mardi 13 janvier 2015

Faire "tout bien" et se sentir "tout mal"

Quand on fait très attention à son hygiène de vie, à son alimentation, on est souvent motivé par des soucis de santé, pas forcément graves mais somme toute embêtants.
On fait beaucoup de recherches, on s'efforce de comprendre pourquoi ceci, comment cela, on se dit que si on fait "tout bien" - une fois qu'on aura trouvé ce qu'est ce "tout bien", alors tous nos petits symptômes embêtants disparaîtront, tout rentrera dans l'ordre définitivement jusqu'à ce qu'un jour, on meurt paisiblement dans notre sommeil ou écrasé par un camion.
Sauf que non.

D'abord parce que "tout bien" est une notion très relative. Ce qui est tout bien pour l'un, c'est à dire ce qui fonctionnera à merveille pour l'un, n'aura pas forcément les mêmes résultats merveilleux sur l'autre, parce que ce "tout bien" dépend en partie de l'état de santé, du sexe, de l'âge, des habitudes de chacun, et est susceptible d'évoluer avec le temps, avec l'évolution de cet état de santé, avec l'âge, les modifications de notre environnement, de notre rythme de vie, de nos hormones... Ainsi ce qui marchait très bien hier ne marche peut-être plus du tout aujourd'hui et aura peut-être même des effets catastrophiques demain...
Ce qui explique en partie que ce qui est "tout bien" dans la vision de l'un tient de l'ineptie pour l'autre. Le crudivorisme est ainsi à l'opposé des principes de la médecine chinoise, pourtant le crudivorisme marche très bien pour certains, tout comme les recommandations de la médecine chinoise seront très bénéfiques à d'autres. Et certains bénéficieront d'une petite "popote" à eux, quelque part entre crudivorisme et médecine chinoise...
C'est très difficile de s'y retrouver, il est impossible de savoir à l'avance et très exactement l'effet qu'aura sur nous telle technique, telle alimentation, telle plante... On pourra tabler sur le fait que la plupart du temps, tel cause a tel effet, mais pas toujours, ça dépend.
Alors il n'y a qu'un seul moyen pour être fixé: essayer, faire nos propres expériences et rester continuellement à l'écoute de notre corps au cas ou tel cause cesserait d'avoir tel effet.

Chercher à améliorer sans cesse notre état de santé peut aussi avoir des effets qui semblent paradoxaux: on s'attend à devenir globalement plus résistant, plus solide, plus endurant, alors que non, pas tout à fait, ou bien cela dépend de quelle forme de "résistance" on parle.
Ainsi, la résistance à l'alcool: avant d'entamer des réformes alimentaires en profondeur, on avait peut-être l'habitude de boire un petit verre ou deux par ci par là et on n'en ressentait, semble-t-il, aucun inconvénient. Et puis voilà qu'on supprime ceci cela de son alimentation, qu'on introduit ceci cela et voilà qu'on se met à éternuer ou à avoir le nez tout encombré au moindre verre de vin.
On ne tombe pas malade pour autant. Notre corps manifeste simplement une réaction de rejet. Il a pris justement suffisamment du poil de la bête pour évacuer ou tenter de se protéger énergiquement d'une substance qui ne lui plait pas, et il le fait d'une façon qui ne nous plait pas. On est sorti de tolérance, comme un alcoolique qui "tenait" merveilleusement l'alcool avant sa cure et qui, une fois sorti de cure, va être soul, malade à la moindre gorgée d'alcool. Non pas qu'il soit devenu "faible" mais au contraire, il manifeste une réaction normale à une substance qu'il n'est pas si "normal" que ça d'ingérer... Et il en va de l'alcool comme de beaucoup plus de substances appelées "aliments" que ne peut le croire la personne qui n'a jamais tenté une remise en question de l'alimentation "normale"...




mardi 23 décembre 2014

Pages

Tout en haut à droite de ce blog se trouvent quelques "pages" qui abordent des thèmes d'ordres généraux sous un angle pratico-pratique. Je viens d'y ajouter une page "Gestion du stress" et j'ai aussi partagé un travail sur la congruence...


lundi 24 novembre 2014

Dr Natasha Campbell-McBride

Le docteur Natasha Campbell McBride est une des références majeures en matière d'alimentation dans le milieu de l'autisme. Son bouquin, le syndrome entéropsychologique est très pédagogique, il explique très bien le fonctionnement du système digestif et il est rempli d'excellents conseils en matière d'alimentation.
J'y mettrais juste un bémol: il me semble beaucoup trop basé sur la viande et les laitages, quand bien même la viande de qualité bio, quand bien même les laitages au lait cru.
Ceci dit, son livre reste un "must", à moins qu'on n'ait pas beaucoup de sous, auquel cas il existe des sites webs qui décrivent assez bien les principes de l'alimentation qu'elle recommande, comme en détail ici, ou moins en détail là.

Et voici une interview de 50 minutes, sous-titrée en français (une fois la vidéo lancée, cliquer sur le picto des "paramètres" en bas à droite de la vidéo/à gauche du logo Youtube, pour accéder aux sous-titres!).



mardi 11 novembre 2014

Gluten et humeurs gothiques

Pour illustrer comment peut se traduire la sensibilité au gluten non-coeliaque, le genre d'effet qu'elle peut avoir sur l'humeur, j'ai pensé aux gothiques.

