Voici une publication relayée sur le groupe de discussion facebook "biomed & teds":
"Gluten psychosis: confirmation of a new clinic entity".
Le texte complet, en anglais, est ici.
En très résumé, il s'agit de l'étude du cas d'une jeune fille ayant progressivement développé des troubles psychotiques à l'âge de 12 ans après un "épisode fébrile", troubles incluant des hallucinations.
Il est fait mention de l'historique de la patiente (voir plus bas), qui a eu une croissance et un développement normaux. Le terme de "psychose", tel qu'il est utilisé ici, ne fait donc pas du tout référence à la "psychose infantile" synonyme d'autisme en France.
Ce que je trouve particulièrement intéressant:
- Ce cas illustre bien le fait qu'une sensibilité au gluten, comme la maladie coeliaque, peut se déclencher à tout âge, particulièrement après un épisode de "stress"/choc intense et/ou infectieux (ici, l'épisode "fébrile") et qu'elle peut provoquer des symptômes neuropsychiatriques sévères.
En l'état actuel de ma compréhension des choses, cela s'explique par le fait que le gluten provoque une hyperperméabilité intestinale chez tout le monde (dixit le Dr Alessio Fasano, un spécialiste du sujet). Tant que le système immunitaire est en bonne forme, il "gère" les conséquences de cette hyperperméabilité mais dès qu'il faiblit, l'intestin devient une passoire pour de bon, et pour faire une comparaison: au lieu d'avoir un petit feu de camp bien maîtrisé au niveau de l'intestin, on se retrouve avec un feu de forêt qui atteint le corps entier. Si l'inflammation (le "feu") finit par toucher le système nerveux central, c'est qu'elle part d'une autre "branche" du système nerveux: le système nerveux entérique, notre "second" cerveau, situé dans les intestins.
- Il est intéressant de constater que les médecins ont souvent tendance à expliquer les troubles physiologiques qu'ils échouent à expliquer par l'argument du "somatique". Autrement dit, quand ils ne comprennent pas pourquoi quelque chose arrive, c'est "psychosomatique". Et il n'y a pas à chercher plus loin. Il ne reste plus qu'à prendre des antipsychotiques ou des antidépresseurs à vie, merci, au revoir.
- Il n'est pas précisé comment fut traité l'épisode "fébrile", qui eut semble-t-il un effet "déclenchant". Il aurait été intéressant de savoir s'il y avait eu prise d'antibiotiques. Les antibiotiques ont la fâcheuse tendance à affaiblir le microbiote, qui fait parti de notre système immunitaire et qui participe aussi à la bonne santé de la paroi intestinale.
- Il est proprement "hallucinant", c'est le cas de le dire, de constater par combien de traitements et d'examens la patiente a dû passer - jusqu'à une ponction lombaire! avant que le "bon" traitement soit découvert. Le traitement: des médicaments à vie? une opération? une psychothérapie?
Non, "juste" une modification de l'alimentation... Quoi que certains pourraient trouver cela plus "extrême" qu'une chimiothérapie, qu'une lobotomie ou qu'une opération à coeur ouvert.
Modifier l'alimentation??!! Dire au revoir au pain et aux pâtes??!!!! Mon dieu mais quelle violence!!!
Trêve de plaisanterie, imaginons à présent un instant que TOUS les professionnels de la santé sachent que les maladies liées au gluten peuvent provoquer des symptômes neuropsychiatriques: cela aurait été pour le moins économique, en terme de souffrance pour la patiente et ses proches, aussi bien que financièrement pour la communauté.
- Pour rappel, voici ce qui semble être l'examen sanguin le plus précis à l'heure actuelle permettant de dépister une sensibilité au gluten non-coeliaque (image tirée d'un autre article, les résultats ne sont pas ceux de la patiente de l'étude dont il est question ici):
Historique de la patiente:
La mère est atteinte d'une thyroïdite auto-immune.
En mai 2012, à l'âge de 12 ans, après un "épisode fébrile", l'enfant devient de plus en plus irritable, commence à souffrir de maux de tête quotidiens et de difficultés de concentration.
Au bout d'un mois, ses symptômes s'aggravent. Les maux de tête deviennent sévères, elle développe des troubles du sommeil, son comportement change, avec crises de larmes sans raisons et apathie.
Ses résultats scolaires se dégradent, elle commence à souffrir d'une halitose sévère (mauvaise haleine).
On lui fait consulter un neuropsychiatre qui diagnostique un "trouble somatique" (en anglais: "conversion somatic disorder", je ne connais pas la traduction exacte - mais en d'autres termes, il s'agit d'un diagnostic de trouble "psychosomatique": on considère que le stress psychologique cause des symptômes physiologiques) et il prescrit des benzodiazépines (bromazepam).
En juin 2012, durant les examens scolaires de fin d'année, les symptômes psychiatriques s'aggravent. L'enfant commence à avoir des hallucinations complexes qu'elle décrit comme indistinguables de la réalité. Elle présente aussi une perte de poids et des symptômes gastro-intestinaux (distension abdominale et constipation sévère). Elle est admise en service psychiatrique.
Les examens physiques, neurologiques et sanguins classiques sont normaux.
Pour exclure une cause neuropsychiatrique, on pratique les examens suivants: facteurs rhumatoïdes, anticorps anti-streptocoques, profile autoimmun (en anglais: "anti-nuclear, anti-double-stranded DNA, anti-neutrophil cytoplasmic, anti-Saccharomyces, anti-phospholipid, anti-mitochondrial, anti-SSA/Ro, anti-SSB/La, anti-transglutaminase IgA (tTG), anti-endomysium (EMA), anti-gliadin IgA (AGA) antibodies"), on recherche un trouble métabolique et infectieux mais tous les résultats sont normaux.
Les seuls paramètres anormaux sont les anti-thyroglobuline et les anticorps anti-thyroperoxidase...
On pratique d'autres examens, dont un électroencéphalogramme et au final, on en vient à suspecter une encéphalite auto-immune et on prescrit des stéroïdes. Une amélioration partielle est constatée mais persistent l'apathie, un langage diminué ("povoerty of speech"), un retrait social, et une négligence de soi. La mère inidique que sa fille n'est toujours pas redevenue elle-même.
En septembre 2012, juste après avoir mangé un plat de pâtes, apparaissent: crise de larme, confusion, ataxie, anxiété sévère et délire paranoïde.
Elle est de nouveau admise dans un service psychiatrique. Une rechute d'encéphalite autoimmune est suspectée, on prescrit des stéroïdes et des immunoglobulines par intraveineuse.
S'en suivirent, durant les mois suivant, plusieurs hospitalisations pour le même problème. De nouveaux examens sont pratiqués: un IRM, une ponction lombaire, un examen du fond de l'oeil, sans rien révéler. On pratique de nombreux electro-encéphalogrammes confirmant une activité bilatérale lente.
En septembre 2013, la patiente présente une sévère douleur abdominale, associée à une asthénie, un langage ralenti, une dépression, une pensée distordue et paranoïde, des pensées suicidaires, jusqu'à un pré-coma. On commence à envisager un trouble psychiatrique fluctuant. On prescrit des anti-psychotiques nouvelle génération (olanzapine) mais les symptômes psychotiques persistent.
En novembre 2013, pour cause de symptômes gastrointestinaux et une perte de poids accrue, un nutritionniste est consulté et un régime sans gluten est prescrit pour adresser les symptômes intestinaux.
De façon inattendue, au bout d'une semaine, tous les symptômes (gastro-intestinaux et psychiatriques) s'améliorent d'une façon spectaculaire et le régime sans gluten est prolongé pendant 4 mois. Parfois, la patiente est exposée sans le savoir à du gluten et ses symptômes psychotiques reviennent alors dans les 4h suivant l'ingestion de l'aliment contenant du gluten et ils mettent 2 à 3 jours à disparaître.
En avril 2014 (2 ans après l'apparition des symptômes), elle est admise dans le service de gastroenterologie pédiatrique des auteurs de l'étude pour une suspicion de sensibilité au gluten non-coeliaque. Des examens excluent les diagnostics de maladie coeliaque et d'allergie au gluten.
Un test en double aveugle est pratiqué (prise de comprimés de farine de blé ou de riz). Les symptômes sont absent pendant la prise de la farine de riz et reviennent dès le 2nd jour de la prise de la farine de blé.
Seuls les anticorps IgG anti-gliadine native sont élevés ainsi que la calprotectin (dans les selles).
Au bout d'un mois de régime sans gluten, les résultats d'analyse redeviennent normaux.
La patiente retourne voir le neuropsychiatre qui considére son comportement comme normal et l'olanzapine est arrêté progressivement sans problème.
La mère déclare avoir enfin retrouvée sa fille. Après 9 mois de régime sans gluten, la patiente ne présente toujours plus aucun symptôme.
dimanche 19 juillet 2015
Gluten et hallucinations
dimanche 5 juillet 2015
Bumétanide ou barbe de maïs?
Je n'ai pas fait "médecine", mais si je me suis servi à peu près correctement de mon cerveau et que j'ai à peu près tout compris, voici la petite histoire du bumétanide:
Fin 2012, une équipe de chercheurs français a publié les résultats d'un essai clinique visant à évaluer l'effet d'un diurétique sur des enfants autistes, avec des résultats encourageants. Ce diurétique a pour effet de réduire les niveaux de chlore intracellulaires, niveaux qui semblent supérieurs à la moyenne chez les autistes et qui seraient, chez eux, la cause des effets paradoxaux des tranquillisants (type benzodiazépine).
L'expérience permit de montrer une réduction de la sévérité des troubles autistiques et ces résultats ont été confirmés par un autre essai plus récent.
Le diurétique en question est le bumétanide. Il fait partie des diurétiques ayant une action au niveau de la hanse de Henle, dans les reins, mais aussi au niveau de la plupart des cellules (y compris des neurones), sur les transporteurs "NKCC1", chargés de l'absorption des ions chlorure, sodium et potassium.
Le bumétanide inhibe l'absorption du sodium et du chlore au niveau cellulaire et en favorise l'élimination au niveau rénal.
Il semble avoir une action anti-épileptique, ce qui s'explique si l'épilepsie est au moins en partie la conséquence d'un désordre de l'équilibre électrolytique au niveau cérébral.
Ce que je trouve particulièrement intéressant dans cette étude c'est qu'elle démontre (à ceux qui en douteraient encore) qu'un "désordre" physiologique peut avoir des conséquences sur l'esprit (c'est à dire le comportement) - le corps et l'esprit étant bel et bien interdépendants, que les autistes - comme tous les êtres humains, ont bien une "physiologie", un corps, et des particularités biologiques et non pas seulement une "génétique" désincarnée, inamovible et fatale ou encore une "dysharmonie" tout aussi désincarnée et fatale, avec des comportements figés dans le marbre, et que de modifier le fonctionnement d'un organe autre que le cerveau (ici les reins) est à même de modifier le comportement d'un autiste.
Chercher à rétablir une fonction rénale optimum, un équilibre électrolytique optimum au niveau cellulaire, chercher à comprendre pourquoi un tel déséquilibre existe, tout dysfonctionnement n'étant pas uniquement "génétique" mais avant tout épigénétique - résultat de l'interaction entre un individu et son environnement, et chercher à remédier à ces dysfonctionnements peut apporter une amélioration des "performances" du système nerveux des autistes (comme des non-autistes, d'ailleurs).
Le problème, c'est que le bumétanide peut avoir des effets secondaires non négligeables, comme une augmentation du taux d'acide urique dans le sang (uricémie, qui peut causer des problèmes inflammatoires articulaires, jusqu'à la crise de goutte), une carence en potassium (hypokaliémie), une carence en calcium ou magnésium, une hausse de la glycémie, voir une perte d'audition. Comme tout diurétique, il peut aussi amener à une déshydratation, à une chute de la volémie et donc à de l'hypotension (ce qui peut être profitable à quelqu'un souffrant d'hypertension mais pas à quelqu'un ayant une tension "normale" ou à un "hypotendu" chronique).
Ce qui fait beaucoup d'inconvénients pour un "médicament".
Et il se trouve qu'il existe en phytothérapie des plantes diurétiques "déchlorurante", c'est à dire qui favorisent l'élimination des ions chlorures (et sodium) au niveau rénal, comme le bumétanide. On peut facilement envisager qu'une substance ayant un effet similaire au bumétanide au niveau rénal puisse avoir un effet similaire au niveau cellulaire et que donc, ces plantes puissent aussi avoir un effet sur le taux de chlore intracellulaire et donc neuronal.
Il s'agit là d'un raisonnement logique, d'une déduction, que dis-je, d'une extrapolation..., mais somme toute de logique.
Les plantes, utilisées à des doses inappropriées (trop faibles ou trop importantes) ne manquent pas d'avoir, elles-aussi leurs inconvénients (inefficacité ou toxicité, contre-indications) mais le fait qu'elles contiennent un cocktail de composants agissant en synergie leur permet souvent d'avoir peu d'effets secondaires aux doses efficaces. Leur richesse en composés variés est aussi ce qui les rend, malheureusement, difficilement "étudiables": on ne peut être sûr de ce qui agit sur quoi, s'il s'agit de tel composé qui a tel effet ou si les effets obtenus dépendent de la synergie des différents composés...
Ainsi, il se trouve que ces plantes "déchlorurantes", à la différence du bumétanide, favorisent aussi l'élimination de l'acide urique, et certaines, à la différence du bumétanide, sont même riches en potassium (entre autre)... Et on les trouve en vente libre dans des magasins bio, des boutiques en ligne, dans certaines pharmacie et on peut même, pour certaines, les récolter dans la nature en parfaite autonomie (à condition de veiller à les récolter loin de toute source de pollution).
Liste de plantes diurétiques déchlorurantes (sans garantie d’exhaustivité):
Barbe de maïs
Orthosiphon
Ortie (feuilles)
Bouleau (sève et feuilles)
Piloselle (également antibiotique vis à vis des bactéries Staphylococcus et Brucella)
Sureau noir (seconde écorce)
Bien entendu, émettre l'hypothèse qu'un médicament allopathique puisse être, peut-être, remplacé par un traitement de phytothérapie consiste à faire ce qu'on appelle en naturopathie de "l'allopathie verte", c'est à dire une naturopathie "boiteuse", la naturopathie idéale ayant pour objectif non de chercher à suppléer au "manquements" du corps en traitant un symptôme ou un organe isolé mais de rétablir le bon fonctionnement de tout le corps, ou du moins d'améliorer le fonctionnement de tout le corps, en améliorant le "terrain" dans son ensemble, en cherchant à remonter toujours à la cause des causes des dysfonctionnements et en prenant en compte non pas tels ou tels symptômes ou organes isolés mais l'individu et le corps dans sa globalité, tous les éléments du corps humain étant intimement liés et interdépendants.
Le naturopathe est optimiste: il estime que si le corps "dysfonctionne", il n'y a pas à y parer éternellement mais à lui permettre de se réparer, d'une part en cessant de lui nuire et d'autre part en lui procurant des conditions de vie optimum sur tous les plans: nutritionnel, environnemental, relationnel...
Références:
Livres:
Les plantes et les médicaments, Loïc Girre
Les plantes en pharmacie, Jean-Philippe Zahalka (docteur en pharmacie)
Secret d'une herboriste, Marie-Antoinette Mulot
Sites web:
http://www.flora-phyto.com/plantes/sambucus-nigra-l
http://www.complements-alimentaires.co/sortes-plantes-diuretiques-en-traitement/
http://www.progressivehealth.com/natural-diuretics.htm
Publications:
"Deux co-transporteurs de chlore contrôlent ces taux: le NKCC1 importe le chlore et est bloqué par le bumétanide ; le KCC2 se charge de rejeter l’excès de chlore hors de la cellule pour maintenir l’équilibre cellulaire..."
http://presse-inserm.fr/un-essai-clinique-prometteur-pour-diminuer-la-severite-des-troubles-autistiques/5743/
Sur http://www.science.gov/topicpages/n/nkcc1+inhibitor+bumetanide.html :
"Bumetanide is increasingly being used for experimental treatment of brain disorders, including neonatal seizures, epilepsy, and autism, because the neuronal Na-K-Cl cotransporter NKCC1, which is inhibited by bumetanide, is implicated in the pathophysiology of such disorders. However, use of bumetanide for treatment of brain disorders is associated with problems, including poor brain penetration and systemic adverse effects such as diuresis, hypokalemic alkalosis, and hearing loss."
The organic anion transport inhibitor probenecid increases brain concentrations of the NKCC1 inhibitor bumetanide.
"The loop diuretic bumetanide (Bumex) is thought to have antiepileptic properties via modulate GABAA mediated signaling through their antagonism of cation-chloride cotransporters. Given that loop diuretics may act as antiepileptic drugs that modulate GABAergic signaling, we sought to investigate whether they also affect hippocampal function."
Inhibition of NKCC1 Attenuated Hippocampal LTP Formation and Inhibitory Avoidance in Rat
"It is generally assumed that bumetanide possesses some selectivity for the renal Na-K-Cl cotransporter NKCC2, although the results are scarce in the literature and comparisons were done with extra-renal NKCC1 at its basal, almost silent state. Here we investigated NKCC2\\/NKCC1 selectivity of loop diuretic drugs (bumetanide, piretanide and furosemide) as a function of the NKCC1 activated state (NKCC1 was activated...
... In conclusion, loop diuretics had no NKCC2/NKCC1 selectivity, when NKCC1 is measured at its activated state. Basal NKCC1 has a reduced diuretic sensitivity, of very different magnitude depending on the diuretic drug and cell type in consideration."
Rat NKCC2\\/NKCC1 cotransporter selectivity for loop diuretic drugs/ http://academic.research.microsoft.com/Publication/34700067
"High-ceiling diuretics (HCD), known potent inhibitors of housekeeping Na(+),K(+),2Cl cotransporter (NKCC1) and renal-specific NKCC2, decrease [Cl(-)](i), hyperpolarize vascular smooth muscle cells (VSMC), and suppress contractions evoked by modest depolarization, phenylephrine, angiotensin II, and UTP. These actions are absent in nkcc1(/) knock-out mice, indicating that HCD interact with NKCC1 rather than with other potential targets."
NKCC1 and hypertension: role in the regulation of vascular smooth muscle contractions and myogenic tone.
"Clinical observations have shown that GABA-acting benzodiazepines exert paradoxical excitatory effects in autism, suggesting elevated intracellular chloride (Cl-)[subscript i] and excitatory action of GABA. In a previous double-blind randomized study, we have shown that the diuretic NKCC1 chloride importer antagonist bumetanide, that decreases (Cl-)[subscript i] and reinforces GABAergic inhibition, reduces the severity of autism symptoms. Here, we report results from an open-label trial pilot study in which we used functional magnetic resonance imaging and neuropsychological testing to determine the effects of 10 months bumetanide treatment in adolescents and young adults with autism. We show that bumetanide treatment improves emotion recognition and enhances the activation of brain regions involved in social and emotional perception during the perception of emotional faces. The improvement of emotion processing by bumetanide reinforces the usefulness of bumetanide as a promising treatment to improve social interactions in autism."
Improving Emotional Face Perception in Autism with Diuretic Bumetanide: A Proof-of-Concept Behavioral and Functional Brain Imaging Pilot Study /Hadjikhani, Nouchine; Zürcher, Nicole R; Rogier, Ophelie; Ruest, Torsten; Hippolyte, Loyse; Ben-Ari, Yehezkel; Lemonnier, Eric
Autism: The International Journal of Research and Practice, v19 n2 p149-157 Feb 2015 / http://eric.ed.gov/?q=improving+emotional+face+&id=EJ1050941
"The Na-K-Cl cotransporter (NKCC) couples the movement of Na+, K+, and Cl? ions across the plasma membrane of most animal cells and thus plays a central role in cellular homeostasis and human physiology."
Functional Expression of Human NKCC1 from a Synthetic Cassette-Based cDNA: Introduction of Extracellular Epitope Tags and Removal of Cysteines
"Accumulating evidence has demonstrated that the sodium-potassium-chloride co-transporter 1 and potassium-chloride co-transporter 2 have a role in the modulation of pain transmission at the spinal level through chloride regulation in the pain pathway and by effecting neuronal excitability and pain sensitization."
Analgesic effect of intrathecal bumetanide is accompanied by changes in spinal sodium-potassium-chloride co-transporter 1 and potassium-chloride co-transporter 2 expression in a rat model of incisional pain
Fin 2012, une équipe de chercheurs français a publié les résultats d'un essai clinique visant à évaluer l'effet d'un diurétique sur des enfants autistes, avec des résultats encourageants. Ce diurétique a pour effet de réduire les niveaux de chlore intracellulaires, niveaux qui semblent supérieurs à la moyenne chez les autistes et qui seraient, chez eux, la cause des effets paradoxaux des tranquillisants (type benzodiazépine).
