'ailleurs).

Le problème, c'est que le bumétanide peut avoir des effets secondaires non négligeables, comme une augmentation du taux d'acide urique dans le sang (uricémie, qui peut causer des problèmes inflammatoires articulaires, jusqu'à la crise de goutte), une carence en potassium (hypokaliémie), une carence en calcium ou magnésium, une hausse de la glycémie, voir une perte d'audition. Comme tout diurétique, il peut aussi amener à une déshydratation, à une chute de la volémie et donc à de l'hypotension (ce qui peut être profitable à quelqu'un souffrant d'hypertension mais pas à quelqu'un ayant une tension "normale" ou à un "hypotendu" chronique).
Ce qui fait beaucoup d'inconvénients pour un "médicament".

Et il se trouve qu'il existe en phytothérapie des plantes diurétiques "déchlorurante", c'est à dire qui favorisent l'élimination des ions chlorures (et sodium) au niveau rénal, comme le bumétanide. On peut facilement envisager qu'une substance ayant un effet similaire au bumétanide au niveau rénal puisse avoir un effet similaire au niveau cellulaire et que donc, ces plantes puissent aussi avoir un effet sur le taux de chlore intracellulaire et donc neuronal.
Il s'agit là d'un raisonnement logique, d'une déduction, que dis-je, d'une extrapolation..., mais somme toute de logique.

Les plantes, utilisées à des doses inappropriées (trop faibles ou trop importantes) ne manquent pas d'avoir, elles-aussi leurs inconvénients (inefficacité ou toxicité, contre-indications) mais le fait qu'elles contiennent un cocktail de composants agissant en synergie leur permet souvent d'avoir peu d'effets secondaires aux doses efficaces. Leur richesse en composés variés est aussi ce qui les rend, malheureusement, difficilement "étudiables": on ne peut être sûr de ce qui agit sur quoi, s'il s'agit de tel composé qui a tel effet ou si les effets obtenus dépendent de la synergie des différents composés...

Ainsi, il se trouve que ces plantes "déchlorurantes", à la différence du bumétanide, favorisent aussi l'élimination de l'acide urique, et certaines, à la différence du bumétanide, sont même riches en potassium (entre autre)... Et on les trouve en vente libre dans des magasins bio, des boutiques en ligne, dans certaines pharmacie et on peut même, pour certaines, les récolter dans la nature en parfaite autonomie (à condition de veiller à les récolter loin de toute source de pollution).

Liste de plantes diurétiques déchlorurantes (sans garantie d’exhaustivité):
Barbe de maïs
Orthosiphon
Ortie (feuilles)
Bouleau (sève et feuilles)
Piloselle (également antibiotique vis à vis des bactéries Staphylococcus et Brucella)
Sureau noir (seconde écorce)

Bien entendu, émettre l'hypothèse qu'un médicament allopathique puisse être, peut-être, remplacé par un traitement de phytothérapie consiste à faire ce qu'on appelle en naturopathie de "l'allopathie verte", c'est à dire une naturopathie "boiteuse", la naturopathie idéale ayant pour objectif non de chercher à suppléer au "manquements" du corps en traitant un symptôme ou un organe isolé mais de rétablir le bon fonctionnement de tout le corps, ou du moins d'améliorer le fonctionnement de tout le corps, en améliorant le "terrain" dans son ensemble, en cherchant à remonter toujours à la cause des causes des dysfonctionnements et en prenant en compte non pas tels ou tels symptômes ou organes isolés mais l'individu et le corps dans sa globalité, tous les éléments du corps humain étant intimement liés et interdépendants.
Le naturopathe est optimiste: il estime que si le corps "dysfonctionne", il n'y a pas à y parer éternellement mais à lui permettre de se réparer, d'une part en cessant de lui nuire et d'autre part en lui procurant des conditions de vie optimum sur tous les plans: nutritionnel, environnemental, relationnel...



Références:

Livres:
Les plantes et les médicaments, Loïc Girre
Les plantes en pharmacie, Jean-Philippe Zahalka (docteur en pharmacie)
Secret d'une herboriste, Marie-Antoinette Mulot

Sites web:
http://www.flora-phyto.com/plantes/sambucus-nigra-l
http://www.complements-alimentaires.co/sortes-plantes-diuretiques-en-traitement/
http://www.progressivehealth.com/natural-diuretics.htm

Publications: 
"Deux co-transporteurs de chlore contrôlent ces taux: le NKCC1 importe le chlore et est bloqué par le bumétanide ; le KCC2 se charge de rejeter l’excès de chlore hors de la cellule pour maintenir l’équilibre cellulaire..."
http://presse-inserm.fr/un-essai-clinique-prometteur-pour-diminuer-la-severite-des-troubles-autistiques/5743/

Sur http://www.science.gov/topicpages/n/nkcc1+inhibitor+bumetanide.html :

"Bumetanide is increasingly being used for experimental treatment of brain disorders, including neonatal seizures, epilepsy, and autism, because the neuronal Na-K-Cl cotransporter NKCC1, which is inhibited by bumetanide, is implicated in the pathophysiology of such disorders. However, use of bumetanide for treatment of brain disorders is associated with problems, including poor brain penetration and systemic adverse effects such as diuresis, hypokalemic alkalosis, and hearing loss."
The organic anion transport inhibitor probenecid increases brain concentrations of the NKCC1 inhibitor bumetanide.