Il y a quelques années de cela, j'étais une "gothique". Ma période "gothique" dura des débuts de ma dépression fin 1992 jusqu'au printemps 2011, grosso modo (soit de mes 16 ans à mes 34 ans). Je m'habillais beaucoup en noir ou en couleur sombres, je lisais (et écrivais) des histoires de vampires, de fantômes, je pleurais assez souvent, j'avais des phobies, des angoisses pétrifiantes, j'avais horreur de rester au soleil, je voulais la nuit ou bien l'aube et le crépuscule, le plein jour m’assommait, je voulais la neige, la pluie, le brouillard, le soleil semblait me vider de mon énergie, parfois dans la rue me prenait la sensation d'être un fantôme errant parmi les vivants... Puis, même une fois sortie de dépression, suffisamment forte pour me tenir debout dans le monde, assez forte pour ne plus m'effondrer sous la moindre goutte de stress, je restai toute fois atteinte d'une mystérieuse mélancolie vissée au corps, comme un incompréhensible mal du pays, avec un penchant pour les cimetières, les roses, la brume, les atmosphères entre chien et loup, la conviction que toute éclaircie dans ma vie ne pouvait être qu'un bref répit dans la tempête, un ciel de plomb toujours en toile de fond.
Et puis j'ai arrêté le gluten en février 2011 et petit à petit, adieu tristesse! Elle se dissipa en quelques mois comme un banc de brume sous la chaleur du soleil levant.
Je garde une certaine affinité avec l'esthétique gothique, je reste une "romantique", une amoureuse des fées, des fleurs et des vieilles pierres, mais les vampires ne me fascinent plus: ils ne font plus que m'attendrir.

Les céréales à gluten, sur lesquelles repose l'alimentation "normalo-moderne", endommagent les intestins qui au fil des années vont devenir de moins en moins aptes à faire leur boulot, c'est à dire à absorber les nutriments tels que les vitamines, les minéraux, les oligo-éléments, dont tout organisme a besoin pour "pêter la forme"! D'autres facteurs sont susceptibles de jouer sur l'état de nos intestins: notre microbiote/flore intestinale - malmené par les antibiotiques et la malbouffe, ou encore le stress, dont la vie "normalo-moderne" est si riche... Mais les boulangeries restent en général plus nombreuses autour de nous que les boîtes d'antiobio et elles sont souvent les endroits où l'on va justement se réconforter après un coup de stress...
Chez les personnes les plus "sensibles" au gluten, années après années, les carences vont affecter le corps en profondeur, y compris le système nerveux et le système endocrinien (hormonal) qui, grosso modo, vont lentement dégénérer, s'affaiblir de plus en plus, et ces personnes vont devenir de plus en plus souffreteuses, énervées, à fleur de peau, fondamentalement tristes, vides de sens et surtout de joie de vivre.
Certains affirment même que le gluten, que notre corps est inapte à dégrader correctement (vu que nous ne sommes pas des granivores!), passe la barrière des intestins sous forme de "peptides opioïdes" dont l'influence sur notre système nerveux pourrait être comparable à celle des psychotropes...


Autrement, dit, on pourra par exemple développer une anémie chronique et inspirer de très jolies paroles de chansons:

"Anémie, mon amour... 

Perdue au fond des brouillards du passé, 
Elle imagine un monde sans lumière, Et court après les fantômes oubliés. 
Belle comme un rêve, moi je l'aime, 

Blanche comme l'hiver, anémie mon amour. 
Blanche est sa chair, anémiée pour toujours. 

Perdue dans un décor de souvenirs, Elle danse, et danse, la valse des mystères. 
Au brûlant de mon âme et de mes soupirs, 
Belle comme un rêve, moi je l'aime, 

Blanche comme l'hiver, anémie mon amour. 
Blanche est sa chair, anémiée pour toujours...."...






Des sensations d'irréalité, de dématérialisation, de brouillard mental, voir parfois des hallucinations...


Lizzie Saint Septembre, vue par Féébrile


... Hypersensibilité au soleil...

Caro, en 2009


Le groupe Varsovie


... Des goûts morbides...

Caro, 2010

Lizzie Saint Septembre, Tumblr


... Des addictions, pour "compenser", tenir et s'amuser malgré tout: alcool, drogues, anxiolytiques, chocolat...

Caro, en soirée, 2009 
(en vrai, je n'étais quand même pas alcoolique, hein!)


Cadre dent en chocolat, par Lizzie Saint Septembre



Voilà, donc si vous êtes un professionnel de la santé, pensez au gluten la prochaine fois que vous recevrez un "vampire" dans votre cabinet!
Et si vous êtes gothique et que vous avez arrêté de consommer du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine, de l'épautre et du kamut depuis deeees années et que vous êtes pourtant toujours viscéralement gothique jusqu'au bout des ongles, merci de me contacter! J'aime bien remettre en question mes théories!
Pour ceux qui serait tenté par l'éviction du gluten, pour voir si ça peut chasser les idées noires et les volées de corbeaux et les toiles d'araignées, etc... , voir tout en haut de la colonne de droite de cette page: "le régime sans gluten sans caséine pour les nuls"!

Exemple d'un article "sérieux" qui traite de ce sujet plus "sérieusement": "Gluten sensitivity presenting as a neuropsychiatric disorder" .


Et j'avoue, si je me suis mise au vert sans gluten...