L'expérience permit de montrer une réduction de la sévérité des troubles autistiques et ces résultats ont été confirmés par un autre essai plus récent.
Le diurétique en question est le bumétanide. Il fait partie des diurétiques ayant une action au niveau de la hanse de Henle, dans les reins, mais aussi au niveau de la plupart des cellules (y compris des neurones), sur les transporteurs "NKCC1", chargés de l'absorption des ions chlorure, sodium et potassium.
Le bumétanide inhibe l'absorption du sodium et du chlore au niveau cellulaire et en favorise l'élimination au niveau rénal.
Il semble avoir une action anti-épileptique, ce qui s'explique si l'épilepsie est au moins en partie la conséquence d'un désordre de l'équilibre électrolytique au niveau cérébral.
Ce que je trouve particulièrement intéressant dans cette étude c'est qu'elle démontre (à ceux qui en douteraient encore) qu'un "désordre" physiologique peut avoir des conséquences sur l'esprit (c'est à dire le comportement) - le corps et l'esprit étant bel et bien interdépendants, que les autistes - comme tous les êtres humains, ont bien une "physiologie", un corps, et des particularités biologiques et non pas seulement une "génétique" désincarnée, inamovible et fatale ou encore une "dysharmonie" tout aussi désincarnée et fatale, avec des comportements figés dans le marbre, et que de modifier le fonctionnement d'un organe autre que le cerveau (ici les reins) est à même de modifier le comportement d'un autiste.
Chercher à rétablir une fonction rénale optimum, un équilibre électrolytique optimum au niveau cellulaire, chercher à comprendre pourquoi un tel déséquilibre existe, tout dysfonctionnement n'étant pas uniquement "génétique" mais avant tout épigénétique - résultat de l'interaction entre un individu et son environnement, et chercher à remédier à ces dysfonctionnements peut apporter une amélioration des "performances" du système nerveux des autistes (comme des non-autistes, d'ailleurs).
Le problème, c'est que le bumétanide peut avoir des effets secondaires non négligeables, comme une augmentation du taux d'acide urique dans le sang (uricémie, qui peut causer des problèmes inflammatoires articulaires, jusqu'à la crise de goutte), une carence en potassium (hypokaliémie), une carence en calcium ou magnésium, une hausse de la glycémie, voir une perte d'audition. Comme tout diurétique, il peut aussi amener à une déshydratation, à une chute de la volémie et donc à de l'hypotension (ce qui peut être profitable à quelqu'un souffrant d'hypertension mais pas à quelqu'un ayant une tension "normale" ou à un "hypotendu" chronique).
Ce qui fait beaucoup d'inconvénients pour un "médicament".
Et il se trouve qu'il existe en phytothérapie des plantes diurétiques "déchlorurante", c'est à dire qui favorisent l'élimination des ions chlorures (et sodium) au niveau rénal, comme le bumétanide. On peut facilement envisager qu'une substance ayant un effet similaire au bumétanide au niveau rénal puisse avoir un effet similaire au niveau cellulaire et que donc, ces plantes puissent aussi avoir un effet sur le taux de chlore intracellulaire et donc neuronal.
Il s'agit là d'un raisonnement logique, d'une déduction, que dis-je, d'une extrapolation..., mais somme toute de logique.
Les plantes, utilisées à des doses inappropriées (trop faibles ou trop importantes) ne manquent pas d'avoir, elles-aussi leurs inconvénients (inefficacité ou toxicité, contre-indications) mais le fait qu'elles contiennent un cocktail de composants agissant en synergie leur permet souvent d'avoir peu d'effets secondaires aux doses efficaces. Leur richesse en composés variés est aussi ce qui les rend, malheureusement, difficilement "étudiables": on ne peut être sûr de ce qui agit sur quoi, s'il s'agit de tel composé qui a tel effet ou si les effets obtenus dépendent de la synergie des différents composés...
Ainsi, il se trouve que ces plantes "déchlorurantes", à la différence du bumétanide, favorisent aussi l'élimination de l'acide urique, et certaines, à la différence du bumétanide, sont même riches en potassium (entre autre)... Et on les trouve en vente libre dans des magasins bio, des boutiques en ligne, dans certaines pharmacie et on peut même, pour certaines, les récolter dans la nature en parfaite autonomie (à condition de veiller à les récolter loin de toute source de pollution).
Liste de plantes diurétiques déchlorurantes (sans garantie d’exhaustivité):
Barbe de maïs
Orthosiphon
Ortie (feuilles)
Bouleau (sève et feuilles)
Piloselle (également antibiotique vis à vis des bactéries Staphylococcus et Brucella)
Sureau noir (seconde écorce)
Bien entendu, émettre l'hypothèse qu'un médicament allopathique puisse être, peut-être, remplacé par un traitement de phytothérapie consiste à faire ce qu'on appelle en naturopathie de "l'allopathie verte", c'est à dire une naturopathie "boiteuse", la naturopathie idéale ayant pour objectif non de chercher à suppléer au "manquements" du corps en traitant un symptôme ou un organe isolé mais de rétablir le bon fonctionnement de tout le corps, ou du moins d'améliorer le fonctionnement de tout le corps, en améliorant le "terrain" dans son ensemble, en cherchant à remonter toujours à la cause des causes des dysfonctionnements et en prenant en compte non pas tels ou tels symptômes ou organes isolés mais l'individu et le corps dans sa globalité, tous les éléments du corps humain étant intimement liés et interdépendants.
Le naturopathe est optimiste: il estime que si le corps "dysfonctionne", il n'y a pas à y parer éternellement mais à lui permettre de se réparer, d'une part en cessant de lui nuire et d'autre part en lui procurant des conditions de vie optimum sur tous les plans: nutritionnel, environnemental, relationnel...
Références:
Livres:
Les plantes et les médicaments, Loïc Girre
Les plantes en pharmacie, Jean-Philippe Zahalka (docteur en pharmacie)
Secret d'une herboriste, Marie-Antoinette Mulot
Sites web:
http://www.flora-phyto.com/plantes/sambucus-nigra-l
http://www.complements-alimentaires.co/sortes-plantes-diuretiques-en-traitement/
http://www.progressivehealth.com/natural-diuretics.htm
Publications:
"Deux co-transporteurs de chlore contrôlent ces taux: le NKCC1 importe le chlore et est bloqué par le bumétanide ; le KCC2 se charge de rejeter l’excès de chlore hors de la cellule pour maintenir l’équilibre cellulaire..."
http://presse-inserm.fr/un-essai-clinique-prometteur-pour-diminuer-la-severite-des-troubles-autistiques/5743/
Sur http://www.science.gov/topicpages/n/nkcc1+inhibitor+bumetanide.html :
"Bumetanide is increasingly being used for experimental treatment of brain disorders, including neonatal seizures, epilepsy, and autism, because the neuronal Na-K-Cl cotransporter NKCC1, which is inhibited by bumetanide, is implicated in the pathophysiology of such disorders. However, use of bumetanide for treatment of brain disorders is associated with problems, including poor brain penetration and systemic adverse effects such as diuresis, hypokalemic alkalosis, and hearing loss."
The organic anion transport inhibitor probenecid increases brain concentrations of the NKCC1 inhibitor bumetanide.
"The loop diuretic bumetanide (Bumex) is thought to have antiepileptic properties via modulate GABAA mediated signaling through their antagonism of cation-chloride cotransporters. Given that loop diuretics may act as antiepileptic drugs that modulate GABAergic signaling, we sought to investigate whether they also affect hippocampal function."
Inhibition of NKCC1 Attenuated Hippocampal LTP Formation and Inhibitory Avoidance in Rat
"It is generally assumed that bumetanide possesses some selectivity for the renal Na-K-Cl cotransporter NKCC2, although the results are scarce in the literature and comparisons were done with extra-renal NKCC1 at its basal, almost silent state. Here we investigated NKCC2\\/NKCC1 selectivity of loop diuretic drugs (bumetanide, piretanide and furosemide) as a function of the NKCC1 activated state (NKCC1 was activated...
... In conclusion, loop diuretics had no NKCC2/NKCC1 selectivity, when NKCC1 is measured at its activated state. Basal NKCC1 has a reduced diuretic sensitivity, of very different magnitude depending on the diuretic drug and cell type in consideration."
Rat NKCC2\\/NKCC1 cotransporter selectivity for loop diuretic drugs/ http://academic.research.microsoft.com/Publication/34700067
"High-ceiling diuretics (HCD), known potent inhibitors of housekeeping Na(+),K(+),2Cl cotransporter (NKCC1) and renal-specific NKCC2, decrease [Cl(-)](i), hyperpolarize vascular smooth muscle cells (VSMC), and suppress contractions evoked by modest depolarization, phenylephrine, angiotensin II, and UTP. These actions are absent in nkcc1(/) knock-out mice, indicating that HCD interact with NKCC1 rather than with other potential targets."
NKCC1 and hypertension: role in the regulation of vascular smooth muscle contractions and myogenic tone.
"Clinical observations have shown that GABA-acting benzodiazepines exert paradoxical excitatory effects in autism, suggesting elevated intracellular chloride (Cl-)[subscript i] and excitatory action of GABA. In a previous double-blind randomized study, we have shown that the diuretic NKCC1 chloride importer antagonist bumetanide, that decreases (Cl-)[subscript i] and reinforces GABAergic inhibition, reduces the severity of autism symptoms. Here, we report results from an open-label trial pilot study in which we used functional magnetic resonance imaging and neuropsychological testing to determine the effects of 10 months bumetanide treatment in adolescents and young adults with autism. We show that bumetanide treatment improves emotion recognition and enhances the activation of brain regions involved in social and emotional perception during the perception of emotional faces. The improvement of emotion processing by bumetanide reinforces the usefulness of bumetanide as a promising treatment to improve social interactions in autism."
Improving Emotional Face Perception in Autism with Diuretic Bumetanide: A Proof-of-Concept Behavioral and Functional Brain Imaging Pilot Study /Hadjikhani, Nouchine; Zürcher, Nicole R; Rogier, Ophelie; Ruest, Torsten; Hippolyte, Loyse; Ben-Ari, Yehezkel; Lemonnier, Eric
Autism: The International Journal of Research and Practice, v19 n2 p149-157 Feb 2015 / http://eric.ed.gov/?q=improving+emotional+face+&id=EJ1050941
"The Na-K-Cl cotransporter (NKCC) couples the movement of Na+, K+, and Cl? ions across the plasma membrane of most animal cells and thus plays a central role in cellular homeostasis and human physiology."
Functional Expression of Human NKCC1 from a Synthetic Cassette-Based cDNA: Introduction of Extracellular Epitope Tags and Removal of Cysteines
"Accumulating evidence has demonstrated that the sodium-potassium-chloride co-transporter 1 and potassium-chloride co-transporter 2 have a role in the modulation of pain transmission at the spinal level through chloride regulation in the pain pathway and by effecting neuronal excitability and pain sensitization."
Analgesic effect of intrathecal bumetanide is accompanied by changes in spinal sodium-potassium-chloride co-transporter 1 and potassium-chloride co-transporter 2 expression in a rat model of incisional pain
vendredi 3 juillet 2015
Sensorialité et fatigabilité
Dans le cadre de mes études, je vais bientôt avoir 4 jours de cours de soins corporels, ce qui m'inquiète quelque peu et j'ai tenté d'expliquer par mail le pourquoi du comment à ma responsable pédagogique.
Je partage parce que j'ai souvent entendu dire qu'il est bon et nécessaire de "stimuler" les autistes dès le plus jeune âge, au maximum, pour qu'ils puissent apprendre à interagir avec les autres et qu'on oublie souvent que l'apprentissage des interactions sociales, pour les autistes, impliquent toujours une grosse dépense d'énergie (endocrine et nerveuse), qu'il n'est pas anodin de faire "travailler" un enfant 20, 30, 40h... par semaine pendant des années et que des systèmes nerveux et endocriniens surstimulés, ce sont des systèmes qui, à la longue, s'épuisent.
Le simple fait d'aller à l'école ou de sortir dans la rue peut être un tour de force sur le plan sensoriel pour un autiste et cela, répété chaque jour pendant des années, peut avoir de lourdes conséquences sur la santé de l'adulte qu'il va devenir. Ca mériterait d'être dit plus souvent.
Donc voilà, le mail envoyé:
Je partage parce que j'ai souvent entendu dire qu'il est bon et nécessaire de "stimuler" les autistes dès le plus jeune âge, au maximum, pour qu'ils puissent apprendre à interagir avec les autres et qu'on oublie souvent que l'apprentissage des interactions sociales, pour les autistes, impliquent toujours une grosse dépense d'énergie (endocrine et nerveuse), qu'il n'est pas anodin de faire "travailler" un enfant 20, 30, 40h... par semaine pendant des années et que des systèmes nerveux et endocriniens surstimulés, ce sont des systèmes qui, à la longue, s'épuisent.
Le simple fait d'aller à l'école ou de sortir dans la rue peut être un tour de force sur le plan sensoriel pour un autiste et cela, répété chaque jour pendant des années, peut avoir de lourdes conséquences sur la santé de l'adulte qu'il va devenir. Ca mériterait d'être dit plus souvent.
Donc voilà, le mail envoyé:
Je sais très bien ce que mes hypersensibilités sensorielles "signifient", pour reprendre le terme que tu as employé dans ton message: elle veulent dire que j'ai une neurologie un peu atypique, que je suis autiste!!!
J'ai le syndrome d'Asperger (ça se prononce "asperguère"), une forme "légère" d'autisme. J'ai été diagnostiquée sur le tard l'année dernière, parce qu'en France très peu de professionnels de la santé savent en quoi consiste l'autisme, du coup il est mal dépisté et beaucoup de gens ignorent que certains autistes parlent!!
Bref, C. et S. sont au courant et vous pouvez en parler entre vous au besoin. J'ai obtenu une Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé au mois de mars dernier.
L'autisme implique souvent, entre autre, des troubles de la perception sensorielle: hyper ou hypo sensibilités auditives, tactiles, visuelles, etc... Le système nerveux des autistes a tendance à être hyper perceptif et hyper réactif (il "surchauffe" facilement!). Il y a pas mal d'info sur le sujet sur le net, comme là: http://www.egalited.org/Integration_Sensorielle.html En sachant qu'on peut être hypersensible aux touchers "légers" (effleurements) et hypo sensible à la douleur, par exemple.
Perso, je suis surtout hypersensible au toucher et au bruit. Dans certaines circonstances, dans certains "cadres", le bruit peut m'être agréable (comme à un concert rock par exemple, parce que j'adore le rock) et dans d'autres circonstances très pénible (ça m'est arrivé de me boucher les oreilles en cours, tellement je n'en pouvais plus du brouhaha des bavardages pendant que le formateur parlait).
Perso, je suis surtout hypersensible au toucher et au bruit. Dans certaines circonstances, dans certains "cadres", le bruit peut m'être agréable (comme à un concert rock par exemple, parce que j'adore le rock) et dans d'autres circonstances très pénible (ça m'est arrivé de me boucher les oreilles en cours, tellement je n'en pouvais plus du brouhaha des bavardages pendant que le formateur parlait).
Pareil pour le toucher: dans certaines circonstances, être hyper tactile à des avantages (pour profiter d'un massage chez le kiné ou d'un câlin avec un amoureux) mais dans d'autres circonstances, par exemple quand je dois parler-réfléchir-mémoriser-comprendre en même temps que je touche quelqu'un ou en même temps qu'on me touche et pendant que des gens parlent et bougent autour de moi (comme lors des brèves initiations à la palpations qu'on a eu en cours), sans parler des camions et des motos qui passent dans la rue..., là ça devient chaotique dans ma tête et tout bonnement physiquement épuisant. Ca devient aussi absurde que de faire une séance de psychothérapie au milieu du hall de la gare de la Part Dieu à l'heure de pointe, pour essayer de faire une comparaison un peu parlante, ou aussi "compliqué" que de faire l'amour sous la surveillance d'une équipe médicale, ou aussi éreintant que d'enchaîner 3 marathons à la suite.
Les troubles de la perception sensorielle sont grosso modo des problèmes de "filtration" des stimuli au niveau du système nerveux central: dans le cas des hyper sensibilités, les stimuli "envahissent" tout et entravent le fonctionnement des fonctions cognitives (c'est à dire comprendre ce qu'on nous dit, réfléchir, se souvenir, interagir socialement, etc...), un peu comme quand tu lances un gros logiciel sur ton ordi et que ça fait planter tous les autres ou que ton ordi se met à fonctionner au ralenti, parce qu'il n'a pas assez de mémoire vive pour tout faire. Le logiciel "sensoriel" est plus ou moins énorme (et biscornu) chez les autistes et "écrase" vite tous les autres.
Ca a des avantages, comme de rendre le sexe méditatif, mais ça rend les interactions sociales et les journées de cours très compliquées et franchement éreintantes.
Donc voilà ce que ça signifie pour moi, mes hypersensibilités sensorielles: beaucoup de fatigue! et avec l'âge, je suis forcée d'apprendre à mieux respecter mes limites et mes petites réserves d'énergie, réserves qui se sont bien réduites à force de les dépenser à tout va pour apprendre à interagir et à communiquer à peu près "normalement" ou pour apprendre à "gérer" ces hypersensibilités et à en "travailler" les bons côtés. Maintenant, le gros apprentissage qu'il me reste à faire c'est à être en "écologie" avec moi-même et ça implique de ne pas me forcer à faire des trucs épuisants qui me videront de mon énergie pour plusieurs jours.
Donc je comprends bien que ces cours de soins corporels sont "obligatoires" et que ne serait-ce que par soucis d'honnêteté intellectuelle, je me dois de m'y astreindre au moins une journée mais si je constate que ça m'épuise trop, je crois que je tenterai de faire valoir ma RQTH au près de l'école pour être dispensée des journées de cours suivants.
Donc je comprends bien que ces cours de soins corporels sont "obligatoires" et que ne serait-ce que par soucis d'honnêteté intellectuelle, je me dois de m'y astreindre au moins une journée mais si je constate que ça m'épuise trop, je crois que je tenterai de faire valoir ma RQTH au près de l'école pour être dispensée des journées de cours suivants.
Ou alors, dans l'idéal, pour une "adaptation" personnalisée du cours: faudrait que je le fasse en plusieurs sessions d'une heure ou deux maximum, en tête à tête juste avec A., au calme, et qu'elle fasse le cobaye autant que la prof!!!! Et je doute que ce soit réalisable!!
Tu pourras faire suivre ce mail à A., s'il te plait? et au besoin à C. et S., parce que pour moi c'est plus facile d'expliquer tout ça à l'écrit qu'à l'oral!!!
lundi 22 juin 2015
Super Pépette, pas autiste?
Mise en garde: on m'a prévenue que certains ont du mal à comprendre cet article (petite dyslexie?!!).
Donc pour que ce soit clair (sans avoir à tout réécrire): je ne remets absolument pas en question le diag de qui que ce soit ici.
Je ne remets en question que la compétence de certains psychiatres!!!
Mai 2016.
- - -
Parfois, sur les "réseaux sociaux", sur des groupes de discussions consacrés à l'autisme, au syndrome d'Asperger, des gens font des "retours" de leur expérience avec les CRA (et avec les centres d'évaluation et de diagnostic de l'autisme pour les adultes).
Tout finit toujours par se savoir, surtout de nos jours.
Des gens, comme moi, qui se sentent et se pensent "aspie" (autiste Asperger), vont passer une évaluation dans un CRA.
Et là, parfois, on leur dit que les aspies qui font des conférences - comme "Super Pépette" ou Josef Schovanec, ne sont pas vraiment aspies.
Des CRA remettent donc en question les diagnostics d'autres CRA.
Des psychiatres remettent en question les diagnostics posés par d'autres psychiatres.
Petite querelle de clochers? Restrictions budgétaires? Il ne faut pas que les chiffres de l'autisme grimpent trop trop en France, parce qu'on n'a pas les moyens de fournir les prises en charge adaptées en proportion?
Le plus ironique, c'est lorsque ces gens qui se pensent aspies sont déclarés "Haut Potentiel" ou "HQI": en somme, on leur dit qu'ils sont très intelligents mais très stupides aussi quand même: "Oui vous avez plein de traits autistiques, en effet, mais non, vous n'êtes pas autiste voyons! C'est ridicule, cette idée! Vous avez juste un trouble anxieux et vous avez juste besoin d'un psy, mais vous êtes très intelligent, c'est plutôt cool".
On peut aussi entendre des choses comme ça: "Etre anxieux, c'est plutôt bien dans le fond, ça rend prévoyant, même que mr le psychiatre qui vous a évaluée est comme vous!".
