dimanche 4 octobre 2015

Science et erreur

La naturopathie est souvent traitée de "pseudo science".
Même si le naturopathe base sa pratique sur la nutrition, la phytothérapie et la neuropsychologie, les esprits tatillons pourront toujours rétorquer: "Oui mais ce ne sont pas des sciences exactes" - argument que les docteurs en nutrition, docteurs en pharmacie spécialisés en phytothérapie et docteurs en neuropsychologie seraient sûrement ravis d'entendre et de discuter.

Le propre de la science est d'être en perpétuel mouvement, qu'il s'agisse de science "dure" (mathématique, physique...) ou de science "molle" (science humaine). Une des bases de la science, me semble-t-il, c'est la recherche et quand on cherche on trouve, et on a tendance à trouver ce dont on ignorait encore tout la veille. La "recherche" remet constamment en question les découvertes d'hier.

Exemple du jour: "Most autism research has focused on investigating genetic changes as an underlying cause. However, known gene variants have been shown to only modestly affect autism risk and cannot account for such an increased incidence (4, 5). Despite early evidence for heritability of autism, the largest population-based study on twins with autism found that concordance rates for dizygotic twins were actually higher than previously reported and that shared prenatal environment accounted for the bulk of autism risk in twins, with the genetic contribution being only modest" - Vitamin D hormone regulates serotonin synthesis. Part 1: relevance for autism -  http://www.fasebj.org/content/28/6/2398.full

Autrement dit, les études faites préalablement sur l'autisme chez les "vrais" et "faux" jumeaux seraient erronées et - selon la plus large étude de population actuelle sur des jumeaux - l'environnement prénatal aurait une plus grande influence que les gênes sur le développement de notre neurologie.

La recherche et ses découvertes - qui transforme nos "connaissances" d'hier en croyances parfois parfaitement ridicules, c'est une chose. L'erreur, c'en est une autre.
Les scientifiques de la NASA qui passent des années à faire de savants calculs pour poser une sonde dans tel cratère de telle planète, et qui voient leurs efforts et leur science réduits à bien peu de chose quand leur engin se pose de travers au mauvais endroit, doivent-ils envisager avoir été "inexacts"? Eux qui sont si brillants, si bien diplômés, si bien payés par une institution si reconnue, qui se servent de logiciels et de machines si performants, eux les super héros de la science, se seraient-il donc "trompés"? Peut-être...
Ou bien doivent-ils plutôt admettre que bien des facteurs "naturels" incalculables et imprédictibles leur échappent en partie et leur échapperont probablement toujours?

Lorsqu'un psychiatre prescrit un antipsychotique à un enfant autiste, sans vraiment être sûr que le "médicament" sera bien toléré ou simplement utile, sans pouvoir être tout à fait sûr que la posologie sera la bonne ou qu'il ne va pas falloir changer de "molécule" en catastrophe au bout de 3 jours en cas de réaction "adverse"... Ce psychiatre se pose-t-il de grandes questions sur la fiabilité de la science dont il est diplômé?
Si le médicament ne marche pas, s'il rend l'enfant malade, le psychiatre va-t-il être poursuivi en justice pour "faute" grave et les esprits "tâtillons" iront-ils le trouver en lui disant qu'il fait de la "pseudo science"?!

Les autistes aiment les choses bien droites, bien rangées, bien régulières, bien fiables, aussi aiment-ils souvent les sciences pures et "dures" mais la science ne peut être défaite de celui qui la fait: l'être humain, toujours faillible, même quand il n'a pas de déficit d'attention, même quand il a une mémoire phénoménale, même quand il a les meilleurs intentions du monde.
L'être humain ne pourra jamais s'extraire de la nature, dont il est une des parties et dont un des grands principe est celui d'indétermination, nous dit la physique quantique.

Alors, si on ne peut être sûr de rien, peut-être faut-il se contenter de rester sans rien faire, c'est plus prudent, plus facile et surtout beaucoup moins fatigant que de chercher et que d'essayer de se remuer pour arranger les choses, et de préférence par des moyens naturels qui entretiennent et améliorent la santé, plutôt que par des méthodes qui provoquent des hépatotoxicité ou des dépendances graves.
On peut aussi se satisfaire de considérer l'autisme comme une simple "différence" et la personne autiste qui passe sa journée à se taper la tête contre les murs ou à faire des crises d'angoisse, laissons-la donc vivre sa différence en paix!... (ceci était un sarcasme)

Mais en ce qui me concerne, l'attentisme n'est pas mon fort et la souffrance d'autrui me donne doublement envie de me remuer. Quitte à me tromper et à faire de la "pseudo science", je préfère me tromper en faisant quelque chose plutôt qu'en restant les bras croisés.




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