Caro, 2013


... Je reste un peu accro au chocolat (un petit bout quasi tous les jours!):

Tablette de 1kg de chocolat noir cru, marque El Inti/Saldac.


jeudi 14 août 2014

Autisme et gluten, le "débat"

Un blogueur autiste a écrit un billet d'humeur sur le gluten.
Je lui ai laissé ma réponse dans les commentaires:


"Bon, cet article est un billet d'humeur.
Alors on est autorisé à y répondre en fonction de notre humeur aussi?
Dans le cadre du débat sur le gluten, dire "moi j'aime le gluten", c'est comme de dire "moi j'aime l'alcool" en plein milieu d'une discussion sur la cirrhose du foie.
Et pourquoi est-ce que tu ne veux pas entendre parler du 2ème cerveau? Que ça te plaise ou non, comme tout le monde tu as un système nerveux entérique. A moins que contrairement à tout le monde, tu n'aies pas de "tripes"?! :P
Ce qui serait intéressant dans ce débat, de la part des gens que le débat énerve ou titille ou que sais-je, ce serait qu'ils disent "moi cette histoire de gluten ça m'énervait. J'ai entendu parler de la "sensibilité au gluten non-coeliaque" en long en large. Je me suis dit "c'est n'importe quoi". J'ai entendu dire que le seul moyen de la détecter à coup sûr, c'est le régime d'éviction pendant 3 mois. Alors j'ai dit chiche, pour prouver que je ne suis pas sensible au gluten, parce que j'aime le gluten.
J'ai tendance à être un peu extrémiste, en bon autiste que je suis.
J'ai dit "chiche" alors pendant 3 mois j'ai arrêté de manger des céréales. Oui, j'ai arrêté toutes les céréales, parce que j'ai entendu dire qu'il n'y a pas que dans le blé qu'il y a du gluten, alors j'ai voulu être sûr de faire les choses bien, à fond, en bon autiste que je suis.
Pas de céréales pendant 3 mois.
J'ai fait attention de manger beaucoup de choses qui calent bien le ventre parce que je suis gourmand, j'aime bien me caler le ventre. Et puis me caler le ventre, ça m'aide à gérer mon anxiété.
J'ai mangé beaucoup de pommes de terre: en purée, sautées, à l'eau, en robe des champs, au four, frites, en gratin, à l'étouffé avec des petits légumes... et beaucoup de patates douces. J'ai mangé beaucoup de bananes, à la croque ou en smoothie (avec du cacao, c'est trop bon), et même flambées.
J'ai mangé beaucoup de sarrasin, en pain des fleurs (craquottes), en flocons, et entier cuit à l'eau ou à la poêle, "pilaf", comme du riz, avec du tamari sans gluten. Je suis devenu fan du tamari. J'ai mangé beaucoup de quinoa: à la sauce tomate avec des épices ou en taboulé avec des épices. Je suis fan des épices.
Le sarrasin et le quinoa ne sont pas des céréales, j'ai vérifié.
J'aurais aussi pu manger des lentilles, des haricots rouge, des haricots blancs, des pois chiche... Bref, j'aurais pu manger des légumineuses, mais je les digère mal.
J'ai aussi mangé beaucoup de fruits, de légumes et d'oléagineux (des avocats qui calent bien le ventre et des amandes, des noix, des noisettes, de la purée d'amande blanche, de la purée d'amande complète, de la purée de sésame...) parce que j'avais peur des carences: je voulais être sûr d'avoir un bon apport en vitamines, en minéraux et en fibres.
Ma nana m'a même fait des pizzas sans gluten, avec de la pâte à pizza congelée qu'on a acheté en magasin bio. J'avoue, c'était bon.
Résultat après 3 mois: ..."
:)"

dimanche 27 juillet 2014

Accès à l'info scientifique

Quand on fait des recherches sur un sujet scientifique, comme le rôle de la flore intestinale par exemple, faire une recherche sur internet en français s'avère être vite limité. On trouve des articles de vulgarisation et parfois ces articles peuvent déjà permettre de bien avancer, mais pour aller plus loin, pour remonter aux sources de ces articles de vulgarisation, l'anglais va être plus ou moins indispensable pour la simple raison que la plupart des articles scientifiques publiés dans des magasines sérieux, à comité de lecture, sont publiés en anglais. Même les chercheurs français qui travaillent en France publient leurs travaux en anglais, c'est comme ça, ce n'est pas du vice! Bien au contraire, c'est l'usage afin de faciliter la circulation de l'info dans le monde entier.
Mais quand on sait que le niveau d'anglais en France est plus ou moins une catastrophe comparé à d'autres pays Européens, on peut extrapoler que la barrière de la langue pourrait bien être une des raisons pour laquelle la science a parfois tant de mal à percer nos frontières (en matière d'autisme par exemple)...

Mais pour qui maîtrise l'anglais au moins à l'écrit, il y a des sites qui permettent d'accéder aux articles scientifiques, assez souvent gratuitement (et quand on ne maîtrise pas l'anglais, il existe toute fois des traducteurs sur le net, pas forcément très performants mais qui permettent au moins de se faire une idée du contenu d'un texte).

Par exemple, il y a quelques jours, en faisant une recherche sur google sur le thème de la flore intestinale, je suis tombé sur un article titré "microbial endocrinology comes of age" (l'endocrinologie microbienne atteint la majorité/maturité"). Ce terme de "microbial endocrinology" était complètement nouveau pour moi et il fleurait bon la découverte "miam trop bon", à m'en mettre l'eau à la bouche. 
Ensuite direction pubmed et recherche dans le moteur de recherche du site avec les terme "microbial endocrinology". 
Je fais ma sélection en fonction des titres des articles, hein, je ne lis pas tout, c'est juste impossible, et donc, dans la liste des résultats, je clique sur "Host-microbiota neuroendocrine interactions influencing brain and behavior" ("Les interactions neuroendocrines entre hôte et microbiote qui influencent le cerveau et le comportement").
... puisque ce qui m'intéresse c'est d'arriver à comprendre comment l'alimentation et l'état de nos intestins et de notre flore intestinale peut influencer l'humeur et le comportement et vice versa.
Quand j'entends dire "le stress a un effet majeur sur les intestins" ou "l'émotionnel est à la base de toutes les maladies" je me dis ok, pourquoi pas, mais comment ça marche? 
Parce que "par l'opération du saint esprit" ou juste "parce que", ce sont des réponses qui ne me satisfont pas et qui ne satisferont aucune personne dotée d'un bon sens critique/logique.