Ah tiens donc...
Parfois on se dit que si certains médecins refusent de diagnostiquer certains aspies, c'est parce que - par soucis d'honnêteté et d'intégrité professionnelle, cela les forcerait à terme à se diagnostiquer eux-même. Et un médecin "psychotique", ça fait tâche, n'est-ce pas? "lol".
Pardon pour ces libertés de langage, mais vaut mieux essayer d'en rire, n'est-ce pas?
Je précise au besoin que l'autisme est un trouble neurologique et non pas une psychose mais qu'en France de nombreux médecins l'ignorent et que même s'ils ne l'ignorent pas, ils savent parfaitement que beaucoup de leurs collègues l'ignorent - et ça, ça fait peur, à juste titre!
Vous avez déjà essayé de parler à un médecin persuadé que vous êtes un psychotique? Je peux vous le dire: c'est très, très désagréable.
Bref, dire que ces "soit-disant autistes" qui font des conférences ne sont pas "vraiment" autistes, ça revient à dire qu'un paraplégique n'est pas vraiment handicapé puisqu'il peut bouger tout le haut du corps.
Quand c'est "monsieur ou madame tout le monde" qui tient ce genre de propos, ça peut se comprendre, mais quand il s'agit de médecins payés par l'Etat, on se dit qu'il y a encore du boulot... Et je dis ça, c'est pour être polie.
Donc pour que ce soit clair (sans avoir à tout réécrire): je ne remets absolument pas en question le diag de qui que ce soit ici.
Je ne remets en question que la compétence de certains psychiatres!!!
Mai 2016.
- - -
Parfois, sur les "réseaux sociaux", sur des groupes de discussions consacrés à l'autisme, au syndrome d'Asperger, des gens font des "retours" de leur expérience avec les CRA (et avec les centres d'évaluation et de diagnostic de l'autisme pour les adultes).
Tout finit toujours par se savoir, surtout de nos jours.
Des gens, comme moi, qui se sentent et se pensent "aspie" (autiste Asperger), vont passer une évaluation dans un CRA.
Et là, parfois, on leur dit que les aspies qui font des conférences - comme "Super Pépette" ou Josef Schovanec, ne sont pas vraiment aspies.
Des CRA remettent donc en question les diagnostics d'autres CRA.
Des psychiatres remettent en question les diagnostics posés par d'autres psychiatres.
Petite querelle de clochers? Restrictions budgétaires? Il ne faut pas que les chiffres de l'autisme grimpent trop trop en France, parce qu'on n'a pas les moyens de fournir les prises en charge adaptées en proportion?
Le plus ironique, c'est lorsque ces gens qui se pensent aspies sont déclarés "Haut Potentiel" ou "HQI": en somme, on leur dit qu'ils sont très intelligents mais très stupides aussi quand même: "Oui vous avez plein de traits autistiques, en effet, mais non, vous n'êtes pas autiste voyons! C'est ridicule, cette idée! Vous avez juste un trouble anxieux et vous avez juste besoin d'un psy, mais vous êtes très intelligent, c'est plutôt cool".
On peut aussi entendre des choses comme ça: "Etre anxieux, c'est plutôt bien dans le fond, ça rend prévoyant, même que mr le psychiatre qui vous a évaluée est comme vous!".
Ah tiens donc...
Parfois on se dit que si certains médecins refusent de diagnostiquer certains aspies, c'est parce que - par soucis d'honnêteté et d'intégrité professionnelle, cela les forcerait à terme à se diagnostiquer eux-même. Et un médecin "psychotique", ça fait tâche, n'est-ce pas? "lol".
Pardon pour ces libertés de langage, mais vaut mieux essayer d'en rire, n'est-ce pas?
Je précise au besoin que l'autisme est un trouble neurologique et non pas une psychose mais qu'en France de nombreux médecins l'ignorent et que même s'ils ne l'ignorent pas, ils savent parfaitement que beaucoup de leurs collègues l'ignorent - et ça, ça fait peur, à juste titre!
Vous avez déjà essayé de parler à un médecin persuadé que vous êtes un psychotique? Je peux vous le dire: c'est très, très désagréable.
Bref, dire que ces "soit-disant autistes" qui font des conférences ne sont pas "vraiment" autistes, ça revient à dire qu'un paraplégique n'est pas vraiment handicapé puisqu'il peut bouger tout le haut du corps.
Quand c'est "monsieur ou madame tout le monde" qui tient ce genre de propos, ça peut se comprendre, mais quand il s'agit de médecins payés par l'Etat, on se dit qu'il y a encore du boulot... Et je dis ça, c'est pour être polie.
samedi 20 juin 2015
Test pour la sensibilité au gluten
Image extraite d'un article de Chris Kresser: "3 reasons why gluten intolerance may be more serious than celiac disease", illustrant le détail d'un bilan sanguin visant à dépister une sensibilité au gluten non-coeliaque (cliquer pour voir en + grand):
Aucune idée si des labos français sont capable d'un tel niveau!
J'en profite pour préciser que - quelque soit le sujet, je doute qu'il existe un article ou un livre "parfait" en tout point, autrement dit 100% fiable, garanti sans erreurs/imprécisions/oublis (personne ne peut tout savoir sur tout).
Par exemple, dans cet article, Chris Kresser utilise le terme "intolerance" comme un synonyme de "sensitivity", ce qui me semble très propice à la confusion...
Dans l'édition française de "Grain Brain" du Dr Perlmutter - "Ces glucides qui menacent notre cerveau", le terme "sensibilité au gluten" disparaît carrément, remplacé par celui d'"intolérance au gluten", alors qu'en France on utilise communément ce terme d'intolérance en synonyme de maladie cœliaque.
Aucune idée si des labos français sont capable d'un tel niveau!
J'en profite pour préciser que - quelque soit le sujet, je doute qu'il existe un article ou un livre "parfait" en tout point, autrement dit 100% fiable, garanti sans erreurs/imprécisions/oublis (personne ne peut tout savoir sur tout).
Par exemple, dans cet article, Chris Kresser utilise le terme "intolerance" comme un synonyme de "sensitivity", ce qui me semble très propice à la confusion...
Dans l'édition française de "Grain Brain" du Dr Perlmutter - "Ces glucides qui menacent notre cerveau", le terme "sensibilité au gluten" disparaît carrément, remplacé par celui d'"intolérance au gluten", alors qu'en France on utilise communément ce terme d'intolérance en synonyme de maladie cœliaque.
lundi 15 juin 2015
Préparation du mémoire
Dans quelques mois, j'aurai à rendre un mémoire d'une trentaine de pages, afin de valider ma formation. Bien sûr, je prévois de l'écrire sur l'autisme. J'envisage un comparatif de l'approche "biomédicale" avec les techniques naturopathiques.
J'ai lu des livres, je lis des livres, je lirai des livres... Sans compter les articles les plus sérieux qu'on peut trouver sur le net, comme sur le site de Pubmed (ncbi.nlm.nih.gov), par exemple.
J'ai un peu peur de me noyer dans la masse d'information disponible et la masse de sujets que mon "axe" peut me permettre d'aborder, de la gastroentérologie à la psychothérapie chamanique...
Entre autres, donc:
J'ai lu des livres, je lis des livres, je lirai des livres... Sans compter les articles les plus sérieux qu'on peut trouver sur le net, comme sur le site de Pubmed (ncbi.nlm.nih.gov), par exemple.
J'ai un peu peur de me noyer dans la masse d'information disponible et la masse de sujets que mon "axe" peut me permettre d'aborder, de la gastroentérologie à la psychothérapie chamanique...
Entre autres, donc:
lundi 20 avril 2015
Lettre ouverte à ma "psy"
Plus précisément, lettre à mon ancienne psychothérapeute qui m'a suivie de 2000 à 2008. Au début de ma thérapie je souffrais de dépression, phobie sociale, anxiété généralisée, troubles du comportement alimentaire... J'ai arrêté les séances peu de temps après avoir trouvé mon premier emploi.
Aujourd'hui, je recontacte ma "psy" par lettre:
Madame ...,
Vous vous souvenez probablement que je vous avais appelée fin 2012 afin de vous demander ce que vous pensiez de la possibilité que j'ai une forme légère d'autisme (le Syndrome d'Asperger, sans retard de langage ni retard intellectuel).
Par la suite, j'ai effectué plusieurs démarches au près de différents professionnels. Le parcours a été laborieux mais il a débouché récemment sur l'obtention d'une RQTH.
Pour information, je me permets de vous faire parvenir quelques éléments de mon "dossier": copie de deux pages extraites de mon bilan psychométrique fait chez Mme R., neuropsychologue à Chambéry; copie du certificat médical rempli par le Dr G. d'Aix En Provence pour la demande de RQTH et copie de la décision de la MDPH.
Par ce courrier, j'aimerais vous encourager à vous informer sur l'autisme. Les autistes, enfants et adultes, "typiques" à "légers" sont loin d'être tous diagnostiqués et certains sont porteurs de diagnostics erronés ou incomplets (psychose, dépression, trouble anxieux, trouble du comportement alimentaire...).
L'autisme est un trouble neurodéveloppemental. Il peut être considéré comme une simple différence, un "neuroatypisme" (accompagné de toutes sortes de comorbidités: trouble de l'humeur et du comportement, épilepsie, TDAH, troubles gastro-intestinaux...*): beaucoup d'autistes préfèrent le considérer comme une façon d'être plutôt que comme une pathologie. Quoi qu'il en soit, il reste souvent un handicap pour beaucoup, dans notre société où tout doit aller vite et où l'atypisme est plus souvent considéré comme une déviance que comme une force.
Dans la plupart des cas, un diagnostic aussi précoce que possible, une "reconnaissance" de cette différence permet d'accéder à des prises en charge adaptées et surtout à une meilleure compréhension et acceptation de soi (et de l'autre).
On compte environ 1% d'autistes en France et quelque chose me dit que cette proportion pourrait être plus importante dans la clientèle des psychothérapeutes et psychologues. Les autistes peuvent souffrir de "névroses" (et autres problèmes "psy"), comme tout le monde, mais leur "noyau autistique" - pour reprendre un terme que vous aviez employé, lui, n'est pas une névrose! C'est le coeur de leur être, de leur neurologie, c'est leur façon de percevoir, d'expérimenter, de ressentir et de penser le monde et celle-ci n'est pas défectueuse mais atypique, source de fragilités autant que de talents.
La psychothérapie que j'ai suivie avec vous est loin d'avoir été inutile. Avec vous j'ai appris à mieux m'exprimer, à discuter en tête à tête avec quelqu'un, à mieux reconnaître et analyser mes émotions et sensations, notre échange m'a permis de soigner et cicatriser de nombreuses blessures, il m'a aidée à apprivoiser l'autre, à calmer mes peurs... Seulement je reste persuadée que l'échange m'aurait permis d'avancer plus vite et peut-être plus "loin" (à moindre coût!) si j'avais eu en face de moi une personne formée à l'autisme.
A l'époque, en 2000, l'information sur le sujet était encore difficile à trouver, surtout en France. Aujourd'hui, c'est différent, même si la France reste à la traîne comparée aux pays anglo-saxons ou scandinaves. Il existe non seulement de nombreux ouvrages sur le sujet (voir ceux de Gepner, Attwood, Grandin, Schovanek, Horiot...) mais aussi des formations professionnelles dispensées par des structures compétentes, comme les CRA (via par exemple le CESA à Chambéry) ou les associations (comme Autisme Eveil en Haute-Savoie).
Et il y a aussi ce qu'on appelle le "biomédical", qui permet de traiter les "comorbidités" de l'autisme. Début 2013 j'ai repris des études, je suis actuellement en troisième année de naturopathie à Natur'Alpes, à Aix-Les-Bains et je prévois d'écrire mon mémoire sur l'autisme.
Au moment de choisir ma formation en 2012, j'ai hésité un moment entre naturopathie et psychothérapie. J'ai opté pour la naturopathie car, ces dernières années, mon expérience personnelle m'a permis de constater que sans une prise en charge du corps (sur le plan physiologique), l'esprit ne peut s'épanouir au mieux. Vous vous souvenez peut-être qu'en séance nous revenions souvent sur cette mystérieuse tristesse qui m'habitais depuis la petite enfance? Eh bien en 2011 cette tristesse a fondu comme neige au soleil quelques mois après que j'ai arrêté de consommer du blé. L'esprit et la psychologie peuvent beaucoup... mais pas tout!
Enfin, je me permets de faire de cette lettre une lettre "ouverte" postée sur mon "blog étudiant", dans le respect total de votre anonymat. En tant qu'autiste ayant développé un petit côté "activiste" et en tant que future naturopathe, j'estime utile, voir nécessaire de partager mon expérience et mon point de vue sur la psychologie et la psychothérapie.
Avec mes meilleures salutations,
Caroline Vigneron
* Contenu de la parenthèse modifié après envoi le 23-04-15
Aujourd'hui, je recontacte ma "psy" par lettre:
Madame ...,
Vous vous souvenez probablement que je vous avais appelée fin 2012 afin de vous demander ce que vous pensiez de la possibilité que j'ai une forme légère d'autisme (le Syndrome d'Asperger, sans retard de langage ni retard intellectuel).
Par la suite, j'ai effectué plusieurs démarches au près de différents professionnels. Le parcours a été laborieux mais il a débouché récemment sur l'obtention d'une RQTH.
Pour information, je me permets de vous faire parvenir quelques éléments de mon "dossier": copie de deux pages extraites de mon bilan psychométrique fait chez Mme R., neuropsychologue à Chambéry; copie du certificat médical rempli par le Dr G. d'Aix En Provence pour la demande de RQTH et copie de la décision de la MDPH.
Par ce courrier, j'aimerais vous encourager à vous informer sur l'autisme. Les autistes, enfants et adultes, "typiques" à "légers" sont loin d'être tous diagnostiqués et certains sont porteurs de diagnostics erronés ou incomplets (psychose, dépression, trouble anxieux, trouble du comportement alimentaire...).
L'autisme est un trouble neurodéveloppemental. Il peut être considéré comme une simple différence, un "neuroatypisme" (accompagné de toutes sortes de comorbidités: trouble de l'humeur et du comportement, épilepsie, TDAH, troubles gastro-intestinaux...*): beaucoup d'autistes préfèrent le considérer comme une façon d'être plutôt que comme une pathologie. Quoi qu'il en soit, il reste souvent un handicap pour beaucoup, dans notre société où tout doit aller vite et où l'atypisme est plus souvent considéré comme une déviance que comme une force.
Dans la plupart des cas, un diagnostic aussi précoce que possible, une "reconnaissance" de cette différence permet d'accéder à des prises en charge adaptées et surtout à une meilleure compréhension et acceptation de soi (et de l'autre).
On compte environ 1% d'autistes en France et quelque chose me dit que cette proportion pourrait être plus importante dans la clientèle des psychothérapeutes et psychologues. Les autistes peuvent souffrir de "névroses" (et autres problèmes "psy"), comme tout le monde, mais leur "noyau autistique" - pour reprendre un terme que vous aviez employé, lui, n'est pas une névrose! C'est le coeur de leur être, de leur neurologie, c'est leur façon de percevoir, d'expérimenter, de ressentir et de penser le monde et celle-ci n'est pas défectueuse mais atypique, source de fragilités autant que de talents.
La psychothérapie que j'ai suivie avec vous est loin d'avoir été inutile. Avec vous j'ai appris à mieux m'exprimer, à discuter en tête à tête avec quelqu'un, à mieux reconnaître et analyser mes émotions et sensations, notre échange m'a permis de soigner et cicatriser de nombreuses blessures, il m'a aidée à apprivoiser l'autre, à calmer mes peurs... Seulement je reste persuadée que l'échange m'aurait permis d'avancer plus vite et peut-être plus "loin" (à moindre coût!) si j'avais eu en face de moi une personne formée à l'autisme.
A l'époque, en 2000, l'information sur le sujet était encore difficile à trouver, surtout en France. Aujourd'hui, c'est différent, même si la France reste à la traîne comparée aux pays anglo-saxons ou scandinaves. Il existe non seulement de nombreux ouvrages sur le sujet (voir ceux de Gepner, Attwood, Grandin, Schovanek, Horiot...) mais aussi des formations professionnelles dispensées par des structures compétentes, comme les CRA (via par exemple le CESA à Chambéry) ou les associations (comme Autisme Eveil en Haute-Savoie).
Et il y a aussi ce qu'on appelle le "biomédical", qui permet de traiter les "comorbidités" de l'autisme. Début 2013 j'ai repris des études, je suis actuellement en troisième année de naturopathie à Natur'Alpes, à Aix-Les-Bains et je prévois d'écrire mon mémoire sur l'autisme.
Au moment de choisir ma formation en 2012, j'ai hésité un moment entre naturopathie et psychothérapie. J'ai opté pour la naturopathie car, ces dernières années, mon expérience personnelle m'a permis de constater que sans une prise en charge du corps (sur le plan physiologique), l'esprit ne peut s'épanouir au mieux. Vous vous souvenez peut-être qu'en séance nous revenions souvent sur cette mystérieuse tristesse qui m'habitais depuis la petite enfance? Eh bien en 2011 cette tristesse a fondu comme neige au soleil quelques mois après que j'ai arrêté de consommer du blé. L'esprit et la psychologie peuvent beaucoup... mais pas tout!
Enfin, je me permets de faire de cette lettre une lettre "ouverte" postée sur mon "blog étudiant", dans le respect total de votre anonymat. En tant qu'autiste ayant développé un petit côté "activiste" et en tant que future naturopathe, j'estime utile, voir nécessaire de partager mon expérience et mon point de vue sur la psychologie et la psychothérapie.
Avec mes meilleures salutations,
Caroline Vigneron
* Contenu de la parenthèse modifié après envoi le 23-04-15
dimanche 1 mars 2015
Comorbidités relatives aux troubles du spectre de l'autisme
Un pdf sur le site d'Autism Canada... Je l'ai déniché grâce à un groupe de discussion facebook consacré à l'approche biomédicale de l'autisme.
Vive le net!
Extraits:
Page 3: "Selon les études, les personnes atteintes de TSA ont des taux beaucoup plus élevés que prévu d’otites et d’infections respiratoires, d’allergies alimentaires, de rhinite allergique, de dermatite atopique, de diabète de type 1, d’asthme, de problèmes gastro-intestinaux, de troubles du sommeil, de schizophrénie, de maux de tête et migraines, d’épilepsie et de dystrophie musculaire (Chen, 2013; Gurney, 2006; Isaksen et coll., 2012; Kohane et coll., 2012; Mazurek et coll., 2012; Schieve et coll., 2012)."
Page 6: "Avant, les TSA étaient communément compris comme étant un trouble neurodéveloppemental et comportemental n’affectant que les fonctions cérébrales et donc n’étant l’affaire que de la psychiatrie et de la neurologie. On reconnaît désormais de plus en plus qu’il s’agit en fait d’un trouble qui affecte tout le corps. Les déficiences principales en communication, en interaction sociale, en comportements stéréotypés, restrictifs ou communs notés dans les TSA sont maintenant expliquées comme des manifestations en surface d’une variété de procédés biologiques et systémiques complexes."
Page 10: "Une quantité croissante de preuves suggère qu’il existe un lien entre la présence de troubles allergiques, y compris les allergies alimentaires, et le développement comportemental et neurologique (Chang et coll., 2013; Khandaker et coll., 2013; Meldrum et coll., 2012). Les réactions allergiques dues aux IgE et aux non IgE sont toutes deux reconnues comme des facteurs causals d’anxiété et de troubles de l’humeur. De telles réactions contribuent aux problèmes de concentration, à l’irritabilité, aux tics, à l’hyperactivité, aux troubles du sommeil et à la somnolence de jour, tant chez les enfants que chez les adultes (Dahl et coll., 1995; Shyu et coll., 2012)."
Page 13: "Il est important dans ce contexte de souligner que plusieurs types de dysfonctions neurologiques sont des manifestations bien connues de la sensibilité au gluten chez les humains, et que celles-ci peuvent avoir lieu même en l’absence de symptômes intestinaux. Les professionnels de la santé devraient prendre connaissance de la possibilité d’une intolérance non cœliaque chez certains patients atteints de TSA, surtout ceux souffrant de maladies atopiques, de migraines et de troubles d’anxiété ou d’humeur. On conseille aux cliniciens de se familiariser avec les présentations neurologiques communes de l’intolérance au gluten, comme l’épilepsie, l’ataxie, la neuropathie, les migraines, les sautes d’humeur et l’anxiété, ainsi qu’avec le moyen de diagnostiquer cette maladie (Hadjivassiliou, 2014; Peters et coll., 2014)."
http://autismcanada.org/fr/pdfs/MedicalComorbidities.pdf
Vive le net!
