mardi 13 janvier 2015

Faire "tout bien" et se sentir "tout mal"

Quand on fait très attention à son hygiène de vie, à son alimentation, on est souvent motivé par des soucis de santé, pas forcément graves mais somme toute embêtants.
On fait beaucoup de recherches, on s'efforce de comprendre pourquoi ceci, comment cela, on se dit que si on fait "tout bien" - une fois qu'on aura trouvé ce qu'est ce "tout bien", alors tous nos petits symptômes embêtants disparaîtront, tout rentrera dans l'ordre définitivement jusqu'à ce qu'un jour, on meurt paisiblement dans notre sommeil ou écrasé par un camion.
Sauf que non.

D'abord parce que "tout bien" est une notion très relative. Ce qui est tout bien pour l'un, c'est à dire ce qui fonctionnera à merveille pour l'un, n'aura pas forcément les mêmes résultats merveilleux sur l'autre, parce que ce "tout bien" dépend en partie de l'état de santé, du sexe, de l'âge, des habitudes de chacun, et est susceptible d'évoluer avec le temps, avec l'évolution de cet état de santé, avec l'âge, les modifications de notre environnement, de notre rythme de vie, de nos hormones... Ainsi ce qui marchait très bien hier ne marche peut-être plus du tout aujourd'hui et aura peut-être même des effets catastrophiques demain...
Ce qui explique en partie que ce qui est "tout bien" dans la vision de l'un tient de l'ineptie pour l'autre. Le crudivorisme est ainsi à l'opposé des principes de la médecine chinoise, pourtant le crudivorisme marche très bien pour certains, tout comme les recommandations de la médecine chinoise seront très bénéfiques à d'autres. Et certains bénéficieront d'une petite "popote" à eux, quelque part entre crudivorisme et médecine chinoise...
C'est très difficile de s'y retrouver, il est impossible de savoir à l'avance et très exactement l'effet qu'aura sur nous telle technique, telle alimentation, telle plante... On pourra tabler sur le fait que la plupart du temps, tel cause a tel effet, mais pas toujours, ça dépend.
Alors il n'y a qu'un seul moyen pour être fixé: essayer, faire nos propres expériences et rester continuellement à l'écoute de notre corps au cas ou tel cause cesserait d'avoir tel effet.

Chercher à améliorer sans cesse notre état de santé peut aussi avoir des effets qui semblent paradoxaux: on s'attend à devenir globalement plus résistant, plus solide, plus endurant, alors que non, pas tout à fait, ou bien cela dépend de quelle forme de "résistance" on parle.
Ainsi, la résistance à l'alcool: avant d'entamer des réformes alimentaires en profondeur, on avait peut-être l'habitude de boire un petit verre ou deux par ci par là et on n'en ressentait, semble-t-il, aucun inconvénient. Et puis voilà qu'on supprime ceci cela de son alimentation, qu'on introduit ceci cela et voilà qu'on se met à éternuer ou à avoir le nez tout encombré au moindre verre de vin.
On ne tombe pas malade pour autant. Notre corps manifeste simplement une réaction de rejet. Il a pris justement suffisamment du poil de la bête pour évacuer ou tenter de se protéger énergiquement d'une substance qui ne lui plait pas, et il le fait d'une façon qui ne nous plait pas. On est sorti de tolérance, comme un alcoolique qui "tenait" merveilleusement l'alcool avant sa cure et qui, une fois sorti de cure, va être soul, malade à la moindre gorgée d'alcool. Non pas qu'il soit devenu "faible" mais au contraire, il manifeste une réaction normale à une substance qu'il n'est pas si "normal" que ça d'ingérer... Et il en va de l'alcool comme de beaucoup plus de substances appelées "aliments" que ne peut le croire la personne qui n'a jamais tenté une remise en question de l'alimentation "normale"...




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