Bref, je clique sur le titre et là j'arrive sur la page de pubmed qui cite le résumé de l'article. Je clique sur "LinkOut-more ressources": bingo! Il y a bien un lien vers la page du site où se trouve l'article entier: ici (sous le résumé/abstract, cliquer sur "full text options" et choisir le format auquel on souhaite accéder).

Parfois, on a moins de chances et il n'y a pas de lien vers l'article entier. On peut alors simplement demander à google de faire une recherche avec le titre de l'article. Parfois on parvient à retrouver ainsi l'article entier, parfois on tombe sur un site qui n'offre qu'un accès payant à l'article... C'est triste mais si l'info est sérieuse, il existe forcément d'autres articles sur le même sujet, qui seront eux peut-être accessible gratuitement... Ou bien on pourra faire une recherche avec le nom de l'auteur, etc...

Bref, oui, ça peut paraître compliqué, c'est un travail de fouine, de journaliste, de Sherlock Holmes... et j'ai la chance que ça m'amuse!

lundi 23 juin 2014

En phyto, il y a "plante" et "plante"

On entend parfois (souvent?) des gens dire que la phytothérapie, ils ont essayé, et ça n'a pas "marché".
Il peut y avoir plusieurs raisons à cela :

- Qualité de la plante: les conditions de culture, récolte, séchage, conservation, fabrication, conditionnement... peuvent jouer du tout au tout sur la qualité du produit final.
Une plante bio sera toujours de meilleure qualité, mais une plante pour tisane récoltée 10 ans auparavant aura beau être bio, elle aura probablement perdu tous ses principes actifs avec le temps... Le nom latin de la plante doit figurer sur l'emballage: une menthe poivrée n'aura pas les mêmes propriétés qu'une menthe douce!
Certains produits sont "titrés" en molécule active afin de garantir leur efficacité. Par exemple, un traitement pour la "santé des voies urinaires" (indiqué en cas de cystite) devra être titré en "PAC" (proanthocyanidines, à raison de 36mg par jour).
Les pharmacies spécialisées en phytothérapie vendent ce qui est considéré par beaucoup comme le top du top en matière d'efficacité: les EPS ou EPFS: les extraits fluides de plantes fraîches standardisés. Le pharmacien sait recommander la plante, ou le mélange de plantes, et la posologie adaptée à chaque cas.
Le prix peut être (malheureusement!) un bon indicateur de la qualité du produit: les bonnes plantes sont relativement chères! Compter environ 15 à 20 euros pour un traitement de 3 semaines.

- Composition : cela peut surprendre mais les traitements vendus au rayon "phytothérapie" des pharmacie ou magasins bio peuvent contenir d'autres substances que des plantes! Une gélule pourra contenir un certain pourcentage de vitamines de synthèse, de dérivé de lait, de conservateur... Au détriment du pourcentage du produit en plante! Personnellement, je préfère opter pour des produits les plus naturels possible, bio, des gélules végétales... Bien penser à lire les étiquettes! Il existe des extraits de plantes alcooliques, on pourra leur préférer des extraits aqueux ou glycérinés, plus respectueux du foie.

- Posologie: 100mg d'une plante de qualité par jour n'aura pas le même effet que 1g... 100mg de plantes pourront tout simplement rester sans aucun résultat, alors que 1g aura l'effet thérapeutique recherché. Si un produit de qualité reste sans effet, il est possible qu'il soit simplement sous-dosé.
Ainsi par exemple, pour obtenir un effet thérapeutique d'une tisane médicinale vendue en pharmacie, on pourra utiliser plusieurs sachets par tasse (2, 3 ou 4 selon la quantité de plante par sachet et la taille de la tasse!), sans oublier de laisser la tisane infuser le temps indiqué (voir un peu plus). Lorsqu'on achète des plantes en vrac, on peut utiliser 20, 30..., jusqu'à 50g de plantes sèches par litre d'eau, selon la plante et l'effet recherché: le dosage pour une cure longue contre les jambes lourdes pourra être inférieur à celui d'un traitement d'attaque en cas de grippe.
Personnellement, j'ai l'esprit aventureux et il m'est arrivé de monter en dose avec un sirop de coquelicot qui avait été concocté durant une formation en phythothérapie (avec une herbaliste de l'Ecole Lyonnaise des Plantes Médicinales). Je souhaitais en tester l'effet sur mon anxiété. J'en ai pris jusqu'à 2, voir 3 cuillères à soupes par jour et cela est allé jusqu'à me donner des vertiges. J'étais franchement shootée! A chacun d'expérimenter dans la mesure du raisonnable!

- Conditions d'utilisation : le respect de la qualité et des dosages efficaces ne suffisent pas à faire l'efficacité d'un traitement.
Un EPS d'escholtzia pourra être recommandé en cas de troubles du sommeil... Mais si l'on se couche systématiquement à une heure tardive après avoir "tchatté" pendant des heures avec des dizaines de personnes sur internet ou après avoir regardé des films violents, si l'on prend des dîners riches en graisses cuites et en sel (pizza, fromages, viandes, chips, frittes...), si l'on boit du café toute la journée, si l'on vit en état de stress permanent au travail, si les relations avec les proches sont conflictuelles, si l'on consomme beaucoup d'alcool, si l'on fume comme un pompier... Même le meilleur des EPS peinera à faire des miracles!
Si le mode de vie et/ou l'alimentation sont la source du problème, alors les plantes pourront au mieux limiter les dégâts: plus l'alimentation sera de qualité (riche en fruits, légumes et oléagineux de qualité, pauvre en aliments industriels hyper transformés), plus le mode de vie sera respectueux des rythmes naturels et de notre physiologie, plus les plantes seront efficaces.
Et comme pour les médicaments allopathiques, il peut y avoir un effet d'accoutumance. Un traitement ne devrait durer que pendant un temps limité (en général 3 semaines) et être renouvelé au besoin un peu plus tard.
Par exemple, j'ai remarqué que les plantes indiquées pour les troubles du sommeil ne sont efficaces sur moi que durant quelques jours d'affilés. Au bout de quelques jours, je dois monter en dose pour continuer à en ressentir les effets et il vaut mieux éviter de monter ainsi en dose indéfiniment (voir l'exemple du sirop de coquelicot!) et puis cela reviendrait tout simplement trop cher! Je n'en prend donc que de façon ponctuelle, guère plus de 3-4 jours de suite environ, lorsque j'ai un besoin pressant de récupérer d'une grande fatigue.