Extraits:
Page 3: "Selon les études, les personnes atteintes de TSA ont des taux beaucoup plus élevés que prévu d’otites et d’infections respiratoires, d’allergies alimentaires, de rhinite allergique, de dermatite atopique, de diabète de type 1, d’asthme, de problèmes gastro-intestinaux, de troubles du sommeil, de schizophrénie, de maux de tête et migraines, d’épilepsie et de dystrophie musculaire (Chen, 2013; Gurney, 2006; Isaksen et coll., 2012; Kohane et coll., 2012; Mazurek et coll., 2012; Schieve et coll., 2012)."
Page 6: "Avant, les TSA étaient communément compris comme étant un trouble neurodéveloppemental et comportemental n’affectant que les fonctions cérébrales et donc n’étant l’affaire que de la psychiatrie et de la neurologie. On reconnaît désormais de plus en plus qu’il s’agit en fait d’un trouble qui affecte tout le corps. Les déficiences principales en communication, en interaction sociale, en comportements stéréotypés, restrictifs ou communs notés dans les TSA sont maintenant expliquées comme des manifestations en surface d’une variété de procédés biologiques et systémiques complexes."
Page 10: "Une quantité croissante de preuves suggère qu’il existe un lien entre la présence de troubles allergiques, y compris les allergies alimentaires, et le développement comportemental et neurologique (Chang et coll., 2013; Khandaker et coll., 2013; Meldrum et coll., 2012). Les réactions allergiques dues aux IgE et aux non IgE sont toutes deux reconnues comme des facteurs causals d’anxiété et de troubles de l’humeur. De telles réactions contribuent aux problèmes de concentration, à l’irritabilité, aux tics, à l’hyperactivité, aux troubles du sommeil et à la somnolence de jour, tant chez les enfants que chez les adultes (Dahl et coll., 1995; Shyu et coll., 2012)."
Page 13: "Il est important dans ce contexte de souligner que plusieurs types de dysfonctions neurologiques sont des manifestations bien connues de la sensibilité au gluten chez les humains, et que celles-ci peuvent avoir lieu même en l’absence de symptômes intestinaux. Les professionnels de la santé devraient prendre connaissance de la possibilité d’une intolérance non cœliaque chez certains patients atteints de TSA, surtout ceux souffrant de maladies atopiques, de migraines et de troubles d’anxiété ou d’humeur. On conseille aux cliniciens de se familiariser avec les présentations neurologiques communes de l’intolérance au gluten, comme l’épilepsie, l’ataxie, la neuropathie, les migraines, les sautes d’humeur et l’anxiété, ainsi qu’avec le moyen de diagnostiquer cette maladie (Hadjivassiliou, 2014; Peters et coll., 2014)."
http://autismcanada.org/fr/pdfs/MedicalComorbidities.pdf
Libellés :
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samedi 28 février 2015
Crudivorisme et neuroatypisme
Mise à jour, février 2022:
Une de mes contacts à déterré ce vieil article de ce vieux blog et, après relecture, je tiens à faire quelques précisions:
J'ai écrit cet article environ 2 ans 1/2 après avoir découvert le crudivorisme et le végétalisme en juillet 2012. Cet article contient plein de bonnes choses (en particulier sur les spécificités des personnes neuroatypiques), mais pas que.
A l'époque où j'ai écrit cet article, je peux dire rétrospectivement que je "croyais" encore à la dogmatique crudi-végane. Depuis, j'en suis revenue. Je suis redevenue omnivore progressivement durant l'été 2015. Mon état de santé s'était dégradé et remanger des produits animaux m'a aidé à retrouver une meilleure santé. De nombreux facteurs environnementaux étaient responsables de la dégradation de mon état (gros facteurs psycho-émotionnels, surcharge de travail et de stress, stérilet en cuivre, exposition au wifi et smartphones en permanence...).
Le végétalisme n'a clairement pas aidé, au contraire, il a été un facteur de stress à part entière.
Dans l'article ci-dessous, je mentionne souvent la "détox". Elle a bon dos.
A présent je pense qu'aucune forme de végétalisme ne peut prodiguer tous les nutriments dont le corps a besoin. J'en suis même arrivée à l'opinion que le véganisme est foncièrement anti-naturel. Quand au bout de 6 mois ou de 3 ans de végétalisme, on commence à se rendre compte que des choses se passent mal, il est fort probable que ce ne soit pas du tout la "détox" mais le résultat de carences et de troubles digestifs, provoqués par le végétalisme.
Si je devais faire des recommandations en terme de lectures, plutôt que le "crudivorisme", je vous recommanderais d'avantage le thème de "l'alimentation vivante", des aliments fermentés, et des régimes GAPS et paléo. Pour s'informer sur le thème de la nutrition et de la micronutrition, je vous recommande de farfouiller sur les sites web et dans les interviews, podcasts, etc... du Pr Chris Masterjohn, de Julien Venesson, de Chriss Kresser, du Dr Jack Kruse, du Dr Sarah Ballantyne (Paleo Mom) et de Taty Lauwers.
Si des personnes souhaitent tester le crudivorisme, je les encourage vivement à se tenir éloignées du crudivorisme 100% végétal. On peut faire une mousse au chocolat crue, avec des oeufs et du chocolat noir cru à 70% de cacao, ce sera cru, ce sera végétarien et gourmand et plus sain que de se nourrir exclusivement de fruits et de verdure, surtout en hiver. Autre exemples: de la truite fumée avec du beurre au lait cru, de la faisselle de chèvre au lait cru avec un peu de miel, des huitres, de la noix de jambon ou du saucisson sans sels nitrités, etc...
En cas de végétalisme, la supplémentation en vitamine B12 et omega 3 (EPA/DHA) ne devrait JAMAIS être négligée.
Dans tous les cas, la supplémentation en vitamine D3 d'octobre à avril devrait être systématique en France métropolitaine (Julien Venesson recommande une dose de 1000UI / tranche de 15kg de poids corporel/jour, soit 4000UI/jour pour une personne de 60kg).
J'ai été végétalienne pendant environ 3 ans, c'est une des pires expériences que j'ai faite en matière de nutrition et, des expériences, j'en ai fait beaucoup. A 45 ans, je commence à avoir du recul. L'alimentation sans céréales, OUI, je continue à la recommander, à fond, pour tout le monde. Le végétalisme, NON, ou alors un jour pas semaine, maximum.
Prenez soin de vous!
J'ai écrit cet article environ 2 ans 1/2 après avoir découvert le crudivorisme et le végétalisme en juillet 2012. Cet article contient plein de bonnes choses (en particulier sur les spécificités des personnes neuroatypiques), mais pas que.
A l'époque où j'ai écrit cet article, je peux dire rétrospectivement que je "croyais" encore à la dogmatique crudi-végane. Depuis, j'en suis revenue. Je suis redevenue omnivore progressivement durant l'été 2015. Mon état de santé s'était dégradé et remanger des produits animaux m'a aidé à retrouver une meilleure santé. De nombreux facteurs environnementaux étaient responsables de la dégradation de mon état (gros facteurs psycho-émotionnels, surcharge de travail et de stress, stérilet en cuivre, exposition au wifi et smartphones en permanence...).
Le végétalisme n'a clairement pas aidé, au contraire, il a été un facteur de stress à part entière.
Dans l'article ci-dessous, je mentionne souvent la "détox". Elle a bon dos.
A présent je pense qu'aucune forme de végétalisme ne peut prodiguer tous les nutriments dont le corps a besoin. J'en suis même arrivée à l'opinion que le véganisme est foncièrement anti-naturel. Quand au bout de 6 mois ou de 3 ans de végétalisme, on commence à se rendre compte que des choses se passent mal, il est fort probable que ce ne soit pas du tout la "détox" mais le résultat de carences et de troubles digestifs, provoqués par le végétalisme.
Si je devais faire des recommandations en terme de lectures, plutôt que le "crudivorisme", je vous recommanderais d'avantage le thème de "l'alimentation vivante", des aliments fermentés, et des régimes GAPS et paléo. Pour s'informer sur le thème de la nutrition et de la micronutrition, je vous recommande de farfouiller sur les sites web et dans les interviews, podcasts, etc... du Pr Chris Masterjohn, de Julien Venesson, de Chriss Kresser, du Dr Jack Kruse, du Dr Sarah Ballantyne (Paleo Mom) et de Taty Lauwers.
Si des personnes souhaitent tester le crudivorisme, je les encourage vivement à se tenir éloignées du crudivorisme 100% végétal. On peut faire une mousse au chocolat crue, avec des oeufs et du chocolat noir cru à 70% de cacao, ce sera cru, ce sera végétarien et gourmand et plus sain que de se nourrir exclusivement de fruits et de verdure, surtout en hiver. Autre exemples: de la truite fumée avec du beurre au lait cru, de la faisselle de chèvre au lait cru avec un peu de miel, des huitres, de la noix de jambon ou du saucisson sans sels nitrités, etc...
En cas de végétalisme, la supplémentation en vitamine B12 et omega 3 (EPA/DHA) ne devrait JAMAIS être négligée.
Dans tous les cas, la supplémentation en vitamine D3 d'octobre à avril devrait être systématique en France métropolitaine (Julien Venesson recommande une dose de 1000UI / tranche de 15kg de poids corporel/jour, soit 4000UI/jour pour une personne de 60kg).
J'ai été végétalienne pendant environ 3 ans, c'est une des pires expériences que j'ai faite en matière de nutrition et, des expériences, j'en ai fait beaucoup. A 45 ans, je commence à avoir du recul. L'alimentation sans céréales, OUI, je continue à la recommander, à fond, pour tout le monde. Le végétalisme, NON, ou alors un jour pas semaine, maximum.
Prenez soin de vous!
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Préambule:
Crotte, j'ai encore écrit un roman.
Je précise ou rappelle aux lecteurs, s'il y en a, que je suis étudiante en naturopathie, actuellement en 3ème et dernière année. J'ai à écrire un mémoire pour valider ma 3ème année, travail à rendre en novembre 2015. Pour l'heure, je suis décidée à écrire quelque chose sur l'autisme mais je me cherche encore un axe, un plan. Je me permets de me servir de ce blog pour tâtonner sur le fond autant que la forme - on le verra ici pour la forme: je suis d'humeur un peu rock'n roll, pardon pour les libertés de langage, et pour explorer certains sujets qui pourraient servir de matière à ce mémoire.
Sommaire:
Axe et adresse de cet article
Pour mes camarades de formations, mes formateurs: un peu comme si on m'avait demandé de faire un exposé sur le sujet, puisque ça m'intéresse et que je commence à m'y connaitre un peu.
Pour toute personne qui se pose des questions sur le sujet.
Et pour les neuroatypiques (NA) adultes et les parents de NA (en sachant que le neuroatypisme a des origines génétiques et qu'on est donc souvent plus ou moins NA de père en fils, de mère en fille... Bon, "je dis ça, je dis rien", comme on dit...), je vais aussi aborder les intérêts du cru par rapport au neuroatypisme, c'est à dire - pour ceux qui ne seraient pas familiers du terme, toute cette frange de la population dont font partie les autistes, TDAH, TED..., ou les "zèbres" (certains y ajoutent les schizophrènes, bipolaires, borderline...).
Il me semble que les personnes concernées par le neuroatypisme se posent plus de questions que la moyenne sur leur alimentation, peut-être parce qu'elles y sont plus sensibles que la moyenne, et qu'elles sont plus susceptibles que la moyenne d'avoir des problèmes avec l'alimentation: hyper-sélectivité, troubles sensoriels et moteurs (mastication, déglutition...), propensions à avoir des intérêts "restreints" passionnels qui peuvent "dégénérer" en TOC (troubles obsessionnels compulsifs) ou TCA (troubles du comportement alimentaires), etc... Et ces personnes me semblent donc particulièrement susceptibles de s'intéresser au cru et plus à risque de se retrouver confrontées aux écueils de ce mode d'alimentation.
Donc voilà, le cru, quésaco, quels dangers, quel intérêt et mode d'emploi!
Bien sûr, certaines choses ne se mangent pas crues, comme les pommes de terre (dont on peut faire toute fois des jus, réputés excellent pour les problèmes d'estomac) ou les céréales, qu'on peut toute fois consommer germées (comme le germe de blé). Et quasiment tout ce qui peut se manger cru "à la croque" peut se manger cru plus ou moins transformé, histoire de varier les plaisirs, les goûts, les textures, les couleurs...: en purée crue, smoothie, jus, déshydraté, séché, fumé, mariné, lactofermenté...
On peut être à 100% cru ou à 80% ou "à tendance crudivore", souhaiter tendre vers le crudivorisme, souhaiter atteindre le 100% cru un jour prochain, être en transition vers le crudivorisme ou crudi-flexitarien, être crudi une partie de la journée (raw til 4) ou plus ou moins crudi en fonction de la saison, du climat, de l'humeur, de son compte en banque, de sa capacité à gérer les stocks de fruits et légumes, de son humeur, de ses capacités d'organisation, d'approvisionnement, etc...
Les NA savent à quel point il peut être compliqué d'aller simplement faire les courses, donc gérer en été des stocks de bananes qui ne mûrissent pas à la même vitesse qu'en hiver, et un gros tas de déchets verts en plein été quand on habite en appartement sans compost avec les moucherons qui attaquent, ça peut vite devenir un très gros casse-tête...
On peut aussi faire une cure de cru pendant un mois par an, ou un jour par semaine, ou pendant une certaine période de sa vie, puis évoluer vers autre chose, et puis y revenir... ou pas, etc...
Et tout cas, le "cru", on en parle dans un Télé 7 Jours de fin février (2015), on en parle dans des magasines gratuits distribués aux caisses des magasins bio, bref, on en parle un peu partout depuis quelques temps.
Le crudivorisme repose sur le même principe que l'alimentation "vivante": ne pas cuire les aliments permet d'en préserver tous les nutriments et nous permet donc d'être mieux nourris, en théorie. C'est un aspect assez présent également dans le "régime" Seignalet ou encore dans le Paléo.
Cela permet d'être mieux nourri "en théorie" parce que cela va tout de même dépendre plus ou moins des capacités de digestion et d'assimilation de chacun. Une personne qui sécrète trop peu de sucs digestifs, qui est en fatigue chronique, qui a les intestins très abîmés, un péristaltisme et une flore intestinale dans les chaussettes, n'a pas les mêmes capacités de digestion et d'assimilation que quelqu'un qui est en pleine santé.
Par exemple, les légumes crus entiers nécessitent d'avantage d'énergie digestive pour être assimilés que lorsqu'ils sont cuits. C'est à prendre en compte, de même qu'une personne qui a l'air (et se croit) en pleine santé, peut ne pas l'être réellement, surtout si elle consomme beaucoup de stimulants, comme le sel, le sucre, le café, les farines raffinées... L'état de santé réel a tendance à être révélé lorsqu'on se met au cru (sans sel, sans sucre, sans café, etc...), ce qui peut amener à penser que ça ne "marche" pas pour nous. Alors que ce qui ne marche pas pour nous, c'est d'abord notre mode de vie et les années qu'on a passées à manger n'importe quoi n'importe comment.
- Le crudivorisme végétarien: aliments végétaux crus + oeufs crus, lait cru, fromage au lait cru, miel bio non chauffé, pollen frais...
- Le crudivorisme omnivore: aliments végétaux crus + sous-produits animaux crus + viande, poisson et fruits de mer crus.
Quelques autres catégories:
- Le crudivorisme sans aucun aliment transformé, même pas de purée d'amande, même pas de smoothies, uniquement des aliments "bruts", à la croque, à rapprocher de l'instinctothérapie (l'instinctothérapie ne "fonctionne" qu'avec des aliments bruts crus - comme le steak tartare sans sauce ni sel, les huîtres ou les pommes, pas avec les pépitos ni le knaki-frites!).
- Le frugivorisme: alimentation basée essentiellement sur des fruits, noix, graines, légumes-fruits, avocats..., pas de plantes entières ni de racines, encore moins d'aliments d'origine animale, dans le but de respecter tout ce qui vit - c'est à dire les plantes et les animaux, le fruit ayant pour vocation de "tomber", on ne lèse pas la plante en le consommant. Bon, si on y réfléchit, dans le cas de certains fruits et légumes (graines germées, amandes...), on lèse la graine qui a pour vocation de pousser aussi, mais tant qu'on a besoin de manger, il faut bien se résoudre à manger quelque chose!
Il est aussi possible - et même recommandé à chacun de faire sa propre petite "tambouille", de délimiter son propre "cadre", selon ses goûts, son état de santé, ses activités, ses finances, son lieu de vie, etc... Par exemple je me définie comme "végétalienne sans gluten à tendance crudivore", c'est mon cadre et je m'efforce de consommer autant de cru que possible mais plein de facteurs font que je peux consommer seulement 10% de cru certains jours en hiver ou jusqu'à 90% en été. "Ca dépend", comme aurait dit une de mes arrière grand-mères normande. Il m'arrive même de faire des exceptions et de sortir brièvement de mon cadre. Par exemple récemment j'ai mangé un peu de chou qui avait cuit avec de la pintade et en septembre dernier j'ai mangé des oeufs à la coque pendant 10 jours.
Je m'efforce de rester flexible, de me remettre en question et de ne pas en faire un fromage si je goûte ceci cela qui contient des oeufs ou si je craque sur un bout de chocolat noir qui contient un chouilla de lait.
Question à la con, réponse à la con.
Si on faisait un petit sondage rapide dans tous les hôpitaux de France, on trouverait sûrement une très grande majorité d'omnivores. Si la dangerosité d'un "régime" (dans le sens strict/scientifique du terme) devait se baser sur ce genre de statistiques (à la con), le "régime" omnivore serait à proscrire sur le champ!!
On reste un être humain, on reste faillible, imparfait et très perfectible.
C'est pratique de créer des catégories, mais c'est aussi le fast food de la pensée. Dire de quelqu'un "il mange comme ça, donc c'est un con" ou "sa tête ne me revient pas, donc c'est un con", ça nous ramène aux heures les plus sommmmbres de notre histoire, comme on dit.
De même, on ne peut pas juger de la santé de quelqu'un uniquement à son alimentation. La santé dépend aussi d'autres facteurs: le lieu de vie, les rythmes de vie, l'activité physique, les relations familiales, amoureuses, professionnelles, l'hérédité, l'historique de santé, etc...
Enfin, certaines personnes, comme certains autistes, ont un "terrain" propice aux troubles du comportement alimentaires: par exemple un mélange de grande rigueur intellectuelle, de difficultés d'adaptation et de troubles de la perception sensorielle peut amener quelqu'un à s'obstiner dans un mode d'alimentation néfaste à sa santé.
Alors on va parler psycho, deux secondes.
Beaucoup de gens dans le milieu du cru (et dans le milieu alternatif en général) en ont plus qu'assez du modèle relationnel "victime-bourreau-sauveur" - appelé "triangle de Karpman" par les psychologues, mode de relation sur lequel est plus ou moins basée la médecine allopathique, si on y regarde bien.
Les NA, pour beaucoup, ont eu à faire à cette médecine, à ses hôpitaux psychiatriques et ses diagnostics erronés, ses personnels plus ou moins incompétents - faut bien le dire, ses prises en charge inadaptées et sa sur-médication toute aussi inadaptée lourde d'effets secondaires délétères: ils sont plus enclins que la moyenne à se tourner vers des solutions alternatives, puisque les prises en charge officielles ne leur apportent pas grand chose de constructif, voir même nuisent à leur santé au lieu de les aider.
Pour en revenir au modèle relationnel "victime-bourreau-sauveur" - très apprécié de Walt Disney, certaines personnes tendent à être incapables de penser la relation humaine en dehors de ce modèle et ainsi, pour eux, si une personne fait quelque chose et que ça se passe mal, et si cette personne n'est ni un bourreau, ni un sauveur, alors elle est une victime, par exemple une victime lobotomisée par Thierry Casasnovas.
Les personnes qui apprécient les vidéos de Thierry Casasnovas sont souvent à la recherche d'une autre façon de voir et de vivre les relations humaines. Pour certains, ils sont même déjà sortis depuis longtemps de cette façon de penser: ils ne se considèrent plus comme des victimes mais comme des personnes adultes responsables de leurs actes, ils ont pris leur santé en main, ils ont appris à faire des choix et ils sont prêts à assumer leurs propres erreurs et à se remettre en question le cas échéant. Ils sont à la recherche d'informations alternatives, d'idées neuves, ils expérimentent, font des essais, observent les résultats de leurs expériences et en tirent leurs propres conclusions.
Je pense que beaucoup de personnes qui regardent ces vidéos ne sont pas du tout des suiveurs, se sont au contraire des libres penseurs ou du moins des personnes qui aspirent à le devenir, des personnes qui sont loin de n'avoir qu'une seule source d'inspiration ou d'information.