"The loop diuretic bumetanide (Bumex) is thought to have antiepileptic properties via modulate GABAA mediated signaling through their antagonism of cation-chloride cotransporters. Given that loop diuretics may act as antiepileptic drugs that modulate GABAergic signaling, we sought to investigate whether they also affect hippocampal function."
Inhibition of NKCC1 Attenuated Hippocampal LTP Formation and Inhibitory Avoidance in Rat

"It is generally assumed that bumetanide possesses some selectivity for the renal Na-K-Cl cotransporter NKCC2, although the results are scarce in the literature and comparisons were done with extra-renal NKCC1 at its basal, almost silent state. Here we investigated NKCC2\\/NKCC1 selectivity of loop diuretic drugs (bumetanide, piretanide and furosemide) as a function of the NKCC1 activated state (NKCC1 was activated...
... In conclusion, loop diuretics had no NKCC2/NKCC1 selectivity, when NKCC1 is measured at its activated state. Basal NKCC1 has a reduced diuretic sensitivity, of very different magnitude depending on the diuretic drug and cell type in consideration."
Rat NKCC2\\/NKCC1 cotransporter selectivity for loop diuretic drugs/ http://academic.research.microsoft.com/Publication/34700067

"High-ceiling diuretics (HCD), known potent inhibitors of housekeeping Na(+),K(+),2Cl cotransporter (NKCC1) and renal-specific NKCC2, decrease [Cl(-)](i), hyperpolarize vascular smooth muscle cells (VSMC), and suppress contractions evoked by modest depolarization, phenylephrine, angiotensin II, and UTP. These actions are absent in nkcc1(/) knock-out mice, indicating that HCD interact with NKCC1 rather than with other potential targets."
NKCC1 and hypertension: role in the regulation of vascular smooth muscle contractions and myogenic tone.

"Clinical observations have shown that GABA-acting benzodiazepines exert paradoxical excitatory effects in autism, suggesting elevated intracellular chloride (Cl-)[subscript i] and excitatory action of GABA. In a previous double-blind randomized study, we have shown that the diuretic NKCC1 chloride importer antagonist bumetanide, that decreases (Cl-)[subscript i] and reinforces GABAergic inhibition, reduces the severity of autism symptoms. Here, we report results from an open-label trial pilot study in which we used functional magnetic resonance imaging and neuropsychological testing to determine the effects of 10 months bumetanide treatment in adolescents and young adults with autism. We show that bumetanide treatment improves emotion recognition and enhances the activation of brain regions involved in social and emotional perception during the perception of emotional faces. The improvement of emotion processing by bumetanide reinforces the usefulness of bumetanide as a promising treatment to improve social interactions in autism."
Improving Emotional Face Perception in Autism with Diuretic Bumetanide: A Proof-of-Concept Behavioral and Functional Brain Imaging Pilot Study /Hadjikhani, Nouchine; Zürcher, Nicole R; Rogier, Ophelie; Ruest, Torsten; Hippolyte, Loyse; Ben-Ari, Yehezkel; Lemonnier, Eric
Autism: The International Journal of Research and Practice, v19 n2 p149-157 Feb 2015 / http://eric.ed.gov/?q=improving+emotional+face+&id=EJ1050941


"The Na-K-Cl cotransporter (NKCC) couples the movement of Na+, K+, and Cl? ions across the plasma membrane of most animal cells and thus plays a central role in cellular homeostasis and human physiology."
Functional Expression of Human NKCC1 from a Synthetic Cassette-Based cDNA: Introduction of Extracellular Epitope Tags and Removal of Cysteines

"Accumulating evidence has demonstrated that the sodium-potassium-chloride co-transporter 1 and potassium-chloride co-transporter 2 have a role in the modulation of pain transmission at the spinal level through chloride regulation in the pain pathway and by effecting neuronal excitability and pain sensitization."
Analgesic effect of intrathecal bumetanide is accompanied by changes in spinal sodium-potassium-chloride co-transporter 1 and potassium-chloride co-transporter 2 expression in a rat model of incisional pain