En tant qu'élève en naturopathie, j'ai besoin d'expérimenter un maximum de traitements possible sur moi (dans la limite de mes problèmes de santé!). En ce moment, je teste la rhodiola, recommandée en cas de fatigue et de stress (mes soucis majeurs!). Elle vient du laboratoire ABC de La Nature, un labo que je connais depuis plus d'un an et demi, que j'aime bien, et qui me semble sérieux. Chaque gélule contient 360mg de plante titrée en rosarine et salidrosides. Il est stipulé sur le site qu'il s'agit d'une plante d'une grande qualité et qu'une gélule par jour suffit.
J'en prend une le matin et en effet, j'ai la nette sensation que mon cerveau revit, en particulier durant la matinée. L'effet va en diminuant ensuite progressivement au cours de la journée et il peine à se faire sentir si j'ai passé une nuit beaucoup trop courte.
Je pourrais envisager de prendre une seconde gélule au déjeuner, juste pour voir, ou en cas de fatigue exceptionnelle, mais je n'irai pas jusqu'à 3, de peur de ne pas pouvoir en dormir la nuit suivante!

En cours on nous a aussi parlé des laboratoire Fenioux ou LPEV (il est possible de passer commande directement sur leur site web)... Et pour avoir testé l'un ou l'autre de leur produits, je pourrais aussi recommander les laboratoires Dietaroma ou Biothalassol (distribués dans certains magasins bio).

Encore une fois, à chacun d'expérimenter dans les limites du raisonnable! Nous sommes les premiers responsables de notre santé, à nous de la prendre en main en nous informant autant que possible, en lisant les étiquettes et, pourquoi pas, en allant demander conseil à un pharmacien compétent ou en consultant un naturopathe diplômé!.. Ou en suivant une petite formation au près d'une école réputée, comme l'Ecole Lyonnaise des Plantes Médicinale... Certaines écoles de naturopathie proposent également des formations courtes, le temps d'une soirée ou d'un weekend!
Sans oublier les livres ou internet, qui peut aussi être une source fiable avec des sites comme Wikiphyto ou Mr-Ginseng.

Un autre article sur le même thème, par un naturopathe conseiller en plantes médicinales : "Lorsque les plantes ne fonctionnent pas"


vendredi 20 juin 2014

Frank Ramus sur l'autisme

Prise de notes sur une conférence de Frank Ramus, avec quelques remarques personnelles entre [crochets].

Frank Ramus est chercheur au Laboratoire de Sciences Cognitives et Pyscholinguistique, à l'Ecole Normale Supérieure de Paris. Voici son blog.
- - - -

Le cerveau et l'autisme
La semaine du cerveau 2014
Mars 2014
Vidéo de la conférence

Definition de l'autisme selon le DSM V: trouble du spectre autistique =
- trouble de la communication sociale
- intérêts restreints
[et les troubles de la perception sensorielle? toujours pas inclus...]

2 - comment explorer les causes de l'autisme?
Interractions entre (voir graph):

- Biologie: dysfonctionnements cérébraux / variations génétiques ---> différences amygdale, différences STS, différences g...? (para)cingulaire, différences cervelet

- Cognition : déficits cognitifs / troubles psychologiques ---> déficit de motivation sociale [pourquoi?! voir la théorie du monde intense des Markram: le monde est perçu de façon tellement intense/envahissante qu'il en devient aversif, ce qui peut entraîner une mise en retrait, une perte de la "motivation sociale"], déficit de mentalisation [pourquoi "déficit"?! Est-ce que ce ne serait pas les non-autistes qui "projetteraient" trop leurs états d'âme sur autrui et qui prendraient souvent leurs projections pour de l'empathie, par exemple?!!!]; faible cohérence centrale [à mettre en lien avec les problèmes d'identité/self? dont parle Rudy Simone avec un sens de l'identité peu marqué, tendance androgynes, tendance à faire le caméléon...], fonctionnement perceptif "augmenté" (théorie de laurent mottron), déficit fonctions exécutives (capacité de planification, de mémoire de travail...), dysfonctionnement motricité (voisin dyspraxie), déficit de langage, 45': angoisses "anarchiques" (angoisses de morcélement, de liquéfaction) mais pas de données scientifiques internationales [allusion à la psychanalyse!] donc pas prise en compte [quoi que pouvant peut-être être reliées au problème de "cohérence centrale"/identité?!]

- Comportement: diagnostic / symptômes ---> troubles de la communication, troubles des interactions sociales, activités stéréotypées et répétitives, talents (excellente mémoire des faits, bonne attention au détail, performance supérieures en musique, maths, arts.., orientation spatiale, oreille absolue...), intérêts restreints/attention au détail, problème d'équilibre, démarche bizarre, déficience intellectuelle (prévalence: environ 60%, les méthodes d'évaluation du QI pourraient jouer sur ce chiffre [id. les autistes qui s'ignorent/sans diag!]

Chaque partie étant susceptible d'être influencée par les facteurs environnementaux.