Beaucoup de personnes qui apprécient Casasnovas ne le suivent pas mais lui ressemblent, ce qui - du point de vue des détracteurs de Casasnovas, peut être bien pire!! Dans le milieu "crudi", il y a une sorte de fraternité de pensée, une communauté d'esprit, des visions qui se rejoignent.
Il peut toute fois bien y avoir problème lorsqu'une personne ressemble justement tellement à Casasnovas, dans son côté "jusquauboutiste", qu'il va y avoir comme surdose de "jusquauboutisme" et crash dans le mur de la détox, par exemple.
D'où l'importance de s'écouter - ou d'apprendre à le faire, de s'observer - ou d'apprendre à le faire, de s'orienter vers le cru progressivement, plutôt que tout d'un coup si c'est un objectif qui nous motive.
De la même façon qu'un NA peut avoir des difficultés d'organisation qu'il résout grâce à des routines et des rituels dont il a donc besoin pour réussir à faire certaines choses, le corps a ses habitudes, ainsi que le microbiote. Lorsqu'on change nos habitudes alimentaires brusquement, cela peut désorganiser le corps et le microbiote. Si l'on passe du jour au lendemain d'une alimentation "normalo-moderne" à une alimentation crue végétalienne, cela peut mener à des problèmes digestifs, à des phénomènes de "détox" plus ou moins violents, etc... Ca ne signifie pas que le cru est mauvais pour nous, ça peut signifier - entre autre, que la transition est trop violente.
- Quand l'alimentation est insuffisante en terme de calories et/ou de certains nutriments
L'alimentation "normalo-moderne" est très condensée en calories. Pour manger la même quantité de calories en cru qu'en cuit, il faut manger des volumes de nourriture bien plus conséquents. L'estomac n'en est pas forcément capable, du moins pas du jour au lendemain. Si on mange une grosse salade composées, on aura la sensation d'avoir le ventre rempli, on sera arrivé à satiété alors qu'en terme de calories, ce sera franchement insuffisant.
Si on a peu de connaissances en matière de nutrition, on peut aussi croire que manger cru, c'est juste manger des pommes et de la salade sans sauce, auquel cas on va vite manquer de calories et de nutriments essentiels, comme des lipides et des protéines!
Il peut aussi y avoir un problème d'apport en vitamine B12. C'est tout un débat dans la communauté crudi: supplémenter, ne pas supplémenter, certaines bactéries pourraient produire cette B12 mais pas quand on est en "dysbiose", et cette vitamine produite par les bactéries de nos intestins est-elle bien absorbée, ou pas... Le mieux étant de ne pas jouer avec le feu et de se supplémenter, surtout si des analyses montrent un taux limite ou trop bas (la meilleure B12 semble être la méthylcobalamine en comprimés sublinguaux).
La vitamine D peut aussi être un soucis, comme chez toute personne vivant sous les latitudes nord-européenne (ensoleillement insuffisant en UVB d'octobre à avril pour pouvoir produire de la vitamine D). En cas de taux trop bas, il existe une vitamine D3 d'origine végétale (lichen).
- Quand il y a une grosse fatigue surrénalienne
La fatigue surrénalienne est assez méconnue alors que les NA peuvent en souffrir très tôt, même dès l'enfance ou l'adolescence. Grosso modo, les surrénales sont, entre autre, les glandes endocrines gestionnaires du stress. Les NA vivent en général constamment stressés dès leur plus jeune âge d'où un épuisement précoce des surrénales avec entre autre des problèmes de fatigue chronique, burn out, dépression, ralentissement du péristaltisme, troubles circulatoires, problème de tension artérielle, etc... Avec un retentissement possible jusqu'au capacités de digestion et d'assimilation qui vont être diminuées, des besoins nutritionnels augmentés, un équilibre sodium-potassium difficile à maintenir... Le 100% cru sans sel ne sera pas alors forcément l'idéal, en tout cas très difficile à "tenir" sur le long terme.
Des glandes surrénales épuisées peuvent se rétablir avec un mode de vie plus adapté, beaucoup de repos, une alimentation de qualité, mais cela prend du temps (des mois, voir des années). En général, une forte attirance pour les aliments très salés fait un bon indicateur de l'état des surrénales. Plus leur état s'améliore, plus l’appétence pour le sel diminue.
- Quand on vise le "80/10/10"
Le "80/10/10" consiste à répartir les apports caloriques de cette façon: 80% de glucides, 10% de lipides, 10% de protides.
Selon certaines sources, ces proportions de nutriments seraient les proportions idéales pour l'être humain. Si c'est le cas, selon moi, il s'agit alors des proportions idéales pour un être humain en parfaite santé, dont l'hygiène de vie est idéale, le lieu de vie idéal, le travail idéal, la famille idéale... Je pense qu'on est peu nombreux dans notre société à vivre et à incarner tous ces idéaux. Personnellement j'ai donc tendance à me méfier de ce fameux 80/10/10. Certains neurologues hurlent même probablement à l'hérésie en entendant parler de ce concept, comme le Dr David Perlmutter, neurologue américain (auteur de "Grain Brain" et "Brain Maker") qui prône une alimentation riche en graisses de bonne qualité pour améliorer et entretenir la santé du système nerveux, pour réduire les risques de développer - voir même réduire les symptômes, des maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer et Parkinson.
- Quand on a tendance à avoir l'esprit "coupé" du corps
Quand on a tendance à avoir des hypoesthésies, des troubles de la perception sensorielle et de la cohérence centrale - comme cela peut être le cas de beaucoup de NA, ou qu'on a tendance à considérer le corps comme une machine qu'il nous revient de contrôler.
Le corps, pour moi, est d'avantage à être pris en considération et "soigné" comme s'il s'agissait d'un petit animal de compagnie. On ne fout pas des baffes continuellement à son chien à moins de vouloir le transformer en bête féroce. On en prend soin pour que la vie avec lui soit pleine de joie et d'affection. Ce devrait être pareil avec notre corps.
Lorsqu'on passe au cru, le corps est susceptible d'émettre des signaux inhabituels qu'il pourra être difficile d'interpréter ou même éventuellement de percevoir, surtout pour un NA.
Ces signaux peuvent être des indicateurs qu'on est en train de faire quelque chose qui ne nous conviennent pas... D'où l'importance de prendre en considération le corps et ses manifestations, non comme une machine mais bien comme un... être vivant!! Un être vivant dont notre "esprit" et notre système nerveux font bel et bien partie!
- Quand on est très volontaire, très perfectionniste...
... très rigoureux, très "carré", très discipliné, très idéaliste... là aussi comme beaucoup de NA peuvent l'être.
J'ai choisis des termes volontairement positifs et valorisants, parce qu'à la base, cette rigueur, ce volontarisme..., ce sont des qualités pour moi, mais si ces qualités sont poussées à l'extrême et non tempérées par une écoute de soi, de son corps, de ses sensations, de ses émotions, etc..., alors on risque de rester obstinément sur l'objectif qu'on s'est fixé, et si cet objectif est "le cru à 100% tout de suite à tout prix", on risque - lancés à pleine vitesse sur nos rails, de se prendre des murs.
En particulier le mur de la malnutrition ou de la détox.
- Quand on entre en détox et que la détox part en cacahuète
Le passage à une alimentation majoritairement crue induit plus ou moins rapidement un phénomène de détox plus ou moins important (comme une simple cure de raisin peut le faire aussi): pendant les premiers mois, on va beaucoup éliminer/détoxiner, le soucis c'est que nos émonctoires - les portes d'évacuation des toxines (intestins, reins, poumons, peau, foie), sont rarement dans une forme olympique et que cette détox va les faire travailler intensément.
C'est un sujet qui peut particulièrement concerner les autistes: certains ont des problèmes d'ordre génétique au niveau de toute la chaîne de production d'énergie et de détoxination (mithocondries, méthylation...). Leur cellules peuvent en somme être comme des chaudières mal réglées qui brûlent mal leur combustible, produisent trop de fumée et s'encrassent trop vite. Les autistes peuvent ainsi avoir une sensibilité accrue au stress oxydatif, c'est à dire une tendance à "rouiller" ou à se congestionner, à s'intoxiner plus vite que la moyenne. Ils peuvent donc avoir d'avantage de "ménage" à faire que la moyenne.
En période de détox induite par une réforme alimentaire radicale, les émonctoires peuvent plus ou moins rapidement fatiguer, se retrouver surchargés et il y a alors risque non seulement de les fragiliser mais, en plus, si la charge de toxines déborde leurs capacités d'évacuation, de s'auto-intoxiner et de se déminéraliser, puisque les toxines sont acides et que pour les "tamponner", le corps va puiser dans les minéraux apporté par les aliments, et si ces minéraux ne suffisent pas, il va puiser dans ses propres réserves: dans ses os, ses tissus.
- Reminéralisant, anti-oxydant et anti-inflammatoire
L'intérêt majeur du crudivorisme ou d'une alimentation à tendance crudivore, lorsqu'ils sont bien menés, est qu'ils permettent de prendre soin de notre équilibre acido-basique.
Les NA sont plus sensibles au stress que la moyenne, plus "stressables" que la moyenne et le stress est acidifant, c'est à dire déminéralisant et oxydant. En effet, quand on stress, on brûle d'avantage de minéraux, de vitamines, d'antioxydants. Si en plus d'être particulièrement sujet au stress, on a une alimentation très acidifiante/déminéralisante, riche en céréales, laitages, viandes, aliments industriels raffinés..., notre résistance au stress sera amoindrie et sur le long terme, toutes les formes de stress nous impacteront de plus en plus, que ce soit les stress sensoriels, relationnels, professionnels, etc...
Une alimentation majoritairement végétale, avec des apports modérés en céréales et légumineuses (en la matière, il semble préférable de favoriser les "pseudo-céréales": quinoa, sarrasin, amarante et les aliments à base de soja lactofermenté), a cet avantage d'être essentiellement alcalinisante, c'est à dire anti-oxydante et reminéralisante: elle contre les effets du stress, elle permet au système nerveux de trouver un meilleur équilibre, elle est calmante, apaisante. Avec une alimentation principalement alcalinisante, on monte moins vite et moins haut "dans les tours" et on en redescend plus facilement. On est moins enclins aux "crises de nerfs", crise de violence, auto-mutilation, phobies, angoisses, crise de mutisme, etc... Avec un système nerveux généreusement nourri en minéraux et bons lipides, les hyperesthésies peuvent diminuer, les facultés d'adaptations et d'apprentissage s'améliorer, les troubles obsessionnels compulsifs se réduire, etc... Au lieu d'aller vers une plus grande rigidité, on devient plus souple, tant au niveau cognitif qu'au niveau articulaire, par exemple.
On notera aussi que toute alimentation alcalinisante est également anti-inflammatoire et que de plus en plus d'études pointent vers un lien entre inflammation du système nerveux et autisme ou encore dépression...
Mais le crudivorisme ou alimentation à tendance crudi n'auront cet effet alcalinisant que s'ils sont bien menés: si la transition est progressive, les apports en calories et nutriments suffisants, si les émonctoires sont au besoin soutenus par des plantes médicinales, etc... Sans cela, cela risquera de n'être qu'une source de stress supplémentaire!
- Le cru c'est garanti sans glu!
Du moins sans gluten (la caséine du lait pouvant être considérée comme une autre "glu"/colle majeure, puisque comme le gluten, on peut en faire de la colle à papier peint, par exemple).
J'ai déjà abordé la question du gluten sur ce blog, je ne ferai donc que citer un de mes documents favoris qui traite des comorbidités de l'autisme, document qui insiste sur le lien entre sensibilité au gluten non-coeliaque et symptômes neurologiques:
"... plusieurs types de dysfonctions neurologiques sont des manifestations bien connues de la sensibilité au gluten chez les humains, et (...) celles-ci peuvent avoir lieu même en l’absence de symptômes intestinaux. Les professionnels de la santé devraient prendre connaissance de la possibilité d’une intolérance non cœliaque chez certains patients atteints de TSA, surtout ceux souffrant de maladies atopiques, de migraines et de troubles d’anxiété ou d’humeur. On conseille aux cliniciens de se familiariser avec les présentations neurologiques communes de l’intolérance au gluten, comme l’épilepsie, l’ataxie, la neuropathie, les migraines, les sautes d’humeur et l’anxiété, ainsi qu’avec le moyen de diagnostiquer cette maladie (Hadjivassiliou, 2014; Peters et coll., 2014)."
Autism Canada
- Détoxifiant
Si d'un côté l'alimentation crue ou à tendance crudi, lorsqu'elle est mal menée, peut parfois provoquer des phénomènes de détox plus ou moins violents, voir délétères, d'un autre côté elle permet bien sûr, lorsqu'elle est bien menée, de se libérer progressivement de nos stocks de toxines à un rythme naturel et de limiter l'ingestion d'aliments générateurs de toxines supplémentaires, ce qui n'est pas négligeable pour un organisme dont les cellules sont parfois comparables à des "chaudières mal réglées", comme mentionné plus haut.
Les parents d'enfants autistes engagés dans l'approche biomédicale se demandent parfois quels sont les meilleurs protocoles de détox ou de chélation pour leur enfant. Certains de ces protocoles allopathiques peuvent être violents, eux aussi, voir dangereux, alors qu'une alimentation plus ou moins basée sur le cru végétalien, avec transition douce sur le long terme peut déjà faire beaucoup en matière de détox, en soutenant - voir peut-être en restaurant, certaines fonctions d'élimination du corps.
Une réforme alimentaire aussi profonde peut provoquer des chamboulements important tant au niveau physiologique qu'au niveau psycho-émotionnel. Entamer un processus de détox demande beaucoup d'énergie au corps et s'il nous est impossible de réduire notre activité et notre charge de stress par ailleurs (travail, études, famille...), on risque tout bonnement de s'épuiser... Si on ne l'est pas déjà. Cette nécessité de remettre en question notre mode de vie peut avoir des conséquences auxquelles on n'aurait jamais pensé au départ...
Plus on va vers le cru, plus on est obligé d'être dans le perceptif, de plus en plus à l'écoute de nos besoins physiologique parce que le cru est tout simplement incompatible avec le mode de vie normalo-moderne: continuer à sortir boire avec les potes 2-3 fois par semaine ou à travailler du matin au soir 6 ou 7 jours sur 7, c'est impossible avec le cru et on va vite s'en apercevoir et on en conclura que "le cru, c'est pas pour moi", ou "le cru, ça ne marche pas"! Alors que ce sont ces modes de vie qui sont incompatibles avec le plein épanouissement de l'être humain, avec nos besoins physiologiques et plus on va vers le cru, plus on devient sensible à ce qui entrave cet épanouissement: plus on devient sensible à un lieu de vie inadapté, à un travail inadapté, à des relations inadaptées, à des rythmes de vie inadaptés, à une alimentation non-physiologique, etc...
Si on pense qu'on va pouvoir améliorer notre santé grâce au cru, ou avec le végétalisme à tendance crudivore, sans avoir à changer quoi que ce soit d'autre, on se met le doigt dans l’œil, parce qu'il n'y a pas que l'alimentation qui impacte notre santé.
Cela peut sembler comme un facteur limitant (ne plus pouvoir "encaisser" un rythme de vie survolté, les overdoses d'alcool, de bruit...) mais le bon côté de la chose c'est que le cru tend à nous ramener dans notre axe, à nous recentrer, tend à nous emmener vers le plein épanouissement, vers la réalisation de soi, il nous donne un horizon. Il éveille et affine notre sensibilité, notre perceptivité, nos sensations, tout en les apaisant, il aiguise la perception que nous avons de qui nous sommes, de ce dont nous avons besoin et de ce dont nous rêvons, ce dont nous avons profondément envie, de ce pour quoi nous sommes faits.
C'est un des effets inattendus du cru qui peut se révéler particulièrement intéressant et utile pour des NA qui sont souvent repoussés en marge de la société, qui passent leur vie à entendre parler de leurs dysfonctionnements plutôt que de leur talents et de leurs potentiels.
Le cru, sur le long terme, selon mon expérience personnelle, permet de réduire les dysfonctionnements - ceux des NA et non-NA, et stimule le développement des talents et de la joie de vire.
Crotte, j'ai encore écrit un roman.
Je précise ou rappelle aux lecteurs, s'il y en a, que je suis étudiante en naturopathie, actuellement en 3ème et dernière année. J'ai à écrire un mémoire pour valider ma 3ème année, travail à rendre en novembre 2015. Pour l'heure, je suis décidée à écrire quelque chose sur l'autisme mais je me cherche encore un axe, un plan. Je me permets de me servir de ce blog pour tâtonner sur le fond autant que la forme - on le verra ici pour la forme: je suis d'humeur un peu rock'n roll, pardon pour les libertés de langage, et pour explorer certains sujets qui pourraient servir de matière à ce mémoire.
Sommaire:
Axe et adresse de cet article
Le crudivorisme, qu'est-ce que c'est?
Plusieurs formes de crudivorismes
Le crudivorisme est-il dangereux?
Le crudivorisme rend-il invincible et immortel?
Les crudivores sont-ils des extrémistes, des fous, des crétins, des malades...?
Les "adeptes" du cru sont-il les victimes du "gourou" du cru, Thierry Casasnovas?
Principaux dangers ou écueils du crudivorisme
- Quand la transition est brutale
- Quand l'alimentation est insuffisante en terme de calories et/ou de certains nutriments
- Quand il y a une grosse fatigue surrénalienne
- Quand on vise le "80/10/10"
- Quand on a tendance à avoir l'esprit "coupé" du corps
- Quand on est très volontaire, très perfectionniste...
- Quand on entre en détox et que la détox part en cacahuète
Principaux intérêts du cru
- Reminéralisant, anti-oxydant et anti-inflammatoire
- Le cru c'est garanti sans glu!
- Le cru c'est garanti sans glu!
- Détoxifiant
Le cru, pour aller beaucoup plus loin...
Axe et adresse de cet article:
Pour ceux qui, sachant que je m'intéresse au crudivorisme, (que j'ai même fait des stages "crudi"), pourraient se faire du soucis parce qu'il paraitrait que le crudivorisme c'est dangereeeeux ou que c'est trop un truc d'extremiiiiiiste!!!Pour mes camarades de formations, mes formateurs: un peu comme si on m'avait demandé de faire un exposé sur le sujet, puisque ça m'intéresse et que je commence à m'y connaitre un peu.
Pour toute personne qui se pose des questions sur le sujet.
Et pour les neuroatypiques (NA) adultes et les parents de NA (en sachant que le neuroatypisme a des origines génétiques et qu'on est donc souvent plus ou moins NA de père en fils, de mère en fille... Bon, "je dis ça, je dis rien", comme on dit...), je vais aussi aborder les intérêts du cru par rapport au neuroatypisme, c'est à dire - pour ceux qui ne seraient pas familiers du terme, toute cette frange de la population dont font partie les autistes, TDAH, TED..., ou les "zèbres" (certains y ajoutent les schizophrènes, bipolaires, borderline...).
Il me semble que les personnes concernées par le neuroatypisme se posent plus de questions que la moyenne sur leur alimentation, peut-être parce qu'elles y sont plus sensibles que la moyenne, et qu'elles sont plus susceptibles que la moyenne d'avoir des problèmes avec l'alimentation: hyper-sélectivité, troubles sensoriels et moteurs (mastication, déglutition...), propensions à avoir des intérêts "restreints" passionnels qui peuvent "dégénérer" en TOC (troubles obsessionnels compulsifs) ou TCA (troubles du comportement alimentaires), etc... Et ces personnes me semblent donc particulièrement susceptibles de s'intéresser au cru et plus à risque de se retrouver confrontées aux écueils de ce mode d'alimentation.
Donc voilà, le cru, quésaco, quels dangers, quel intérêt et mode d'emploi!
Le crudivorisme, qu'est-ce que c'est?
C'est manger tout cru!Bien sûr, certaines choses ne se mangent pas crues, comme les pommes de terre (dont on peut faire toute fois des jus, réputés excellent pour les problèmes d'estomac) ou les céréales, qu'on peut toute fois consommer germées (comme le germe de blé). Et quasiment tout ce qui peut se manger cru "à la croque" peut se manger cru plus ou moins transformé, histoire de varier les plaisirs, les goûts, les textures, les couleurs...: en purée crue, smoothie, jus, déshydraté, séché, fumé, mariné, lactofermenté...
On peut être à 100% cru ou à 80% ou "à tendance crudivore", souhaiter tendre vers le crudivorisme, souhaiter atteindre le 100% cru un jour prochain, être en transition vers le crudivorisme ou crudi-flexitarien, être crudi une partie de la journée (raw til 4) ou plus ou moins crudi en fonction de la saison, du climat, de l'humeur, de son compte en banque, de sa capacité à gérer les stocks de fruits et légumes, de son humeur, de ses capacités d'organisation, d'approvisionnement, etc...