32'18: le déficit de mentalisation (défaut de théorie de l'esprit)
Les personnes non-autistes attribuent facilement des états mentaux à d'autres, même à des formes géométriques en mouvement!
Les autistes vont d'avantage se contenter de décrire ce qu'ils voient [ils interprètent moins--->difficultés avec l’implicite--->ils "projettent" moins?!]
Cause: problème de motivation à s'intéresser à l'autre plutôt qu'un problème de capacité?
[là aussi: non prise en compte de la théorie du monde intense/troubles de la perception: le stimuli "social" serait si intense qu'il en deviendrait aversif, ce qui pourrait expliquer ce "déficit" de motivation...]

34': préférence pour les formes géométriques [voir mon goût pour la géométrie quand j'étais gosse... ou pour les petits programmes informatiques que je préférais recopier/exécuter sur ordi pour créer des formes géométriques mouvantes plutôt que de jouer à des jeux vidéos avec un autre enfant!]

37': on trouve d'avantage de talents exceptionnels dans la population autiste que dans la population non-autiste.

42': Autistes= "immunisés contre les effets de contexte" (dans le domaine visuel/géométrie/illusions d'optique...)... francesca happé... "biais perceptif en faveur du détail et au détriment de la globalité et de la cohérence" [hum, dirait-on qu'il y a chez les non-autistes un "biais perceptif" en faveur de la globalité au détriment du détail?! la perception des autistes pourrait tout aussi bien être dite "meilleure" puisque comme "protégée" (plutôt que "biaisée par") des illusions d'optique, des projections mentales "parasites"... les autistes sont en effet souvent perçus/réputés pour être d'avantage dans le factuel et moins dans "l'émotionnel" que les non-autistes, exemple: le personnage de la série Bones!]

52'...: Différences structurelles du cerveau des autistes, notamment au niveau de la zone de l'amygdale... cause ou corrélat ou conséquence de...? conséquence d'une expérience différente? moins de socialisation donc moins de matière grise dans zone frontale ou inversement?

49'15: il y a une organisation des régions visuelles - qui perçoivent les visages et différents types de stimuli visuels, qui est différente chez les personnes autistes par rapport aux personnes contrôles [non-autistes].

52': une étude montre que les autistes semblent avoir "plus de matière grise autour de l'amygdale, dans le cervelet, moins dans le cortex préfrontal et dans le cortex frontal inférieur"... des endroits où c'est plus, des endroits où c'est moins... méta analyse de 20 études montre un volume de matière grise significativement différent dans la région autour de l'amygdale (entre autre)... Ce qui peut être la conséquence (pas forcément la cause) d'une expérience différente... On ne le sait pas!

Origine prénatale des différences cérébrales :
Les différences cérébrales observées à l'IRM peuvent être les effets d'une expérience et d'apprentissage différents aussi bien que des causes. Pour en savoir plus, il faut remonter aux origines du développement cérébral.
Etudes neuropathologiques post-mortem (Bailey et al. 1998 Brain; Kemper & Bauman 2002 Mol. Psychiatry):
- Différences de nombres, de proportions et de tailles de neurones dans: le système limbique (amygdale, hippocampe...), cortex préfrontal, cervelet (cellules de Purkinje), tronc cérébral).
- Perturbations de la migration neuronale: dysgénèse du cortex, ectopsie, gliose...
- Croissance cérébrale postnatale inhabituelle, certains cas de macrocéphalie
- Certaines de ces différences apparaissent tardivement au cours du développement
- D'autres apparaissent très précocement: cellules de Purkinje (28 semaines de gestation), migration neuronale et structure du néocortex (12-24 semaines).
- "Taken together these obeervations provide  evidence for an evolving pathological process in the autistic brain that extends from the fetal period of brain development to adulthood." (Kemper & Bauman 2002).

58': Conclusion:
Les études post-mortem, le suivi du périmètre crânien et les études d'imagerie cérébrale chez le bébé mettent en évidence des différences cérébrales très précoces:
- Dès 0-6 mois pour la trajectoire anormale du croissance du cerveau (sup. à la moyenne).
- Dès la naissance pour le nombre de neurones (sup. à la moyenne).
- Dès le milieu de la gestation pour certains phénomènes neuropathologiques (migration neuronale, cellules de Purkinje...)

1h: Origines génétiques des différences cérébrales:
Estimation de l'héritabilité (héritabilité = la proportion des facteurs d'origine génétique): 70% (Lundström et al. 2012, Arch. Gen. Psychiatry, basée sur 11535 jumeaux).

1h09'45: Origines environnementales des différences cérébrales:
Il y a des facteurs génétiques, il y a des facteurs non-génétiques, c'est comme pour tout!
Facteurs non-génétiques:
- Prouvés: agents viraux (rubéole, cytomégalovirus... quand la mère est infectée, risque chez l'enfant de troubles neurodéveloppementaux), agents toxiques (thalidomide, acide valproïque...: quand pris par la mère pendant gestation), facteurs périnataux (prématurité, complications...)
- Possibles: traitement prénatal aux anti-dépresseurs (SSRI), organophosphates (pesticides), interaction GxE, pollution atmosphérique
- Non prouvé ou réfutés: mercure, thimerosal (vaccin ROR), attitude des parents (trop distants, trop proches...), dépression maternelle
- - - --  -
Questions:

1h17': La neuroplasticité : "c'est un peu une tarte à la crème". Il y a de la plasticité cérébrale et dans un sens on l'a toujours su, ce n'est pas quelque chose de nouveau, on sait que les enfants apprennent, on sait que les adultes apprennent, tout le monde est capable d'apprendre, tout le monde est capable de changer, au moins dans une certaine mesure, et si c'est possible c'est parce que le cerveau est capable de se modifier. Si le cerveau était rigide comme un cristal et immuable, on ne pourrait rien apprendre, on ne pourrait rien mémoriser, on ne pourrait jamais changer notre comportement, donc la plasticité cérébrale c'est quelque chose d'une grande trivialité parce que ça fait des milliers d'années qu'on sait que l'homme est capable d'apprendre et par conséquent le cerveau a une certaine forme de plasticité, il est capable de se modifier. Maintenant ce qui a changé aujourd'hui c'est qu'on est capable de le voir dans l'imageur et de quantifier les modifications d'activation du cerveau, de volume de matière grise, etc... quand on apprend quelque chose.
Il y a des capacités d'apprentissage et donc de plasticité qui semblent plus importante chez le jeune enfant que plus tard dans la vie, ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut plus rien faire quand on est adulte... et ça peut justifier d'intervenir plus tôt [en cas d'autisme] au moment où les apprentissages sont les plus grands...
 [si la plasticité cérébrale/la capacité de l'humain à apprendre est une telle "tarte à la crème", si cela relève du simple bon "bon sens", comment se fait-il que la prise en charge de l'autisme ait longtemps été dénuée ou quasi dénuée d'apprentissage? Et quelle soit encore aujourd'hui si souvent pauvre en apprentissages (dans les structures publiques)?... Hum, arriverait-il donc aux médecins de manquer du plus simple des "bon sens"?!]

1h31': perméabilité intestinale: ce qui est établi depuis des décennies c'est qu'effectivement il y a des problèmes intestinaux chez les personnes autistes de manière plus fréquente que ce qu'on observe dans le reste de la population. L'explication de ça, on ne la connait pas pour l'instant mais ça pourrait être tout un tas de choses. Ca pourrait être lié aux causes génétiques, parce que les gènes ont toujours plusieurs fonctions et si ça se trouve les neuroligines qui jouent un rôle dans la synapse dans le système nerveux central, peut-être qu'elles jouent aussi un rôle dans les neurones qui régulent la fonction gastrique, etc... et donc la même protéine mutée peut avoir un impact sur le développement du cerveau comme sur la digestion, c'est pas du tout impossible mais c'est pas non plus établi...

Une des causes de mortalité des autistes non-verbaux: ne savent pas dire qu'ils souffrent, l'entourage et les soignants peuvent ne pas comprendre/voir les signes d'une maladie évolutive grave.

1h35: pas de données convainquantes pour la piste de l'intolérance au gluten...
[Mais quand on entend un docteur Fassano faire le lien possible entre gluten et autisme, on voit que les avis des scientifiques divergent sur le sujet! Exemple tiré de cette conférence:
"Hypothèse de travail: relier la dysbiose au troubles du spectre autistique
1 - la dysbiose cause la perméabilité intestinale
2 - Des antigènes, inclus le gluten, la caséine et des toxiques produits par des microorganismes [flore intestinale] passent la paroie intestinale
3 - Les antigènes sont mis en contact avec les lymphocytes T
4 - Inflammation locale par déséquilibre entre cytokines [?] pro et anti-inflammatoire
5 - Les cellules de l'inflammation [activated inflammatory cells] migrent vers le cerveau où elles causent une inflammation locale responables des symptomes comportementaux typiques des Troubles du Spectre Autistique]
------

1h44'45: Y a-t-il une différence qualitative entre autisme typique et TSA (Troubles du Spectre Autistique)?
- Les TSA présentent les mêmes caractéristiques que les autistes typiques, éventuellement dans une forme atténuée.
- Aucune donnée pouvant suggérer que les TED-NOS [troubles envahissants du développement non spécifiés] forment une entité distincte.
Différences quantitative, en terme de sévérité des troubles mais rarement qualitative.

1h53: le ratio filles/garçon TSA et le déficit de diagnostic: la différence majeure entre garçon et fille: le cerveau des garçons est imprégné de testostérone qui amplifie les perturbations, "le cerveau des filles est plus résilient... Il résiste plus aux perturbations. A variation génétique égale, à mutation égale, ou à perturbation environnementale égale, la testostérone met les mâles à risque".

2h03: les facteurs génétiques ne sont pas déterministes, ils n'écrivent pas le destin de l'individu, il y a de la place pour tous les autres facteurs. Prenons un cas par l'absurde, où la causalité génétique est démontrée, la trisomie 21 par exemple, on voit bien que selon la manière dont on s'occupe d'un enfant trisomique, le résultat ne va pas du tout être le même. Ce n'est pas parce que la cause du trouble est 100% génétique que pour autant on ne peut pas - en manipulant les facteurs environnementaux, changer le devenir de la personne. il y a toujours de la place pour des facteurs environnementaux, quelque soit la causalité génétique.

2h05: Plus l'âge du père est avancé, plus il y a des erreurs dans l'adn qu'il transmet à sa descendance (vrai dans d'autres patho/troubles).
Prévalence de l'autisme: environ 1% (pour l'ensemble des TSA, aux Etats-Unis par exemple, mais pas il n'y a pas d'études épidémiologiques en France).
La recherche en psychiatrie en France est très très faible mais la recherche en génétique sur l'autisme est formidable. Thomas Bourgeron est un des pionniers mondiaux de la génétique de l'autisme. Ce que font Ben-Ari et Lemonnier... c'est aussi exceptionnel.
La question était: est-ce que les chercheurs ont accès à la population autiste en France s'ils veulent faire des recherches sur l'autisme? Non, c'est très difficile parce qu'effectivement dans la plupart des services de psychiatrie où on reçoit des personnes autistes, d'abord on fait très peu de bon diagnostic, on n'a pas envie de collaborer avec les chercheurs vue les "mauvaises" hypothèses [non-psychanalytiques] que font les chercheurs... Donc actuellement on collabore avec un service qui est Robert Debré qui est un peu la référence nationale dans ce domaine, il y a Tours aussi avec Catherine Barthélémy où ils font de très bonnes recherches et il y a des choses qui se font à Marseille... On ne peut pas dire non plus que c'est la Tabula Rasa mais c'est vrai que si on regarde l'ensemble des services de psychiatrie où passent des personnes autistes et l'ensemble des services où se font des recherches  de qualité , évidement c'est un tout petit sous-ensemble et on voudrait beaucoup pouvoir étendre le recrutement à d'autres services et c'est très compliqué.