Les NA savent à quel point il peut être compliqué d'aller simplement faire les courses, donc gérer en été des stocks de bananes qui ne mûrissent pas à la même vitesse qu'en hiver, et un gros tas de déchets verts en plein été quand on habite en appartement sans compost avec les moucherons qui attaquent, ça peut vite devenir un très gros casse-tête...
On peut aussi faire une cure de cru pendant un mois par an, ou un jour par semaine, ou pendant une certaine période de sa vie, puis évoluer vers autre chose, et puis y revenir... ou pas, etc...
Et tout cas, le "cru", on en parle dans un Télé 7 Jours de fin février (2015), on en parle dans des magasines gratuits distribués aux caisses des magasins bio, bref, on en parle un peu partout depuis quelques temps.
Le crudivorisme repose sur le même principe que l'alimentation "vivante": ne pas cuire les aliments permet d'en préserver tous les nutriments et nous permet donc d'être mieux nourris, en théorie. C'est un aspect assez présent également dans le "régime" Seignalet ou encore dans le Paléo.
Cela permet d'être mieux nourri "en théorie" parce que cela va tout de même dépendre plus ou moins des capacités de digestion et d'assimilation de chacun. Une personne qui sécrète trop peu de sucs digestifs, qui est en fatigue chronique, qui a les intestins très abîmés, un péristaltisme et une flore intestinale dans les chaussettes, n'a pas les mêmes capacités de digestion et d'assimilation que quelqu'un qui est en pleine santé.
Par exemple, les légumes crus entiers nécessitent d'avantage d'énergie digestive pour être assimilés que lorsqu'ils sont cuits. C'est à prendre en compte, de même qu'une personne qui a l'air (et se croit) en pleine santé, peut ne pas l'être réellement, surtout si elle consomme beaucoup de stimulants, comme le sel, le sucre, le café, les farines raffinées... L'état de santé réel a tendance à être révélé lorsqu'on se met au cru (sans sel, sans sucre, sans café, etc...), ce qui peut amener à penser que ça ne "marche" pas pour nous. Alors que ce qui ne marche pas pour nous, c'est d'abord notre mode de vie et les années qu'on a passées à manger n'importe quoi n'importe comment.
Plusieurs formes de crudivorismes
- Le crudivorisme végétalien: on ne consomme que des aliments d'origine végétale crus, bruts ou déshydratés ou transformés (cruisine, huile de première pression à froid, purée d'oléagineux...).- Le crudivorisme végétarien: aliments végétaux crus + oeufs crus, lait cru, fromage au lait cru, miel bio non chauffé, pollen frais...
- Le crudivorisme omnivore: aliments végétaux crus + sous-produits animaux crus + viande, poisson et fruits de mer crus.
Quelques autres catégories:
- Le crudivorisme sans aucun aliment transformé, même pas de purée d'amande, même pas de smoothies, uniquement des aliments "bruts", à la croque, à rapprocher de l'instinctothérapie (l'instinctothérapie ne "fonctionne" qu'avec des aliments bruts crus - comme le steak tartare sans sauce ni sel, les huîtres ou les pommes, pas avec les pépitos ni le knaki-frites!).
- Le frugivorisme: alimentation basée essentiellement sur des fruits, noix, graines, légumes-fruits, avocats..., pas de plantes entières ni de racines, encore moins d'aliments d'origine animale, dans le but de respecter tout ce qui vit - c'est à dire les plantes et les animaux, le fruit ayant pour vocation de "tomber", on ne lèse pas la plante en le consommant. Bon, si on y réfléchit, dans le cas de certains fruits et légumes (graines germées, amandes...), on lèse la graine qui a pour vocation de pousser aussi, mais tant qu'on a besoin de manger, il faut bien se résoudre à manger quelque chose!
Il est aussi possible - et même recommandé à chacun de faire sa propre petite "tambouille", de délimiter son propre "cadre", selon ses goûts, son état de santé, ses activités, ses finances, son lieu de vie, etc... Par exemple je me définie comme "végétalienne sans gluten à tendance crudivore", c'est mon cadre et je m'efforce de consommer autant de cru que possible mais plein de facteurs font que je peux consommer seulement 10% de cru certains jours en hiver ou jusqu'à 90% en été. "Ca dépend", comme aurait dit une de mes arrière grand-mères normande. Il m'arrive même de faire des exceptions et de sortir brièvement de mon cadre. Par exemple récemment j'ai mangé un peu de chou qui avait cuit avec de la pintade et en septembre dernier j'ai mangé des oeufs à la coque pendant 10 jours.
Je m'efforce de rester flexible, de me remettre en question et de ne pas en faire un fromage si je goûte ceci cela qui contient des oeufs ou si je craque sur un bout de chocolat noir qui contient un chouilla de lait.
Le crudivorisme est-il dangereux?
Oui, tout comme conduire une voiture ou tout comme l'omnivorisme peuvent être dangereux.Question à la con, réponse à la con.
Si on faisait un petit sondage rapide dans tous les hôpitaux de France, on trouverait sûrement une très grande majorité d'omnivores. Si la dangerosité d'un "régime" (dans le sens strict/scientifique du terme) devait se baser sur ce genre de statistiques (à la con), le "régime" omnivore serait à proscrire sur le champ!!
Le crudivorisme rend-il invincible et immortel?
Bah non, on meurt toujours à la fin, comme les omnivores.On reste un être humain, on reste faillible, imparfait et très perfectible.
Les crudivores sont-ils des extrémistes, des fous, des crétins, des malades...?
D'abord, on ne juge pas les gens en fonction de leur alimentation, comme on ne les juge pas - ou du moins comme on ne devrait pas les juger, uniquement en fonction de leur couleur de peau, de leur tête, de leur sexe ou sexualité, de la couleur de leur bulletin de vote ou de leur compte en banque.C'est pratique de créer des catégories, mais c'est aussi le fast food de la pensée. Dire de quelqu'un "il mange comme ça, donc c'est un con" ou "sa tête ne me revient pas, donc c'est un con", ça nous ramène aux heures les plus sommmmbres de notre histoire, comme on dit.
De même, on ne peut pas juger de la santé de quelqu'un uniquement à son alimentation. La santé dépend aussi d'autres facteurs: le lieu de vie, les rythmes de vie, l'activité physique, les relations familiales, amoureuses, professionnelles, l'hérédité, l'historique de santé, etc...
Enfin, certaines personnes, comme certains autistes, ont un "terrain" propice aux troubles du comportement alimentaires: par exemple un mélange de grande rigueur intellectuelle, de difficultés d'adaptation et de troubles de la perception sensorielle peut amener quelqu'un à s'obstiner dans un mode d'alimentation néfaste à sa santé.
Les "adeptes" du cru sont-il les victimes du "gourou" du cru, Thierry Casasnovas?
Pour ceux qui ne le connaissent pas, Thierry Casasnovas est un crudivore français très "en vue" dans le milieu "alternatif", qui a créé une association (Régénère) et qui poste des vidéos à visée pédagogique sur youtube, sur le thème de l'alimentation et de l'hygiène de vie.Alors on va parler psycho, deux secondes.
Beaucoup de gens dans le milieu du cru (et dans le milieu alternatif en général) en ont plus qu'assez du modèle relationnel "victime-bourreau-sauveur" - appelé "triangle de Karpman" par les psychologues, mode de relation sur lequel est plus ou moins basée la médecine allopathique, si on y regarde bien.
Les NA, pour beaucoup, ont eu à faire à cette médecine, à ses hôpitaux psychiatriques et ses diagnostics erronés, ses personnels plus ou moins incompétents - faut bien le dire, ses prises en charge inadaptées et sa sur-médication toute aussi inadaptée lourde d'effets secondaires délétères: ils sont plus enclins que la moyenne à se tourner vers des solutions alternatives, puisque les prises en charge officielles ne leur apportent pas grand chose de constructif, voir même nuisent à leur santé au lieu de les aider.
Pour en revenir au modèle relationnel "victime-bourreau-sauveur" - très apprécié de Walt Disney, certaines personnes tendent à être incapables de penser la relation humaine en dehors de ce modèle et ainsi, pour eux, si une personne fait quelque chose et que ça se passe mal, et si cette personne n'est ni un bourreau, ni un sauveur, alors elle est une victime, par exemple une victime lobotomisée par Thierry Casasnovas.
Les personnes qui apprécient les vidéos de Thierry Casasnovas sont souvent à la recherche d'une autre façon de voir et de vivre les relations humaines. Pour certains, ils sont même déjà sortis depuis longtemps de cette façon de penser: ils ne se considèrent plus comme des victimes mais comme des personnes adultes responsables de leurs actes, ils ont pris leur santé en main, ils ont appris à faire des choix et ils sont prêts à assumer leurs propres erreurs et à se remettre en question le cas échéant. Ils sont à la recherche d'informations alternatives, d'idées neuves, ils expérimentent, font des essais, observent les résultats de leurs expériences et en tirent leurs propres conclusions.
Je pense que beaucoup de personnes qui regardent ces vidéos ne sont pas du tout des suiveurs, se sont au contraire des libres penseurs ou du moins des personnes qui aspirent à le devenir, des personnes qui sont loin de n'avoir qu'une seule source d'inspiration ou d'information.
Beaucoup de personnes qui apprécient Casasnovas ne le suivent pas mais lui ressemblent, ce qui - du point de vue des détracteurs de Casasnovas, peut être bien pire!! Dans le milieu "crudi", il y a une sorte de fraternité de pensée, une communauté d'esprit, des visions qui se rejoignent.
Il peut toute fois bien y avoir problème lorsqu'une personne ressemble justement tellement à Casasnovas, dans son côté "jusquauboutiste", qu'il va y avoir comme surdose de "jusquauboutisme" et crash dans le mur de la détox, par exemple.
D'où l'importance de s'écouter - ou d'apprendre à le faire, de s'observer - ou d'apprendre à le faire, de s'orienter vers le cru progressivement, plutôt que tout d'un coup si c'est un objectif qui nous motive.
Principaux dangers ou écueils du crudivorisme
- Quand la transition est brutaleDe la même façon qu'un NA peut avoir des difficultés d'organisation qu'il résout grâce à des routines et des rituels dont il a donc besoin pour réussir à faire certaines choses, le corps a ses habitudes, ainsi que le microbiote. Lorsqu'on change nos habitudes alimentaires brusquement, cela peut désorganiser le corps et le microbiote. Si l'on passe du jour au lendemain d'une alimentation "normalo-moderne" à une alimentation crue végétalienne, cela peut mener à des problèmes digestifs, à des phénomènes de "détox" plus ou moins violents, etc... Ca ne signifie pas que le cru est mauvais pour nous, ça peut signifier - entre autre, que la transition est trop violente.
- Quand l'alimentation est insuffisante en terme de calories et/ou de certains nutriments
L'alimentation "normalo-moderne" est très condensée en calories. Pour manger la même quantité de calories en cru qu'en cuit, il faut manger des volumes de nourriture bien plus conséquents. L'estomac n'en est pas forcément capable, du moins pas du jour au lendemain. Si on mange une grosse salade composées, on aura la sensation d'avoir le ventre rempli, on sera arrivé à satiété alors qu'en terme de calories, ce sera franchement insuffisant.
Si on a peu de connaissances en matière de nutrition, on peut aussi croire que manger cru, c'est juste manger des pommes et de la salade sans sauce, auquel cas on va vite manquer de calories et de nutriments essentiels, comme des lipides et des protéines!
Il peut aussi y avoir un problème d'apport en vitamine B12. C'est tout un débat dans la communauté crudi: supplémenter, ne pas supplémenter, certaines bactéries pourraient produire cette B12 mais pas quand on est en "dysbiose", et cette vitamine produite par les bactéries de nos intestins est-elle bien absorbée, ou pas... Le mieux étant de ne pas jouer avec le feu et de se supplémenter, surtout si des analyses montrent un taux limite ou trop bas (la meilleure B12 semble être la méthylcobalamine en comprimés sublinguaux).
La vitamine D peut aussi être un soucis, comme chez toute personne vivant sous les latitudes nord-européenne (ensoleillement insuffisant en UVB d'octobre à avril pour pouvoir produire de la vitamine D). En cas de taux trop bas, il existe une vitamine D3 d'origine végétale (lichen).
- Quand il y a une grosse fatigue surrénalienne
La fatigue surrénalienne est assez méconnue alors que les NA peuvent en souffrir très tôt, même dès l'enfance ou l'adolescence. Grosso modo, les surrénales sont, entre autre, les glandes endocrines gestionnaires du stress. Les NA vivent en général constamment stressés dès leur plus jeune âge d'où un épuisement précoce des surrénales avec entre autre des problèmes de fatigue chronique, burn out, dépression, ralentissement du péristaltisme, troubles circulatoires, problème de tension artérielle, etc... Avec un retentissement possible jusqu'au capacités de digestion et d'assimilation qui vont être diminuées, des besoins nutritionnels augmentés, un équilibre sodium-potassium difficile à maintenir... Le 100% cru sans sel ne sera pas alors forcément l'idéal, en tout cas très difficile à "tenir" sur le long terme.
Des glandes surrénales épuisées peuvent se rétablir avec un mode de vie plus adapté, beaucoup de repos, une alimentation de qualité, mais cela prend du temps (des mois, voir des années). En général, une forte attirance pour les aliments très salés fait un bon indicateur de l'état des surrénales. Plus leur état s'améliore, plus l’appétence pour le sel diminue.
- Quand on vise le "80/10/10"
Le "80/10/10" consiste à répartir les apports caloriques de cette façon: 80% de glucides, 10% de lipides, 10% de protides.
Selon certaines sources, ces proportions de nutriments seraient les proportions idéales pour l'être humain. Si c'est le cas, selon moi, il s'agit alors des proportions idéales pour un être humain en parfaite santé, dont l'hygiène de vie est idéale, le lieu de vie idéal, le travail idéal, la famille idéale... Je pense qu'on est peu nombreux dans notre société à vivre et à incarner tous ces idéaux. Personnellement j'ai donc tendance à me méfier de ce fameux 80/10/10. Certains neurologues hurlent même probablement à l'hérésie en entendant parler de ce concept, comme le Dr David Perlmutter, neurologue américain (auteur de "Grain Brain" et "Brain Maker") qui prône une alimentation riche en graisses de bonne qualité pour améliorer et entretenir la santé du système nerveux, pour réduire les risques de développer - voir même réduire les symptômes, des maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer et Parkinson.
- Quand on a tendance à avoir l'esprit "coupé" du corps
Quand on a tendance à avoir des hypoesthésies, des troubles de la perception sensorielle et de la cohérence centrale - comme cela peut être le cas de beaucoup de NA, ou qu'on a tendance à considérer le corps comme une machine qu'il nous revient de contrôler.
Le corps, pour moi, est d'avantage à être pris en considération et "soigné" comme s'il s'agissait d'un petit animal de compagnie. On ne fout pas des baffes continuellement à son chien à moins de vouloir le transformer en bête féroce. On en prend soin pour que la vie avec lui soit pleine de joie et d'affection. Ce devrait être pareil avec notre corps.
Lorsqu'on passe au cru, le corps est susceptible d'émettre des signaux inhabituels qu'il pourra être difficile d'interpréter ou même éventuellement de percevoir, surtout pour un NA.
Ces signaux peuvent être des indicateurs qu'on est en train de faire quelque chose qui ne nous conviennent pas... D'où l'importance de prendre en considération le corps et ses manifestations, non comme une machine mais bien comme un... être vivant!! Un être vivant dont notre "esprit" et notre système nerveux font bel et bien partie!
- Quand on est très volontaire, très perfectionniste...
... très rigoureux, très "carré", très discipliné, très idéaliste... là aussi comme beaucoup de NA peuvent l'être.
J'ai choisis des termes volontairement positifs et valorisants, parce qu'à la base, cette rigueur, ce volontarisme..., ce sont des qualités pour moi, mais si ces qualités sont poussées à l'extrême et non tempérées par une écoute de soi, de son corps, de ses sensations, de ses émotions, etc..., alors on risque de rester obstinément sur l'objectif qu'on s'est fixé, et si cet objectif est "le cru à 100% tout de suite à tout prix", on risque - lancés à pleine vitesse sur nos rails, de se prendre des murs.
En particulier le mur de la malnutrition ou de la détox.
- Quand on entre en détox et que la détox part en cacahuète
Le passage à une alimentation majoritairement crue induit plus ou moins rapidement un phénomène de détox plus ou moins important (comme une simple cure de raisin peut le faire aussi): pendant les premiers mois, on va beaucoup éliminer/détoxiner, le soucis c'est que nos émonctoires - les portes d'évacuation des toxines (intestins, reins, poumons, peau, foie), sont rarement dans une forme olympique et que cette détox va les faire travailler intensément.
C'est un sujet qui peut particulièrement concerner les autistes: certains ont des problèmes d'ordre génétique au niveau de toute la chaîne de production d'énergie et de détoxination (mithocondries, méthylation...). Leur cellules peuvent en somme être comme des chaudières mal réglées qui brûlent mal leur combustible, produisent trop de fumée et s'encrassent trop vite. Les autistes peuvent ainsi avoir une sensibilité accrue au stress oxydatif, c'est à dire une tendance à "rouiller" ou à se congestionner, à s'intoxiner plus vite que la moyenne. Ils peuvent donc avoir d'avantage de "ménage" à faire que la moyenne.
En période de détox induite par une réforme alimentaire radicale, les émonctoires peuvent plus ou moins rapidement fatiguer, se retrouver surchargés et il y a alors risque non seulement de les fragiliser mais, en plus, si la charge de toxines déborde leurs capacités d'évacuation, de s'auto-intoxiner et de se déminéraliser, puisque les toxines sont acides et que pour les "tamponner", le corps va puiser dans les minéraux apporté par les aliments, et si ces minéraux ne suffisent pas, il va puiser dans ses propres réserves: dans ses os, ses tissus.
Principaux intérêts du cru
- Reminéralisant, anti-oxydant et anti-inflammatoire
L'intérêt majeur du crudivorisme ou d'une alimentation à tendance crudivore, lorsqu'ils sont bien menés, est qu'ils permettent de prendre soin de notre équilibre acido-basique.
Les NA sont plus sensibles au stress que la moyenne, plus "stressables" que la moyenne et le stress est acidifant, c'est à dire déminéralisant et oxydant. En effet, quand on stress, on brûle d'avantage de minéraux, de vitamines, d'antioxydants. Si en plus d'être particulièrement sujet au stress, on a une alimentation très acidifiante/déminéralisante, riche en céréales, laitages, viandes, aliments industriels raffinés..., notre résistance au stress sera amoindrie et sur le long terme, toutes les formes de stress nous impacteront de plus en plus, que ce soit les stress sensoriels, relationnels, professionnels, etc...
Une alimentation majoritairement végétale, avec des apports modérés en céréales et légumineuses (en la matière, il semble préférable de favoriser les "pseudo-céréales": quinoa, sarrasin, amarante et les aliments à base de soja lactofermenté), a cet avantage d'être essentiellement alcalinisante, c'est à dire anti-oxydante et reminéralisante: elle contre les effets du stress, elle permet au système nerveux de trouver un meilleur équilibre, elle est calmante, apaisante. Avec une alimentation principalement alcalinisante, on monte moins vite et moins haut "dans les tours" et on en redescend plus facilement. On est moins enclins aux "crises de nerfs", crise de violence, auto-mutilation, phobies, angoisses, crise de mutisme, etc... Avec un système nerveux généreusement nourri en minéraux et bons lipides, les hyperesthésies peuvent diminuer, les facultés d'adaptations et d'apprentissage s'améliorer, les troubles obsessionnels compulsifs se réduire, etc... Au lieu d'aller vers une plus grande rigidité, on devient plus souple, tant au niveau cognitif qu'au niveau articulaire, par exemple.
On notera aussi que toute alimentation alcalinisante est également anti-inflammatoire et que de plus en plus d'études pointent vers un lien entre inflammation du système nerveux et autisme ou encore dépression...
Mais le crudivorisme ou alimentation à tendance crudi n'auront cet effet alcalinisant que s'ils sont bien menés: si la transition est progressive, les apports en calories et nutriments suffisants, si les émonctoires sont au besoin soutenus par des plantes médicinales, etc... Sans cela, cela risquera de n'être qu'une source de stress supplémentaire!
- Le cru c'est garanti sans glu!
Du moins sans gluten (la caséine du lait pouvant être considérée comme une autre "glu"/colle majeure, puisque comme le gluten, on peut en faire de la colle à papier peint, par exemple).
J'ai déjà abordé la question du gluten sur ce blog, je ne ferai donc que citer un de mes documents favoris qui traite des comorbidités de l'autisme, document qui insiste sur le lien entre sensibilité au gluten non-coeliaque et symptômes neurologiques:
"... plusieurs types de dysfonctions neurologiques sont des manifestations bien connues de la sensibilité au gluten chez les humains, et (...) celles-ci peuvent avoir lieu même en l’absence de symptômes intestinaux. Les professionnels de la santé devraient prendre connaissance de la possibilité d’une intolérance non cœliaque chez certains patients atteints de TSA, surtout ceux souffrant de maladies atopiques, de migraines et de troubles d’anxiété ou d’humeur. On conseille aux cliniciens de se familiariser avec les présentations neurologiques communes de l’intolérance au gluten, comme l’épilepsie, l’ataxie, la neuropathie, les migraines, les sautes d’humeur et l’anxiété, ainsi qu’avec le moyen de diagnostiquer cette maladie (Hadjivassiliou, 2014; Peters et coll., 2014)."
Autism Canada
- Détoxifiant
Si d'un côté l'alimentation crue ou à tendance crudi, lorsqu'elle est mal menée, peut parfois provoquer des phénomènes de détox plus ou moins violents, voir délétères, d'un autre côté elle permet bien sûr, lorsqu'elle est bien menée, de se libérer progressivement de nos stocks de toxines à un rythme naturel et de limiter l'ingestion d'aliments générateurs de toxines supplémentaires, ce qui n'est pas négligeable pour un organisme dont les cellules sont parfois comparables à des "chaudières mal réglées", comme mentionné plus haut.
Les parents d'enfants autistes engagés dans l'approche biomédicale se demandent parfois quels sont les meilleurs protocoles de détox ou de chélation pour leur enfant. Certains de ces protocoles allopathiques peuvent être violents, eux aussi, voir dangereux, alors qu'une alimentation plus ou moins basée sur le cru végétalien, avec transition douce sur le long terme peut déjà faire beaucoup en matière de détox, en soutenant - voir peut-être en restaurant, certaines fonctions d'élimination du corps.
Le cru, pour aller beaucoup plus loin...
Quand on s'oriente vers le cru, on l'a vu, il est indispensable de savoir s'observer, de se connaitre, ou d'apprendre à se connaitre, d'être dans le perceptif bien plus que dans la théorie, de façon à pouvoir modifier ses choix alimentaires dès qu'on sent qu'ils ne nous conviennent pas, qu'on est allé trop vite ou qu'on a trop négligé la consommation de certains nutriments essentiels, qu'on consomme trop de ceci ou pas assez de cela par rapport à nos capacités digestives ou à nos besoins du moment.Une réforme alimentaire aussi profonde peut provoquer des chamboulements important tant au niveau physiologique qu'au niveau psycho-émotionnel. Entamer un processus de détox demande beaucoup d'énergie au corps et s'il nous est impossible de réduire notre activité et notre charge de stress par ailleurs (travail, études, famille...), on risque tout bonnement de s'épuiser... Si on ne l'est pas déjà. Cette nécessité de remettre en question notre mode de vie peut avoir des conséquences auxquelles on n'aurait jamais pensé au départ...
Plus on va vers le cru, plus on est obligé d'être dans le perceptif, de plus en plus à l'écoute de nos besoins physiologique parce que le cru est tout simplement incompatible avec le mode de vie normalo-moderne: continuer à sortir boire avec les potes 2-3 fois par semaine ou à travailler du matin au soir 6 ou 7 jours sur 7, c'est impossible avec le cru et on va vite s'en apercevoir et on en conclura que "le cru, c'est pas pour moi", ou "le cru, ça ne marche pas"! Alors que ce sont ces modes de vie qui sont incompatibles avec le plein épanouissement de l'être humain, avec nos besoins physiologiques et plus on va vers le cru, plus on devient sensible à ce qui entrave cet épanouissement: plus on devient sensible à un lieu de vie inadapté, à un travail inadapté, à des relations inadaptées, à des rythmes de vie inadaptés, à une alimentation non-physiologique, etc...
Si on pense qu'on va pouvoir améliorer notre santé grâce au cru, ou avec le végétalisme à tendance crudivore, sans avoir à changer quoi que ce soit d'autre, on se met le doigt dans l’œil, parce qu'il n'y a pas que l'alimentation qui impacte notre santé.
Cela peut sembler comme un facteur limitant (ne plus pouvoir "encaisser" un rythme de vie survolté, les overdoses d'alcool, de bruit...) mais le bon côté de la chose c'est que le cru tend à nous ramener dans notre axe, à nous recentrer, tend à nous emmener vers le plein épanouissement, vers la réalisation de soi, il nous donne un horizon. Il éveille et affine notre sensibilité, notre perceptivité, nos sensations, tout en les apaisant, il aiguise la perception que nous avons de qui nous sommes, de ce dont nous avons besoin et de ce dont nous rêvons, ce dont nous avons profondément envie, de ce pour quoi nous sommes faits.
C'est un des effets inattendus du cru qui peut se révéler particulièrement intéressant et utile pour des NA qui sont souvent repoussés en marge de la société, qui passent leur vie à entendre parler de leurs dysfonctionnements plutôt que de leur talents et de leurs potentiels.
Le cru, sur le long terme, selon mon expérience personnelle, permet de réduire les dysfonctionnements - ceux des NA et non-NA, et stimule le développement des talents et de la joie de vire.
mercredi 18 février 2015
Faire "mumuse" avec les antifongiques
Je présente ici un article (un peu long) basé sur une expérience personnelle.
Sommaire:
- Introduction
- Microbiote, candidose et autisme, généralités
- Expérience personnelle, protocole naturel
- Effets secondaires
- Débriefing et inconvénients du protocole
- Pour aller plus loin, la pensée non-pasteurienne
- Protocole détaillé
Parce que c'est une chose que de conseiller "ceci cela" (ou de "prescrire", dans le cas des médecins), c'en est une autre d'expérimenter soi-même "ceci cela"...
A lire certains témoignages, j'ai parfois l'impression que certains médecins prescrivent des antifongiques comme ils prescriraient de l'aspirine... Est-ce qu'ils les ont déjà essayé, leurs antifongiques?!!!
Et vous, vous avez déjà essayé?!
Quand on souffre de candidose, on peut être amené à penser qu'il suffit de prendre des "médicaments" pendant quelques temps pour tout solutionner. Facile, pratique, efficace, miracle de la modernité... Le problème, c'est que cette façon de faire, dans le cas d'une candidose, peut être franchement périlleuse et que traiter une candidose, c'est un peu plus compliqué que de prendre quelques petites pilules...
Et d'autres études pointent vers le fait que de nombreux autistes semblent souffrir de dysbiose, c'est à dire d'un déséquilibre de ce microbiote, avec prédominance des bactéries pathogènes et candidose chronique/systémique.
Dans le milieu de l'autisme - plus précisément dans le milieu des personnes qui s'intéressent à la santé des autistes, il est donc souvent question de candidose et de traitement antifongique: lequel de ces traitement est "vraiment" efficace, et combien de temps sont sensés durer les effets secondaires de type régression et aggravation des troubles du comportement pendant le traitement...
Une personne atteinte de candidose peut en effet réagir assez violemment à un traitement antifongique: on parle de réaction d'Herxheimer.
Il s'agit plus exactement de la réaction de Jarich-Herxheimer, qui est le nom du premier médecin à avoir constaté/décrit ce type de réaction d'aggravation temporaire des symptômes chez les patients atteints de syphilis et traités à la pénicilline.
Dans le cadre d'un traitement antifongique, il est ainsi possible de voir surgir ou s'aggraver des troubles de l'humeur, des éruptions cutanées, des problèmes de digestion, de la fatigue... et j'ai même entendu parler de pensées suicidaires et de passage à l'acte...
Ce phénomène semble s'expliquer par le fait que le traitement provoque un "génocide" massif de candida albicans: le corps se retrouve envahi de cadavre de candida albicans qui, en se décomposant, relarguent des doses massives de toxines que le corps peut échouer à évacuer au fur et à mesure. Les fonctions d'élimination se retrouvent débordées, les toxines (dont des neurotoxines) se retrouvent en circulation dans le corps qui fatigue sous la charge de travail et s'auto-intoxique.
Il est TOUJOURS recommandé de prendre au moins du desmodium (une plante grande amie du foie) pendant un traitement de ce genre, de façon à soutenir et protéger le foie (et donc soutenir l'élimination).
Hors, il semblerait que de nombreux médecins généralistes oublient ou négligent ou ignorent cette précaution de base et qu'en prescrivant un traitement antifongique allopathique, ils ne prescrivent rien d'autre. D'ailleurs dans le domaine de l’allopathie, je doute qu'il existe une quelconque molécule brevetée qui permettent de soutenir et protéger le foie...
Cela eut l'avantage d'être extrêmement instructif.
Il est possible d'attester d'une candidose en faisant certains examens médicaux (qui ne sont pas infaillibles) et/ou par la "clinique", c'est à dire par l'observation pure et simple des petits ou grands soucis de santé dont nous souffrons de façon plus ou moins chronique (pour une liste détaillée, voir ici ou ici). Les signes les plus communs de la candidose sont les allergies, la fatigue et les troubles de l'humeur (dépression, anxiété...). S'y ajoutent d'autres symptômes très variés qui vont des problèmes digestifs aux mycoses en tous genres.
En ce qui me concerne, je sais que je suis probablement touchée par la candidose car certains symptômes pointent bien dans cette direction: pellicules grasses (c'était la minute glamour...), acné, rhinite vasomotrice, fatigue récurrente, fatigabilité au dessus de la moyenne, problème de sommeil, démangeaisons au niveau des yeux, du nez, de l'arrière-nez, déséquilibre de la flore vaginale (présence de candida albicans attestés récemment par analyses).
Durant 7 semaines, je suivis un petit protocole de mon invention à base de phytothérapie et d'aromathérapie, c'est à dire de plantes antifongiques en gélules et en huile essentielle:
En gélules, au quotidien: lapacho (aussi appelé pau d'arco), clou de girofle ou cannelle (écorce).
En huile essentielle, 2 jours par semaine: thym à linalol (PAS à thymol! le thym à linalol est plus doux que le thym à thymol qui, lui, ne devrait être réservé qu'à des usages très ponctuels, en cas d'infection sévère).
Je décris le protocole plus en détail en fin d'article.
Curieusement, j'ai beau, en général, prêcher l'efficacité des plantes, je crois que j'étais persuadée que ça ne "marcherait" pas. Autrement dit, j'étais sceptique, ce qui est plutôt une bonne base lorsqu'on veut expérimenter quelque chose de nouveau sans trop de parti pris... J'avais souvent entendu parler des traitement antifongiques allopathiques et plus rarement des traitements à base de plantes, je me disais que "oh, les plantes, c'est beaucoup plus doux!" et aux doses pour lesquelles j'avais opté, je me disais que j'avais peu de risques d'obtenir des effets violents... Et puis le coût des plantes antifongiques ne m'avait pas donné envie d'en rajouter avec d'autres plantes pour le foie toutes aussi chères...
Ou bien un petit sentiment de, hum, supériorité m'incitait insidieusement à penser que "Bon ok, je me doute que je dois avoir du candida albicans qui traine par ci par là, m'enfin ça ne doit pas être trop trop grave, je suis sans gluten depuis 4 ans, Môi, végétalienne depuis 2 ans, Môi, donc bon... ça va bien se passer, forcément!"...
Ou bien c'est mon petit côté punk qui me susurrait "Pfff! Même pas peur!!!"?!!
Eh bien mon petit côté punk, il a été servi!
Et puis il est facile de trouver des listes de plantes antifongiques, il est plus difficile de trouver des protocoles de phytothérapie antifongique détaillés "prêt à l'emploi". Il faut donc bien "expérimenter" par soi-même pour trouver ce qui va être efficace pour soi, d'autant plus que ce qui est efficace pour l'un ne le sera pas forcément pour l'autre, ou bien le sera beaucoup "trop".., Et mon petit côté punk (qui s'illustre aussi régulièrement à coups de "d'abord on fonce et après on avise") m'inspire volontiers à faire des expériences digne de ce nom, pas qu'à moitié, quitte à ce que ça secoue quelque peu...
Et puis il sera toujours impossible de faire en parfaite sécurité des études en double-aveugle avec soi-même...
- Au bout de quelques semaines, je dû aussi constater que mon état de fatigue, qui semblait s'être amélioré fin octobre/début novembre, semblait à nouveau s'accentuer... A nouveau je ne fis pas tout de suite le lien avec le traitement en cours...
- Au bout de quelques semaines, je me sentis systématiquement tant fatiguée que j'en vins à la curieuse idée que "ce corps est si fatigué, il est possible qu'il soit fatigué de vivre et si ça se trouve, mon heure pourrait être venue...". Là, j'étais bel et bien apte à constater qu'il s'agissait d'une pensée particulièrement morbide, alors que depuis l'arrêt du gluten, les pensées morbides ne font plus du tout parti de mon quotidien... Mais je ne fis toujours pas le lien avec le traitement en cours...
- Au bout de la 7ème semaine, mon sommeil montrait des signes de dégradation, je commençais donc à prendre du desmodium, enfin!... Puisque j'ai appris avec l'expérience qu'un sommeil qui se dégrade, chez moi, ça veut souvent dire que le foie est à la peine... Mais je ne fis toujours pas le lien avec le traitement en cours, car 1° je suis loin d'avoir une alimentation 100% "hypotoxique"/physiologique, 2° mon foie a pas mal morflé pendant mes années d'hyperphagie et il a maintenant tendance à avoir besoin d'un soutien régulier...
- Puis, je commençai à avoir de nettes difficultés de digestion: au début de la 8ème semaine de traitement, mon estomac fut incapable de digérer mon tartare d'algues préféré pris au déjeuner (tartare de la marque Bord à Bord: des algues marinées), tant que je dû le vomir dans la nuit pour en être soulagée, et le lendemain, ce fut du brocoli cru qui 8h après avoir été ingéré stagnait toujours dans l'estomac et que je fis passer, lui, avec un peu de Chartreuse verte (environ deux cuillères à soupe/5cl, pas toute la bouteille! La chartreuse n'est ni plus ni moins qu'une "alcoolature" de plantes digestives: un "remède de grand-mère" dont je découvris l'efficacité ce jour-là!).
Ce fut ces problèmes digestifs au niveau gastrique, difficultés auxquelles je ne suis pas du tout habituée, qui me mirent la puce à l'oreille, enfin! Et c'est là que je décidais d'arrêter les antifongiques pour me consacrer à ma cure de desmodium en gélules, et j’entamai aussi une cure de plantes pour les reins (extraits de bouleau, reine des prés et piloselle, en ampoules buvables).
Il fallut une semaine pour que la fatigue commence à s'atténuer, pour que ma digestion revienne à la normale, et près d'un mois pour que mon énergie commence à retrouver un bon niveau, que mon humeur s'éclaircisse franchement. L'acné, par contre, n'en a pas encore tout à fait finit de "pousser", toujours surtout au niveau du front, semble-t-il centrée sur les sinus frontaux... Les voies respiratoires peuvent être des zones particulièrement touchées par les affections fongiques, que ce soit la bouche ou les sinus...
Ceci dit, en phytothérapie, on reconnait en général que les synergies sont plus efficaces que les plantes seules et que le corps réagit d'avantage à des prises de plantes en alternance qu'à des cures d'une plante seule (auxquelles il a tendance à s'accoutumer).
- La prise de plantes en soutien des émonctoires (mélanges "lymphe", "balai intestinal", gélules de desmodium, huile essentielle de citron) aurait dû être suivie tout au long du traitement.
- Il aurait probablement été plus tolérable pour le corps, 1° de faire des pauses entre chaque cycle de 3 semaines et 2° d'éviter de "monter en dose".
- Malgré les "effets secondaires" qui attestent que les plantes ont bien eu un effet, je ne note pas d'effet "primaire", si je puis dire, (c'est ballot!) c'est à dire d'amélioration au niveau de l'état du cuir chevelu par exemple, ni au niveau des démangeaisons au niveau des yeux ou de l'arrière nez...
- En l'état actuel de mes connaissances, je ne recommanderais pas un traitement antifongique à une personne un temps soit peu dépressive!!!! Quand bien même le traitement serait accompagné de plantes pour le foie... Je pense par exemple aux adolescent, souvent en prise avec des humeurs dépressives plus ou moins sévères... Alors que, certes, la dépression peut justement être un signe majeur de candidose, cependant je recommanderais avant tout de profondes réformes de l'alimentation (sans gluten, sans laitages...), du rythme de vie (chasse au stress), la prise de probiotiques (pour amener de "bonne bactéries", premières régulatrices de la flore pathogène) afin d'assainir le terrain au maximum et de stabiliser/améliorer l'humeur sur le long - voir le très long terme, avant de suggérer un quelconque traitement antifongique "frontal".
- La sensation de fatigue ressentie pourrait être en partie due aux propriétés anticoagulantes du lapacho et de la cannelle (via leur coumarine). Je suis en effet une hypotendue chronique et prendre des anticoagulants/fluidifiants sanguin peut induire une baisse de tension (avec sensation de fatigue, manque de tonus), ce qui peut être problématique pour une personne déjà hypotendue à la base, c'est d'ailleurs pour cette raison que je me méfie d'un autre antifongique très réputé: l'ail!
Il existe une pensée non-pasteurienne de la santé, de la même façon qu'il existe une façon d'aborder l'autisme en dehors de toute pensée psychanalytique.
Comme mentionné en début d'article, les microbiologistes ont déjà commencé à démontrer que l'être humain est un écosystème constitué d'une population de cellules humaines et d'une population de micro-organismes extrêmement variée, dont fait partie le candida albicans. L'humain et le "bactérien" vivent ensemble, mains dans la mains. Ils ont tous les deux besoin l'un de l'autre pour prospérer.
Hors de la pensée pasteurienne, si une candidose se déclenche, ce n'est pas la "faute" du "méchant" microbe, c'est que le "terrain" - c'est à dire le corps, est déséquilibré et que le microbe peut alors y prospérer hors des proportions "normales".
Enlever le microbe à coup d'antifongique ne fait alors que révéler l'état réel dans lequel se trouve le terrain, un peu comme lorsqu'on enlève les moisissures à la surface d'un fruit: on peut alors constater à quel point il est abîmé "par en dessous". Ainsi, on pourra se débarrasser de certaines des manifestations du candida, comme une candidose vaginale ou une onycomycose... mais cela ne changera rien aux conditions qui sont à l'origine de son apparition et de son développement.
Prendre des antifongiques lorsqu'on est atteint d'une candidose carabinée va nous montrer à quel point on irait mal (ou encore plus mal) sans certains micro-organismes qui, s'ils sont responsables de certains symptômes, sont loin d'être la cause de notre problème majeur. Sans eux, ce serait juste pire. On ne serait peut-être même plus là pour en parler. Ils ne sont pas la cause du problème, ils n'en sont qu'une conséquence.
Pour aller encore plus loin, on peut considérer que le microbe est là pour tenter de rééquilibrer le terrain, pour le ramener aussi près que possible des meilleurs conditions de vie possible.
Et dans cette vision des choses, il devient alors "logique" que je me sente globalement mieux avec mes candidas plutôt que sans eux: en vrai, sous la moisissure - si je puis dire, mon "terrain" est tout pourri, malmené et affaibli par des années d'alimentation inappropriée (en particulier laitages et céréales à gluten à haute dose depuis la petite-enfance jusqu'à passé 30 ans) et un mode de vie tout aussi inadapté (trop de stress multiples: pollution, bruit, modes d’apprentissage scolaires inadaptés à mes besoins et difficultés, efforts d'adaptation +++++, etc...).
"Dans la communauté scientifique, Béchamp et d’autres s’opposaient à la théorie des germes et plaidaient en faveur de la théorie du pléomorphisme en disant :
- Le terrain acide, et non pas les germes, provoque la maladie.
- Les germes sont déjà dans le corps par milliards et ne doivent pas nécessairement venir de l’extérieur (même si cela peut parfois arriver)
- Le sang n’est pas stérile ; il peut contenir plusieurs formes microbiennes.
- Les germes sont pléomorphes, c’est à dire, sont capables de passer par de nombreuses formes (le DrGaston Naessens a identifié un microbe subissant 16 étapes évolutives différentes)
- Pratiquement toutes les maladies sont dues à l’acidité du terrain."
Amessi
Alors en ce qui me concerne, à l'avenir, plutôt que de tenter de reprendre le problème de front avec des antifongiques, je viserai d'avantage la modification du "terrain" (son "assainissement" et renforcement), avec une alimentation aussi "anti-acide"/alcalinisante que possible, aussi riche que possible en prébiotiques et en antioxydants et en prenant aussi des probiotiques, en particulier en expérimentant avec des "EM": Efficient Microorganisms... To be continued!