2h11: Un autiste typique a-t-il forcément une déficience intellectuelle? Non, ça ne fait pas partie des critères de diagnostic...

2h21: augmentation de la prévalence de l'autisme: "on n'a pas le fin mot de l'histoire, ... La prévalence de l'autisme a augmenté énormément, au moins en apparence. Pourquoi? Les critères diagnostic ont changé et sont devenus plus larges. Avant personne n'était formé pour faire des diagnostics et on ne diagnostiquait pas la plupart des cas, maintenant on les voit quasiment tous [gros doute: quand je vois autour de moi tous ces cas d'adultes diagnostiqués actuellement à 25, 30... ou 50 ans!!! et non parce qu'ils ont été "repérés"/dépistés par un professionnel de la santé mais parce qu'ils se sont d'abord "auto-diagnostiqués" avant de se tourner vers les professionnels pour obtenir un diag... Et quand on voit la difficulté à trouver un professionnel compétent... hum hum].
Enfin, il y a eu des changements dans la spécificité des diagnostics: avant, ce qui était diagnostiqué de manière prédominante, c'était le retard mental et la plupart des cliniciens rataient l'autisme qui accompagnait le retard mental alors qu'aujourd'hui il y a une démarche diagnostic un peu plus systématique qui fait que même lorsqu'il y a retard mental on repère aussi l'autisme associé. Il y avait aussi des cas de substitutions de diagnostic tel que des enfants qui étaient autistes et qui avaient des diagnostic de mutisme ou de troubles du langage...
Est-ce que l'augmentation de la prévalence est entièrement expliquée par ce phénomène diagnostic ou est-ce qu'il y a en plus d'autres facteurs (environnementaux...), on n'en sait rien! C'est possible et en même temps on n'en a pas la preuve."

samedi 12 avril 2014

Symbolique

Pour moi, en l'état actuel de mes conaissances, réfléchir à la symbolique de l'autisme,  c'est comme réfléchir à la symbolique d'un compteur geiger qui grésille intensément.
Le temps que j'y réfléchisse, et je suis morte.

"bien sûr que la symbolique a du bon, c'est un art ancestral (chamanisme, alchimie...) qui, selon moi, a son intérêt tout particulièrement dans le domaine de la spiritualité, du "développement personnel" et de l'analyse des rêves. J'ai beaucoup lu Jung et je l'adore toujours. Et c'est là l'une de mes forces: je suis tout à fait capable de me rendre compte de ce que l'analyse symbolique peut apporter dans de nombreux domaines, je suis même capable de la "pratiquer", sauf que je me rends compte, après avoir beaucoup lu sur l'autisme et après beaucoup d'introspection et d'auto-analyse (quand on a fait 8 ans de psychothérapie, à la longue, c'est un exercice qu'on finit par faire automatiquement), je me rends compte que la symbolique et l'analyse se cassent le nez sur l'autisme.
Ensuite, c'est sûr que les autistes peuvent souffrir, comme tout le monde, de traumatismes divers, comme tout le monde il peuvent avoir eu des parents toxiques ou que sais-je... et bien sûr que dans une certaine mesure, la symbolique et l'analyse pourront alors les aider, comme tout le monde, à comprendre certaines choses, à comprendre certains trauma qui se seront "cristallisés" en telle ou telle forme, etc...
Mais si les blessures des autistes sont "analysables", selon moi, l'autisme en lui-même est fondamentalement symbolico-résistant et tenter de le passer à la moulinette de la symbolique ce sera au mieux inutile, au pire nocif pour celui que les psychanalystes aiment à appeler "sujet" et que je préfère appeler "être"." (commentaire facebook, 29 mars 2014).

"Autrefois, les mineurs emmenaient des canaris dans les mines de charbon. Plus sensibles que les humains aux gaz toxiques, ces petits oiseaux jouaient le rôle de sentinelles. Aujourd'hui, les enfants autistes sont les canaris de notre mine de charbon planétaire. Ils représentent le sacrifice d'une génération face à notre aveuglement écologique planétaire. L'épidémie d'autisme est le pire exemple des effets d'un environnement toxique sur la population humaine. (...) L'autisme est une manifestation de la crise environnementale mondiale."" Extrait de "Voyage au bout de lautisme", de Vanessa Virag - http://etreautisteaujourdhui.over-blog.com/2013/11/les-causes-environnementales-de-l-autisme.html

jeudi 10 avril 2014

Parasites intestinaux

En cours, on nous a parlé des parasites intestinaux, en particuliers des vers.
"Dans le temps jadis", chacun prenait soin de se vermifuger régulièrement, et les mères de famille de vermifuger les enfants. On nous a parlé de recettes à base d'ail ou de liqueur de la grande chartreuse pour les adultes (à consommer avec modération!)...
De nos jours, cet usage s'est perdu et quand on parle de vermifuge, on pense surtout à ceux qu'on donne aux chiens ou aux chats... Hors, les êtres humains ne sont pas moins concernés par les vers qu'avant! Et il est intéressant de savoir que les vers (tout comme les levures de type candida albican pour la plus connue), peuvent provoquer des symptômes variés! Ainsi, un enfant qui a des vers peut avoir des démangeaisons anales, des maux de ventre mais aussi une toux d'irritation, des démangeaisons nasales et une agitation constante...