Autres liens:
Candida Albican, blog
Nature Bio Santé
Mélange "balai intestinal" et "lymphe" (ABC de la Nature).
A partir du 9 novembre, tous les dimanche et lundi matin (jusqu'au 28-29 décembre):
2 gouttes d'huile essentielle de thym à linalol (anti-fongique), avec 2 gouttes d'huile essentielles de citron et gingembre (pour soutenir foie et transit, huiles essentielles de chez ABC de la Nature).
A partir du 10 novembre, cycle de 3 semaines (plantes de chez ABC de la Nature):
1ère semaine: 3 gélules de clou de girofle par jour (dosé à 300mg/gélule)
2ème semaine: 3 gélules de lapacho par jour (dosé à 250mg/gélule)
3ème semaine: 3 gélules de cannelle écorce par jour (dosé à 250mg/gélule)
A partir du 7 décembre, 2nd cycle de 3 semaines, cycle identique au premier mais avec 4 gélules de plante par jour au lieu de 3 gélules.
A partir du 22 décembre: 3ème cycle avec 5 gélules de plantes par jour, cycle interrompu en cours de route, le 30 décembre...
Et en sachant qu'il m'arrivait d'oublier de prendre les plantes certains jours... Tête en l'air...
A partir du 22 décembre: desmodium en gélules (6/jour), cure de 10 jours environ.
Le 30 décembre: arrêt des antifongiques et début de la cure bouleau-piloselle-reine des prés (en ampoule buvable, de chez Dietaroma, en magasin bio).
Sommaire:
- Introduction
- Microbiote, candidose et autisme, généralités
- Expérience personnelle, protocole naturel
- Effets secondaires
- Débriefing et inconvénients du protocole
- Pour aller plus loin, la pensée non-pasteurienne
- Protocole détaillé
Introduction
Parce que c'est une chose que de conseiller "ceci cela" (ou de "prescrire", dans le cas des médecins), c'en est une autre d'expérimenter soi-même "ceci cela"...
A lire certains témoignages, j'ai parfois l'impression que certains médecins prescrivent des antifongiques comme ils prescriraient de l'aspirine... Est-ce qu'ils les ont déjà essayé, leurs antifongiques?!!!
Et vous, vous avez déjà essayé?!
Quand on souffre de candidose, on peut être amené à penser qu'il suffit de prendre des "médicaments" pendant quelques temps pour tout solutionner. Facile, pratique, efficace, miracle de la modernité... Le problème, c'est que cette façon de faire, dans le cas d'une candidose, peut être franchement périlleuse et que traiter une candidose, c'est un peu plus compliqué que de prendre quelques petites pilules...
Microbiote, candidose et autisme , généralités
De plus en plus de chercheurs s'intéressent au rôle de notre microbiote, c'est à dire l'ensemble des micro-organismes avec lequel le corps humain vit, plus ou moins en symbiose, au niveau des intestins, de la peau, des muqueuses... Ce microbiote, au niveau intestinal, a une influence attestée sur l'assimilation et la synthèse des nutriments, sur le système immunitaire, l'humeur et le comportement, le développement neurologique... C'est le sujet d'un dossier dans le magazine "Pour la science" de janvier 2015.Et d'autres études pointent vers le fait que de nombreux autistes semblent souffrir de dysbiose, c'est à dire d'un déséquilibre de ce microbiote, avec prédominance des bactéries pathogènes et candidose chronique/systémique.
Dans le milieu de l'autisme - plus précisément dans le milieu des personnes qui s'intéressent à la santé des autistes, il est donc souvent question de candidose et de traitement antifongique: lequel de ces traitement est "vraiment" efficace, et combien de temps sont sensés durer les effets secondaires de type régression et aggravation des troubles du comportement pendant le traitement...
Une personne atteinte de candidose peut en effet réagir assez violemment à un traitement antifongique: on parle de réaction d'Herxheimer.
Il s'agit plus exactement de la réaction de Jarich-Herxheimer, qui est le nom du premier médecin à avoir constaté/décrit ce type de réaction d'aggravation temporaire des symptômes chez les patients atteints de syphilis et traités à la pénicilline.
Dans le cadre d'un traitement antifongique, il est ainsi possible de voir surgir ou s'aggraver des troubles de l'humeur, des éruptions cutanées, des problèmes de digestion, de la fatigue... et j'ai même entendu parler de pensées suicidaires et de passage à l'acte...
Ce phénomène semble s'expliquer par le fait que le traitement provoque un "génocide" massif de candida albicans: le corps se retrouve envahi de cadavre de candida albicans qui, en se décomposant, relarguent des doses massives de toxines que le corps peut échouer à évacuer au fur et à mesure. Les fonctions d'élimination se retrouvent débordées, les toxines (dont des neurotoxines) se retrouvent en circulation dans le corps qui fatigue sous la charge de travail et s'auto-intoxique.
Il est TOUJOURS recommandé de prendre au moins du desmodium (une plante grande amie du foie) pendant un traitement de ce genre, de façon à soutenir et protéger le foie (et donc soutenir l'élimination).
Hors, il semblerait que de nombreux médecins généralistes oublient ou négligent ou ignorent cette précaution de base et qu'en prescrivant un traitement antifongique allopathique, ils ne prescrivent rien d'autre. D'ailleurs dans le domaine de l’allopathie, je doute qu'il existe une quelconque molécule brevetée qui permettent de soutenir et protéger le foie...
Expérience personnelle, protocole naturel
Je sais tout cela, et pourtant... Connaissance n'est pas sagesse! Lorsque j'ai eu envie, moi aussi, de tester des plantes antifongiques en novembre dernier, j'ai complètement négligé de prendre ne serait-ce que du desmodium en même temps. Je prévoyais d'alterner des cures antifongique de 3 semaines avec des cures de "repos" mais emportée par mon enthousiasme, mon volontarisme, ma soif d'expérimentation... et ayant du mal à distinguer les effets secondaires de mes petits soucis de santé récurrents/habituels... Je fis durer l'expérience un peu plus de 7 semaines d'affilées.Cela eut l'avantage d'être extrêmement instructif.
Il est possible d'attester d'une candidose en faisant certains examens médicaux (qui ne sont pas infaillibles) et/ou par la "clinique", c'est à dire par l'observation pure et simple des petits ou grands soucis de santé dont nous souffrons de façon plus ou moins chronique (pour une liste détaillée, voir ici ou ici). Les signes les plus communs de la candidose sont les allergies, la fatigue et les troubles de l'humeur (dépression, anxiété...). S'y ajoutent d'autres symptômes très variés qui vont des problèmes digestifs aux mycoses en tous genres.
En ce qui me concerne, je sais que je suis probablement touchée par la candidose car certains symptômes pointent bien dans cette direction: pellicules grasses (c'était la minute glamour...), acné, rhinite vasomotrice, fatigue récurrente, fatigabilité au dessus de la moyenne, problème de sommeil, démangeaisons au niveau des yeux, du nez, de l'arrière-nez, déséquilibre de la flore vaginale (présence de candida albicans attestés récemment par analyses).
Durant 7 semaines, je suivis un petit protocole de mon invention à base de phytothérapie et d'aromathérapie, c'est à dire de plantes antifongiques en gélules et en huile essentielle:
En gélules, au quotidien: lapacho (aussi appelé pau d'arco), clou de girofle ou cannelle (écorce).
En huile essentielle, 2 jours par semaine: thym à linalol (PAS à thymol! le thym à linalol est plus doux que le thym à thymol qui, lui, ne devrait être réservé qu'à des usages très ponctuels, en cas d'infection sévère).
Je décris le protocole plus en détail en fin d'article.
Curieusement, j'ai beau, en général, prêcher l'efficacité des plantes, je crois que j'étais persuadée que ça ne "marcherait" pas. Autrement dit, j'étais sceptique, ce qui est plutôt une bonne base lorsqu'on veut expérimenter quelque chose de nouveau sans trop de parti pris... J'avais souvent entendu parler des traitement antifongiques allopathiques et plus rarement des traitements à base de plantes, je me disais que "oh, les plantes, c'est beaucoup plus doux!" et aux doses pour lesquelles j'avais opté, je me disais que j'avais peu de risques d'obtenir des effets violents... Et puis le coût des plantes antifongiques ne m'avait pas donné envie d'en rajouter avec d'autres plantes pour le foie toutes aussi chères...
Ou bien un petit sentiment de, hum, supériorité m'incitait insidieusement à penser que "Bon ok, je me doute que je dois avoir du candida albicans qui traine par ci par là, m'enfin ça ne doit pas être trop trop grave, je suis sans gluten depuis 4 ans, Môi, végétalienne depuis 2 ans, Môi, donc bon... ça va bien se passer, forcément!"...
Ou bien c'est mon petit côté punk qui me susurrait "Pfff! Même pas peur!!!"?!!
Eh bien mon petit côté punk, il a été servi!
Et puis il est facile de trouver des listes de plantes antifongiques, il est plus difficile de trouver des protocoles de phytothérapie antifongique détaillés "prêt à l'emploi". Il faut donc bien "expérimenter" par soi-même pour trouver ce qui va être efficace pour soi, d'autant plus que ce qui est efficace pour l'un ne le sera pas forcément pour l'autre, ou bien le sera beaucoup "trop".., Et mon petit côté punk (qui s'illustre aussi régulièrement à coups de "d'abord on fonce et après on avise") m'inspire volontiers à faire des expériences digne de ce nom, pas qu'à moitié, quitte à ce que ça secoue quelque peu...
Et puis il sera toujours impossible de faire en parfaite sécurité des études en double-aveugle avec soi-même...
Effets secondaires
- Quelques semaines après le début du traitement, je commençais par voir apparaître une poussée d'acné au niveau du front. Je suis tellement habituée aux va et vient de mon acné depuis que j'ai 13 ans, que sur le coup, je ne fis pas le lien avec le traitement en cours.- Au bout de quelques semaines, je dû aussi constater que mon état de fatigue, qui semblait s'être amélioré fin octobre/début novembre, semblait à nouveau s'accentuer... A nouveau je ne fis pas tout de suite le lien avec le traitement en cours...
- Au bout de quelques semaines, je me sentis systématiquement tant fatiguée que j'en vins à la curieuse idée que "ce corps est si fatigué, il est possible qu'il soit fatigué de vivre et si ça se trouve, mon heure pourrait être venue...". Là, j'étais bel et bien apte à constater qu'il s'agissait d'une pensée particulièrement morbide, alors que depuis l'arrêt du gluten, les pensées morbides ne font plus du tout parti de mon quotidien... Mais je ne fis toujours pas le lien avec le traitement en cours...
- Au bout de la 7ème semaine, mon sommeil montrait des signes de dégradation, je commençais donc à prendre du desmodium, enfin!... Puisque j'ai appris avec l'expérience qu'un sommeil qui se dégrade, chez moi, ça veut souvent dire que le foie est à la peine... Mais je ne fis toujours pas le lien avec le traitement en cours, car 1° je suis loin d'avoir une alimentation 100% "hypotoxique"/physiologique, 2° mon foie a pas mal morflé pendant mes années d'hyperphagie et il a maintenant tendance à avoir besoin d'un soutien régulier...
- Puis, je commençai à avoir de nettes difficultés de digestion: au début de la 8ème semaine de traitement, mon estomac fut incapable de digérer mon tartare d'algues préféré pris au déjeuner (tartare de la marque Bord à Bord: des algues marinées), tant que je dû le vomir dans la nuit pour en être soulagée, et le lendemain, ce fut du brocoli cru qui 8h après avoir été ingéré stagnait toujours dans l'estomac et que je fis passer, lui, avec un peu de Chartreuse verte (environ deux cuillères à soupe/5cl, pas toute la bouteille! La chartreuse n'est ni plus ni moins qu'une "alcoolature" de plantes digestives: un "remède de grand-mère" dont je découvris l'efficacité ce jour-là!).
Ce fut ces problèmes digestifs au niveau gastrique, difficultés auxquelles je ne suis pas du tout habituée, qui me mirent la puce à l'oreille, enfin! Et c'est là que je décidais d'arrêter les antifongiques pour me consacrer à ma cure de desmodium en gélules, et j’entamai aussi une cure de plantes pour les reins (extraits de bouleau, reine des prés et piloselle, en ampoules buvables).
Il fallut une semaine pour que la fatigue commence à s'atténuer, pour que ma digestion revienne à la normale, et près d'un mois pour que mon énergie commence à retrouver un bon niveau, que mon humeur s'éclaircisse franchement. L'acné, par contre, n'en a pas encore tout à fait finit de "pousser", toujours surtout au niveau du front, semble-t-il centrée sur les sinus frontaux... Les voies respiratoires peuvent être des zones particulièrement touchées par les affections fongiques, que ce soit la bouche ou les sinus...
Débriefing et inconvénients du protocole
- On ne peut pas savoir laquelle de ces plantes antifongique a été la plus efficace ou s'il s'agit de l'alternance des plantes ou de leur synergie qui a eu un impact...Ceci dit, en phytothérapie, on reconnait en général que les synergies sont plus efficaces que les plantes seules et que le corps réagit d'avantage à des prises de plantes en alternance qu'à des cures d'une plante seule (auxquelles il a tendance à s'accoutumer).
- La prise de plantes en soutien des émonctoires (mélanges "lymphe", "balai intestinal", gélules de desmodium, huile essentielle de citron) aurait dû être suivie tout au long du traitement.
- Il aurait probablement été plus tolérable pour le corps, 1° de faire des pauses entre chaque cycle de 3 semaines et 2° d'éviter de "monter en dose".
- Malgré les "effets secondaires" qui attestent que les plantes ont bien eu un effet, je ne note pas d'effet "primaire", si je puis dire, (c'est ballot!) c'est à dire d'amélioration au niveau de l'état du cuir chevelu par exemple, ni au niveau des démangeaisons au niveau des yeux ou de l'arrière nez...
- En l'état actuel de mes connaissances, je ne recommanderais pas un traitement antifongique à une personne un temps soit peu dépressive!!!! Quand bien même le traitement serait accompagné de plantes pour le foie... Je pense par exemple aux adolescent, souvent en prise avec des humeurs dépressives plus ou moins sévères... Alors que, certes, la dépression peut justement être un signe majeur de candidose, cependant je recommanderais avant tout de profondes réformes de l'alimentation (sans gluten, sans laitages...), du rythme de vie (chasse au stress), la prise de probiotiques (pour amener de "bonne bactéries", premières régulatrices de la flore pathogène) afin d'assainir le terrain au maximum et de stabiliser/améliorer l'humeur sur le long - voir le très long terme, avant de suggérer un quelconque traitement antifongique "frontal".
- La sensation de fatigue ressentie pourrait être en partie due aux propriétés anticoagulantes du lapacho et de la cannelle (via leur coumarine). Je suis en effet une hypotendue chronique et prendre des anticoagulants/fluidifiants sanguin peut induire une baisse de tension (avec sensation de fatigue, manque de tonus), ce qui peut être problématique pour une personne déjà hypotendue à la base, c'est d'ailleurs pour cette raison que je me méfie d'un autre antifongique très réputé: l'ail!
Pour aller plus loin, la pensée non-pasteurienne
Penser que la candidose est une maladie qu'on "attrape" et qu'il est possible de la traiter avec des médicaments (naturels ou allopathiques) est le résultat de la pensée pasteurienne, un peu comme l'idée que l'autisme est une "maladie mentale" est le résultat de la pensée psychanalytique.Il existe une pensée non-pasteurienne de la santé, de la même façon qu'il existe une façon d'aborder l'autisme en dehors de toute pensée psychanalytique.
Comme mentionné en début d'article, les microbiologistes ont déjà commencé à démontrer que l'être humain est un écosystème constitué d'une population de cellules humaines et d'une population de micro-organismes extrêmement variée, dont fait partie le candida albicans. L'humain et le "bactérien" vivent ensemble, mains dans la mains. Ils ont tous les deux besoin l'un de l'autre pour prospérer.
Hors de la pensée pasteurienne, si une candidose se déclenche, ce n'est pas la "faute" du "méchant" microbe, c'est que le "terrain" - c'est à dire le corps, est déséquilibré et que le microbe peut alors y prospérer hors des proportions "normales".
Enlever le microbe à coup d'antifongique ne fait alors que révéler l'état réel dans lequel se trouve le terrain, un peu comme lorsqu'on enlève les moisissures à la surface d'un fruit: on peut alors constater à quel point il est abîmé "par en dessous". Ainsi, on pourra se débarrasser de certaines des manifestations du candida, comme une candidose vaginale ou une onycomycose... mais cela ne changera rien aux conditions qui sont à l'origine de son apparition et de son développement.
Prendre des antifongiques lorsqu'on est atteint d'une candidose carabinée va nous montrer à quel point on irait mal (ou encore plus mal) sans certains micro-organismes qui, s'ils sont responsables de certains symptômes, sont loin d'être la cause de notre problème majeur. Sans eux, ce serait juste pire. On ne serait peut-être même plus là pour en parler. Ils ne sont pas la cause du problème, ils n'en sont qu'une conséquence.
Pour aller encore plus loin, on peut considérer que le microbe est là pour tenter de rééquilibrer le terrain, pour le ramener aussi près que possible des meilleurs conditions de vie possible.
Et dans cette vision des choses, il devient alors "logique" que je me sente globalement mieux avec mes candidas plutôt que sans eux: en vrai, sous la moisissure - si je puis dire, mon "terrain" est tout pourri, malmené et affaibli par des années d'alimentation inappropriée (en particulier laitages et céréales à gluten à haute dose depuis la petite-enfance jusqu'à passé 30 ans) et un mode de vie tout aussi inadapté (trop de stress multiples: pollution, bruit, modes d’apprentissage scolaires inadaptés à mes besoins et difficultés, efforts d'adaptation +++++, etc...).
"Dans la communauté scientifique, Béchamp et d’autres s’opposaient à la théorie des germes et plaidaient en faveur de la théorie du pléomorphisme en disant :
- Le terrain acide, et non pas les germes, provoque la maladie.
- Les germes sont déjà dans le corps par milliards et ne doivent pas nécessairement venir de l’extérieur (même si cela peut parfois arriver)
- Le sang n’est pas stérile ; il peut contenir plusieurs formes microbiennes.
- Les germes sont pléomorphes, c’est à dire, sont capables de passer par de nombreuses formes (le DrGaston Naessens a identifié un microbe subissant 16 étapes évolutives différentes)
- Pratiquement toutes les maladies sont dues à l’acidité du terrain."
Amessi
Alors en ce qui me concerne, à l'avenir, plutôt que de tenter de reprendre le problème de front avec des antifongiques, je viserai d'avantage la modification du "terrain" (son "assainissement" et renforcement), avec une alimentation aussi "anti-acide"/alcalinisante que possible, aussi riche que possible en prébiotiques et en antioxydants et en prenant aussi des probiotiques, en particulier en expérimentant avec des "EM": Efficient Microorganisms... To be continued!
Autres liens:
Candida Albican, blog
Nature Bio Santé
Protocole détaillé
A partir du 8 novembre, pendant environ 10-12 jours:Mélange "balai intestinal" et "lymphe" (ABC de la Nature).
A partir du 9 novembre, tous les dimanche et lundi matin (jusqu'au 28-29 décembre):
2 gouttes d'huile essentielle de thym à linalol (anti-fongique), avec 2 gouttes d'huile essentielles de citron et gingembre (pour soutenir foie et transit, huiles essentielles de chez ABC de la Nature).
A partir du 10 novembre, cycle de 3 semaines (plantes de chez ABC de la Nature):
1ère semaine: 3 gélules de clou de girofle par jour (dosé à 300mg/gélule)
2ème semaine: 3 gélules de lapacho par jour (dosé à 250mg/gélule)
3ème semaine: 3 gélules de cannelle écorce par jour (dosé à 250mg/gélule)
A partir du 7 décembre, 2nd cycle de 3 semaines, cycle identique au premier mais avec 4 gélules de plante par jour au lieu de 3 gélules.
A partir du 22 décembre: 3ème cycle avec 5 gélules de plantes par jour, cycle interrompu en cours de route, le 30 décembre...
Et en sachant qu'il m'arrivait d'oublier de prendre les plantes certains jours... Tête en l'air...
A partir du 22 décembre: desmodium en gélules (6/jour), cure de 10 jours environ.
Le 30 décembre: arrêt des antifongiques et début de la cure bouleau-piloselle-reine des prés (en ampoule buvable, de chez Dietaroma, en magasin bio).
Libellés :
antifongique,
candidose,
lavement,
microbiote
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